Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué

Entre la théorie et la pratique, il y a un fossé. Il ne faut pas croire que le Président et le gouvernement aient autant de pouvoirs que cela. Ils n’ont plus de marge de manœuvre, de pouvoirs directs parce que la mondialisation, le Conseil Européen et la décentralisation les en empêchent. Depuis de Gaulle et Pompidou, le pouvoir du Président s’est rétréci comme une peau de chagrin. Que ce soit pour nos politiques commerciales, environnementales, financières, agro-alimentaires, énergétiques, militaires, de communication (réglementation Internet) nous dépendons les uns des autres au niveau mondial. Les Présidents De Gaulle et Pompidou étaient plus discrets que notre Président actuel, mais avaient plus de pouvoir et s’en servaient.

De plus, la France croule sous une législation trop volumineuse et la pesanteur d’un réseau administratif trop lourd et trop complexe. L’Etat doit aussi mettre en pratique des normes appelées « qualité » qui ne s’appliquent pas seulement au privé, mais aussi à tous les rouages de l’Etat. Ce n’est plus une politique de moyens, mais une politique de résultats qu’il est demandé d’installer, ainsi qu’une administration de paperasserie. La devise de la qualité étant : « Écris ce que tu fais et fais ce que tu écris ».

Il faut inverser le sablier

Le manque de confiance entre les élus et leurs concitoyens est flagrant. Même les maires des petites communes qui jusqu’ici semblaient échapper à ce rejet, sont pris à partie. Plus on métropolise le pays, plus on éloigne l’élu du terrain.

Les membres du gouvernement, le Président, les parlementaires qui tous sont issus (à part de rares exceptions) des grandes écoles ne sont pas le peuple. Ils gouvernent et imposent leur vision,sans avoir jamais pris une bêche ou dirigé une PME, alors que les acteurs de terrain qui ont l’expérience du vécu ne sont pas écoutés.

Un constat s’impose : dans la décentralisation, on part du plus haut pour arriver à la commune. Contrairement à la Constitution qui confirme le gouvernement par le peuple, on ne part pas de la base, des citoyens vivant dans les communes.

Reprendre à la fois l’esprit et la lettre 

Revoir les structures de l’État pour faire à la fois des économies conséquentes, simplifier son fonctionnement, inclure les citoyens à la gestion de leur commune et dans le contrôle de l’administration,  on parle ici de citoyenneté participative), éviter la corruption…. Bref, par le peuple, pour le peuple est-il écrit dans la Constitution. On ajoutera AVEC le peuple, mais pas n’importe comment.

Pour parvenir à une civilisation écologique, le problème de la gouvernance est essentiel. Il faut être capable d’avoir une stratégie globale et en même temps être capable de réagir rapidement, de prendre en compte la proximité, d’être accessible à chaque citoyen.

Deux points sont essentiels : Supprimer des strates administratives par lesquelles il faut passer pour prendre une décision et redonner des moyens d’agir rapidement à la base, c’est-à-dire aux communes. Le partenariat entre communes doit être un partenariat consenti et non obligatoire, qu’il le soit pour des actions communes pouvant être soit pérennes, soit limitées dans le temps.

Pour commencer, garder nos communes, avec la participation à la gestion desdites communes des associations, des C.I.Q., des Conseils de quartier, des syndicats etc… Remplacer le Conseil Départemental par une Coordination Départementale des Maires, le Conseil Régional ayant comme sont nom l’indique le rôle de conseil et d’arbitre entre les citoyens des communes et l’État. Il serait le pivot central de discussions pour mettre en place les plans de planification.

L’État doit donner les moyens et non imposer 

Parce que chaque territoire a son climat, son environnement, des spécificités différentes de son voisin, les citoyens seront les acteurs de ce grand défi qui est de leur donner le pouvoir de lutter contre le changement climatique, d’améliorer leur quotidien. Ils sont conscients de l’importance de l’impact de leurs décisions. Ils sont conscients que le développement, la sécurité, le bien-être des habitants ne peuvent régner dans un pays qu’avec une certaine coordination. Que la pollution n’a pas de frontière. Qu’un avenir durable, doit primer dans chaque décision et qu’aucune décision ne doit servir des intérêts particuliers, mais la collectivité.

Simplifier

Des questions se posent (encore !) Pourquoi avons-nous en moyenne une quarantaine de ministres et de secrétaires d’état à chaque gouvernement alors que nous avons huit commissions à l’Assemblée Nationale ? Pourquoi des séances programmées à l’Assemblée jusqu’à une heure du matin ? Pourquoi une Assemblée absente une partie de l’année alors que le gouvernement est présent ?

Rendons les choses durables et plus simples pour que tout le monde s’y retrouve.

C’est à l’Assemblée Nationale que l’on travaille les lois et qu’on les propose au Sénat qui les votent. Par contre, il faut revenir sur cette loi constitutionnelle qui oblige les députés à déposer des lois dont certaines n’ont aucun sens.

Moins de députés, plus du tout de séances de nuit sauf exception en cas d’urgence de crise, mais une Assemblée présente 365 jours par an, puisque ce seront ses représentants qui dirigeront la France. Les députés travaillent et travailleront en commissions. Parmi de nombreuses commissions il existe huit commissions permanentes. Gardons ce qui est bien fait et qui fonctionne bien, c’est-à-dire les huit commissions permanentes et leur dénomination et modifions le reste.

Chaque commission aurait comme maintenant son président et son bureau. Nous proposons qu’elle statuera en permanence, aussi bien sur la rédaction des futures lois que sur le traitement des affaires courantes.

Des esprits chagrins disent que ce n’est pas possible. A condition de ne pas focaliser sur la scène de théâtre de l’hémicycle, regardons les rapports rédigés par les commissions. Analyses, commentaires, propositions tout y est et sans esbroufe. Rapports qui ne sont, pour la plupart, jamais suivis par le gouvernement en place. Nos députés, quoiqu’on en dise, savent travailler ensemble pour le bien de tous. Il faut simplement leur en donner l’occasion.