Vers une aide unique pour une société plus juste et efficace

Les hommes n’échangent pas que des biens et des services entre eux. Ils veulent s’impliquer dans « la vie de la cité » pour en tirer de la gratitude. Mais cette forme de rémunération ne « nourrit pas son homme ».

Alors, il devient nécessaire de ressortir des concepts toujours écartés jusqu’à ce jour :

  • Le revenu universel de Thomas More (16ème siècle)
  • L’impôt négatif de Milton Friedman en 1968 pour désigner une aide sociale versée par l’État de façon dégressive aux personnes dont le revenu personnel est inférieur à un certain seuil.
  • La « monnaie hélicoptère » (popularisée par Keynes) au siècle dernier.

Mais ceci doit être fait en tenant compte des expérimentations qui démontrent que verser un revenu sans contrepartie fonctionne mal.

Pour mieux comprendre, il faut revenir sur la notion de pouvoir d’achat Vs le pouvoir d’acheter. (A)

Définition du pouvoir d’achat : Le site gouvernemental nous donne cette définition du pouvoir d’achat :(1)

Le pouvoir d’achat correspond à la quantité de biens et de services qu’un revenu permet d’acheter.

Le pouvoir d’achat dépend alors du niveau du revenu et du niveau des prix. L’évolution du pouvoir d’achat correspond donc à la différence entre l’évolution des revenus des ménages et l’évolution des prix. Si la hausse des revenus est supérieure à celle des prix, le pouvoir d’achat augmente. Dans le cas contraire, il diminue.

Définition du pouvoir d’acheter : Aucune définition trouvée.

Or, cette notion est plus qu’importante pour comprendre ce qui a provoqué la colère des Gilets Jaunes fin 2018 et les manifestations contre le nouveau régime des retraites. Seuls les sites financiers donnent une définition du reste à vivre :

« Le reste à vivre, une valeur fondamentale dans l’obtention d’un crédit immobilier. Obtenu en soustrayant vos charges de vos revenus, le reste à vivre représente l’argent qu’il vous restera après le paiement de vos dettes » (2) (3)

Or, le reste à vivre n’est pas le pouvoir d’acheter. On pourrait donner comme définition : Ce que la société vous contraint à acheter pour pouvoir travailler, se déplacer, se loger, l’abonnement EDF, ainsi que les charges obligatoires en assurances et mutuelles. Ensuite et seulement ensuite vient le reste à vivre pour manger, se vêtir, se soigner, se former et profiter de quelques loisirs. Cette notion dépasse largement le simple montant disponible après les charges obligatoires, car elle reflète le véritable potentiel de consommation d’un individu dans son quotidien.

Le pouvoir d’acheter aujourd’hui n’est pas le même qu’en 1950

Les Français sont souvent accusés d’immobilisme, présentés comme des Gaulois réfractaires à toute réforme. Pourtant, la société et ses besoins ont profondément évolué. De nombreux changements se sont produits, à commencer par la révolution de mai 1968, qui a “fait valser les soutiens-gorge par-dessus les balcons”, les lois de décentralisation de 1982, et l’élargissement de l’Europe, passant de six à 28 pays, puis 27 en 2020.

En parallèle, des avancées technologiques et sociales ont transformé notre quotidien :

  • La liberté de circulation des biens et des personnes à travers l’Europe.
  • L’accélération des transports.
  • L’émergence des technologies de l’informatique, de l’intelligence artificielle et de la robotique, qui ouvrent la voie à de nouvelles découvertes.
  • L’accès instantané à l’information depuis les quatre coins du monde grâce aux réseaux sociaux, aux médias, au Web et à la satellisation.
  • La médecine, qui a permis une longévité accrue, passant de 69,2 ans pour les femmes et 63,4 ans pour les hommes en 1950, à 84,8 ans pour les femmes et 78,2 ans pour les hommes en 2011.
  • L’émancipation des femmes dans la gestion de leur fécondité.

Bien que les besoins fondamentaux — se nourrir, se loger, se soigner — demeurent, ils ont évolué avec les progrès techniques, les réglementations et les normes sociales.

Dans les années 50, quand on a commencé à mesurer le pouvoir d’achat, nos aînés vivaient dans des appartements sans salle de bain, avec seulement un lavabo, des WC sur le palier, des loyers bloqués et une alimentation limitée aux légumes de saison. Les couches (“appelées pointes”) et les serviettes hygiéniques étaient lavées à la main jusqu’en 1963. L’emploi se trouvait près de chez eux, et le téléphone, un luxe réservé à la bourgeoisie, se trouvait dans les cabines publiques ou dans les bars. Ils venaient de traverser une guerre marquée par des sacrifices et des restrictions. Moins angoissés qu’auparavant, ils réparaient, raccommodaient, transformaient. L’angoisse des rationnements les poussait à conserver des objets “au cas où cela pourrait servir un jour”. Leur pouvoir d’achat était en lien avec leurs besoins et leurs envies. Le crédit n’était pas encore un usage courant, et la société de consommation et l’obsolescence programmée, imposées par les industriels pour satisfaire leurs actionnaires, n’avaient pas encore vu le jour.

