Les « pays » répondent à un besoin local, touristique et commercial.

Les « pays » ne sont pas une strate administrative de plus. Ils répondent à un besoin culturel, à un patrimoine, à une langue régionale, à des spécialités culinaires, à des produits régionaux, à de l’artisanat local. Ils dépendront du ministère de la culture et de la communication.

Avant la Révolution française de 1789, le royaume de France était divisé en provinces historiques issues de l’histoire féodale, de la Révolution et des annexes du XIXe siècle. Dans la mémoire collective et mondiale, ces provinces ont encore gardé des us et coutumes et sont plus connues que les régions actuelles. Un étranger connaît la Provence et la Côte d’Azur, mais très peu savent où se situe la région PACA.

On reconnaît comme pays les anciennes provinces françaises tels le Berry ou l’Anjou,
Sont reconnues comme « pays » les anciennes provinces tels le Quercy ou la Bourgogne, auxquels peuvent être rajoutés de lieux géographiques comme les Alpes. Certains territoires incorporés à la France pendant la Révolution ou au XIXe siècle comme le Comté de Nice, sans oublier les territoires d’outre-mer.

Seront considérés label touristique les « pays »

Sont considérés comme AOC un produit ou une industrie une ville ou une région (exemple Bordeaux pour le vin)

Les communes et départements souhaitant déposer un dossier décideront si elles souhaitent une marque AOC et/ou un label. Regroupées en associations, elles en feraient la demande auprès d’un service administratif dépendant directement d’un ministère de la culture, de la communication pour le tourisme et du ministère du commerce pour les AOC. 1

Les langues régionales

Ce besoin de retour aux langues régionales, aux patois est un besoin de reconnaissance de culture patrimoniale, de refus de mondialisation, de “qui sommes-nous?”

Un rapport établi en 1999, dresse une liste de 75 langues auxquelles aurait pu s’appliquer la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires.

Les terroirs ou «pays» pourraient répondre à ce besoin identitaire. Ils ne seraient pas une strate administrative de plus ou une frontière qui diviserait la France,

Ce qui résoudrait le problème des langues régionales. Un problème qui a l’air anodin et qui pourtant ne l’est pas. Très peu de personnes ont entendu parler ou ont oublié la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires. Charte dont 36 articles sur 72  (2) ont été signés en 1999, mais non ratifiés, la France dans sa Constitution de 1958 reconnaissant une France indivisible avec une seule langue officielle ; le français, ciment de notre Nation. car si le traité est ratifié et non plus signé, la France devient comme l’Allemagne un pays fédéral et non plus comme le stipule la Constitution « indivisible ». Dans ces conditions, il faudra redessiner les frontières régionales, redonner Nantes aux Bretons, rattacher le Pays Basque à l’Espagne et bien d’autres subtilités. Un référendum s’imposera parce que c’est un morceau de notre identité qui se joue, ainsi qu’une remise en question de la structure de l’État. Tous les pays ayant reconnus plusieurs langues ont un gouvernement de type fédéral, comme l’Allemagne, la Suisse, la Belgique.

Avons-nous des exemples qui nous permettraient d’anticiper les effets de la ratification de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires ?

Prenons l’exemple de nos amis belges. Depuis 1873 la Belgique a officiellement deux langues, le néerlandais appelé plus couramment le flamand, et le français. Une troisième s’est rajoutée plus tard, l’allemand. En 1932, une frontière linguistique fut reconnu entre les deux régions principales, et bien que l’on apprenait à l’école dans les années 50 cette maxime ; « flamand et wallon sont des prénoms, belge est notre nom », la division n’a cessé de s’accentuer, la langue véhiculée s’affichant comme l’identité principale.

En Allemagne, pays composé de lander, l’allemand est la langue officielle et écrite, mais dans les lander il existe de nombreux dialectes parlés, sans que cela à première vue cause de soucis. Les allemands auraient, semble-t-il, une plus grande facilité à intégrer l’apprentissage des langues que nous.


(1) L’appellation d’origine contrôlée (AOC) désigne un label officiel français (existant aussi dans d’autres pays comme la Suisse ou le Maroc) visant à protéger un produit en raison de son origine géographique et de l’usage de certaines pratiques de fabrication. La délivrance d’une AOC provient d’un organisme dépendant d’un ministère (en France, il s’agit de l’Institut national des appellations d’origine dépendant du ministère de l’Agriculture), et son utilisation abusive ou frauduleuse est sanctionnée par un service de répression des fraudes. (l’existant en 2019)
()2 Charte européenne des langues régionales ou minoritaires : https://rm.coe.int/168007c07e

Wikipédia – https://fr.wikipedia.org/wiki/Langues_régionales_ou_minoritaires_en_France

La politique des langues régionales – https://www.axl.cefan.ulaval.ca/europe/france-3politik_minorites.htm