Le PIB ne prend pas en compte certaines contributions essentielles :
- Le travail invisible : bénévolat, soins aux proches, tâches domestiques. ….
- La robotisation : dont l’impact économique est sous-estimé.
- L’intelligence artificielle et l’automatisation : qui génèrent des gains de productivité non comptabilisés.
- Le travail des animaux : notamment dans la douane, la police ou la sécurité civile.
L’intégration de ces contributions permettrait de mieux refléter la réalité économique et d’améliorer les politiques publiques.
Comment inclure le travail contributif dans le PIB ?
Reconnaissance légale et politique
- Mettre en place des politiques publiques valorisant le travail invisible.
- Instaurer une “Journée nationale du travail invisible” en France.
Impact sur l’économie
- Une meilleure compréhension des inégalités économiques.
- Une valorisation accrue des compétences non reconnues.
Défis et limites
Distinguer valeur marchande et valeur sociale : Le travail invisible a une valeur sociétale mais difficile à quantifier monétairement.
Trouver des méthodes d’évaluation : On peut estimer son impact en calculant le coût de remplacement (ex. : salaire d’une nourrice).
Prendre en compte la subjectivité : Donner une valeur monétaire à ces activités reste une démarche délicate.
Anticiper les conséquences politiques : L’intégration du travail invisible pourrait mener à des revendications pour une meilleure reconnaissance et un soutien accru.
Une valeur économique réelle
Le rapport Stiglitz (2009) (1) a estimé que la production domestique représentait environ 35 % du PIB de la France. Preuve que le travail invisible constitue une part significative de l’économie.
Pour éviter une usine à gaz et évaluer la valeur du travail invisible en France et son inclusion potentielle dans le PIB, nous estimerons forfaitairement le nombre d’heures de travail invisible et le multiplierons par le salaire horaire du SMIC.
Estimation des heures de travail invisible :
Selon certaines sources, le travail invisible en France pourrait représenter environ 680 000 équivalents temps plein de bénévolat, ce qui correspond à des millions d’heures de travail non rémunéré.
Une estimation courante est que le travail invisible pourrait représenter entre 20 et 30 milliards d’heures par an, mais prenons une estimation plus conservatrice de 25 milliards d’heures.
En prenant le SMIC horaire de 11,52 € au 1er janvier 2025, la valeur de ce travail serait :
25 milliards d’heures×11,52 €=288 milliards d’euros25 milliards d’heures×11,52 €=288 milliards d’euros
Ce montant correspondrait à environ 10 % du PIB français, soulignant son importance économique réelle.
Valorisation de la robotisation et de l’IA
Robotisation : Production et substitution d’emplois
Les robots industriels représentent déjà une part significative de la production manufacturière. Leur productivité équivalente peut être estimée en termes d’emplois économisés.
Exemple : En 2023, on estimait que 300 000 robots opéraient dans les usines françaises. Si chaque robot effectue l’équivalent de 2 000 heures de travail humain par an, cela correspond à 600 millions d’heures de travail.
En appliquant le SMIC, la valeur économique ajoutée par ces robots serait d’environ 7 milliards d’euros.
IA et automatisation : Un levier de productivité
L’IA générative et les systèmes automatisés transforment les services et optimisent la gestion des ressources.
Par exemple, les IA conversationnelles remplacent progressivement les centres d’appels humains. Une étude estime que l’IA pourrait réaliser d’ici 2030 l’équivalent de 5 % du travail cognitif humain, soit plusieurs milliards d’euros de valeur ajoutée.
Cette productivité supplémentaire doit être intégrée dans les mesures de croissance économique afin d’évaluer correctement l’impact du numérique. (2)
L’inclusion du travail invisible dans le PIB est un sujet complexe qui soulève des questions fondamentales sur la nature du travail, la valeur économique et les limites de la mesure économique. Il est important de poursuivre le débat et de réfléchir à des solutions innovantes pour mieux reconnaître et valoriser les contributions non rémunérées à l’économie
Référence
(1) https://www.insee.fr/fr/statistiques/1372481?sommaire=1372485
(2) https://lesessentiels-capital.fr/limpact-de-lintelligence-artificielle-sur-le-marche-de-lemploi/
Image générée par l’IA ARIA d’Opéra

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