Certains diront que cette époque était plus “écologique”, avec moins de transports, de machines électriques, davantage de consommation locale, et un recyclage plus important, facilité par une démographie plus faible. Toutefois, elle n’était pas sans défauts en termes d’hygiène, de bien-être et de confort.

Le progrès a ajouté des outils de communication et de confort essentiels à notre quotidien, tels qu’Internet, les téléphones portables, les ordinateurs et imprimantes, qui sont désormais indispensables pour accéder à l’administration et à l’emploi. À cela s’ajoutent les appareils ménagers, la télévision, et les appareils connectés, qui, bien que non obligatoires, font désormais partie de nos vies. Aujourd’hui, il serait inimaginable de ne pas posséder un réfrigérateur ou un chauffe-eau. Quant aux propriétaires, les obligations de mettre leur logement aux normes climatiques entraînent des dépenses considérables, malgré les aides de l’État.

Le pouvoir d’achat vs le pouvoir d’acheter

En 2025, le débat entre le pouvoir d’achat et le pouvoir d’acheter demeure central dans les discussions économiques en France. Malgré une inflation historiquement basse, avec un taux de 0,9 % en mars 2025, de nombreux Français continuent de ressentir une pression financière significative. (2)

Les économistes rapportent que les salaires augmentent plus rapidement que l’inflation, suggérant une amélioration du pouvoir d’achat. (3)  Cependant, cette augmentation ne se traduit pas toujours par une capacité accrue à couvrir les dépenses quotidiennes, notamment en raison de l’accumulation de dettes et de crédits à la consommation. Les taux d’intérêt bas ont encouragé l’endettement, mais les coûts associés aux crédits grèvent le budget des ménages, limitant leur pouvoir d’acheter réel. (4)

Par ailleurs, la modernisation des pays en développement a intensifié la concurrence internationale, affectant les exportations françaises et, par conséquent, l’économie nationale. La croissance économique de la France est prévue à seulement 0,7 % pour 2025, ce qui reflète un ralentissement significatif. (5=

En conclusion, bien que les indicateurs macroéconomiques puissent suggérer une amélioration du pouvoir d’achat, la réalité quotidienne de nombreux Français révèle une complexité plus grande, où le pouvoir d’acheter reste limité par divers facteurs économiques et sociaux.

Les inégalités persistent également. Entre 2015 et 2023, le taux de pauvreté en France est passé de 13,6 % à 15,4 %, faisant de la France le seul pays européen à connaître une telle augmentation. Cette situation souligne que, malgré des indicateurs macroéconomiques favorables, une partie significative de la population continue de lutter pour joindre les deux bouts. (6)

En réponse, le gouvernement a mis en place des mesures telles que la revalorisation du barème de l’impôt sur le revenu à hauteur de l’inflation pour protéger le pouvoir d’achat des Français. Toutefois, ces initiatives sont parfois perçues comme insuffisantes face aux défis quotidiens rencontrés par de nombreux citoyens. (7)

Bien que les statistiques officielles puissent indiquer une amélioration du pouvoir d’achat, la réalité quotidienne de nombreux Français reflète une expérience différente, marquée par des dépenses incompressibles en hausse et des revenus qui ne suivent pas toujours le rythme.

Références :

(A) Un défi pour 2030 https://cercle-sully.org/10-un-defi-pour-2030/

(1) https://www.economie.gouv.fr/facileco/pouvoir-achat-definition (2) https://solidarites.gouv.fr/sites/solidarite/files/2023-06/Note_MFCury_textes_legislatifs_sur_le_RAV.pdf (3) https://www.labanquepostale.fr/particulier/accompagner/actualites-et-conseils/actus/calcul-reste-a-vivre.html

(2) https://www.reuters.com/markets/europe/french-preliminary-inflation-stable-09-march-below-forecasts-2025-03-28/?utm_source=chatgpt.com

https://www.reuters.com/markets/europe/french-preliminary-inflation-stable-09-march-below-forecasts-2025-03-28/?utm_source=chatgpt.com

(3) https://www.forbes.fr/business/desinflation-pouvoir-dachat-ia-5-bonnes-nouvelles-pour-leconomie-francaise-en-2025/?utm_source=chatgpt.com

(4) https://www.forbes.fr/business/desinflation-pouvoir-dachat-ia-5-bonnes-nouvelles-pour-leconomie-francaise-en-2025/?utm_source=chatgpt.com

(5) ww.banque-france.fr/fr/publications-et-statistiques/publications/projections-macroeconomiques-intermediaires-mars-2025?utm_source=chatgpt.com

(6) https://www.lemonde.fr/idees/article/2024/09/26/la-france-est-le-seul-pays-en-europe-a-avoir-vu-son-taux-de-pauvrete-fortement-augmenter-de-2015-a-2023_6334343_3232.html?utm_source=chatgpt.com

(7) https://www.economie.gouv.fr/actualites/budget-2025-redresser-les-finances-publiques-et-proteger-les-francais?utm_source=chatgpt.com

 

 

 

 

Image générée par l’IA  ARIA d’Opéra