L’administration – La maison du numérique – France Service

Si la révolution numérique a de nombreux avantages, elle nous entraîne vers un face à face avec une machine pour toutes nos demandes administratives, la lecture de nos journaux, la livraison de notre repas ou de ce qui va le composer, des loisirs, etc…. On parle de la médecine à distance, des tâches domestiques effectuées grâce à l’alliance de la robotisation et de l’intelligence artificielle, on oublie une chose importante : l’humain.

L’individu n’est pas programmé pour vivre face à face avec une machine. Il a besoin de rencontres non virtuelles, de parler. Les centaines d’amis qu’il a sur les réseaux sociaux ne remplaceront jamais un « vrai » ami en chair et en os, ni l’agent administratif pour régler ses problèmes et répondre à ses questions.

En 2016 Jacques Condat, président d’Alternative et Progrès avait fait une proposition de la maison du numérique regroupant l’accueil des services administratifs avec des agents polyvalents dans les zones rurales et des agents des divers services dans les grandes villes.

A-t-il été écouté ? On peut penser que oui, car en janvier 2022, 2 378 « France services » ont ouvert en métropole et dans les territoires ultramarins. Chaque usager devrait pouvoir trouver une maison France services à moins de 30 minutes de son domicile. Des bus France services sillonnent également les départements pour aller au plus près des usagers. Santé, famille, retraite, droit, logement, impôt, recherche d’emploi, accompagnement au numérique, les agents France services vous accueillent et vous accompagnent pour toutes vos démarches administratives du quotidien au sein d’un guichet unique.

Dans chaque mairie on devrait pouvoir trouver un représentant de France Service.

Une échelle motivante pour les cadres des collectivités territoriales

Il faut d’abord analyser les causes de la lourdeur étatique avant de croire que l’ENA qui fut au moment de sa création une nécessité pour les besoins de la République est aujourd’hui la principale cause de son inertie.

Dans un article de TF1info (1) il est dit : « Elle va disparaître pour donner naissance à une nouvelle école de formation des hauts fonctionnaires regroupant treize écoles de la haute administration et du monde universitaire, baptisée “Institut du Service public”. Elle aura pour mission de “sélectionner des profils moins déterminés socialement”.

La refonte a prévu une réorganisation en profondeur du recrutement, de l’enseignement et du mode de classement des élèves. “L’ISP formera tous les élèves administrateurs de l’État et intégrera un tronc commun à treize écoles de service public”, a indiqué le Président dans un discours aux hauts fonctionnaires.

Ce qui sous-entend que l’on met notre administration dans un moule encore plus étriqué de pensée au lieu de l’ouvrir vers de nouveaux horizons.

Nous avons besoin d’une école d’administration de la République, encore faut-il que son regard soit plus ouvert sur le concret, sur l’innovation. La haute administration est maintenant confrontée aux multinationales et elle doit travailler avec les mêmes armes, si elle ne veut pas être « arnaquée » ce qui lui arrive de plus en plus souvent. – Alstom, Sanofi, Renault-Nissan en sont des exemples. Il est reproché aux énarques d’être un club fermé venant d’une caste. Seulement 6% des élèves venaient d’autres milieux et rien n’était facile pour accéder au concours. Il fallait être parmi les meilleurs, avoir travaillé ses études, préparé ce concours. Une fois sortis de l’école, guère de promotions, ils sont toute leur vie dans le même ministère. Il est donc compréhensible que les énarques aiment le pantouflage. La réforme a prévu « À leur sortie, les élèves rejoindraient en priorité l’administration déconcentrée, et non l’administration centrale. S’ils devaient rejoindre cette dernière, les élèves seraient en priorité affectés sur des missions prioritaires du gouvernement. Le but du chef de l’État est aussi de mettre fin à leur affectation directe dans des grands corps d’État, où les hauts fonctionnaires ne seraient pas titularisés avant plusieurs années. »

Supprimer l’ENA, était-ce la bonne solution, alors que c’était une école que l’étranger nous enviait, tout comme Polytechnique. Ils viennent de loin pour étudier. N’aurait-il pas été suffisant de revoir les critères d’admission au concours et de sortie. On ne serait plus entré à l’ENA sans avoir travaillé dans la fonction publique ou avoir été élu à un poste de député, maire ou adjoint du maire. Il faut que l’accession à la haute administration soit motivante et permette à tous de prendre l’ascenseur social s’il le souhaite. L’ENA serait devenu une formation interne à la fonction publique, une école permettant une promotion dans la haute administration. Cela aurait été le directeur général des services d’une collectivité locale qui aurait pu grimper dans la hiérarchie après cinq ans minimum dans la fonction publique, choisir sa filière à l’entrée et non qu’elle lui soit attribuée d’office à la sortie. Pour payer les frais d’études que l’état aurait avancé ainsi que le salaire que le fonctionnaire aurait continué à percevoir, celui-ci aurait dû pendant le restant de sa carrière se consacrer au service de la République.

Mais finalement qu’en est-il de cette nouvelle réforme, n’est ce pas encore une réforme pour une réforme ?

 


(1) https://www.tf1info.fr/politique/suppression-de-l-ena-a-quoi-va-ressembler-son-remplacant-l-institut-du-service-public-2183011.html