PARTIE II

Par le peuple, pour le peuple et AVEC le peuple

La différence entre l’homme politique et l’homme d’État est la suivante :

le premier pense à la prochaine élection,

le second à la prochaine génération”.

James Freeman Clarke (1810-1888)

Si la France a toujours été une société de Gaulois réfractaires. – Louis XIV a fait construire deux forts à l’entrée du port de Marseille avec les canons tournés vers … la ville, – cette rébellion est aussi sa force. Elle lui permet de réagir, mais ….

La contestation n’est pas la participation

Alors que nous devons collectivement relever une multitude de défis, la crise de la démocratie se confirme et s’accentue chaque jour un peu plus. L’abstention et la défiance sont devenues en quelques décennies les principaux marqueurs du système actuel.

Des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent disant qu’il n’y a plus de démocratie, que la démocratie représentative est en crise ou bien qu’elle n’existe plus. Or, si on regarde de plus près, ce n’est pas la démocratie représentative qui fait défaut, mais la démocratie participative.

Parce que pour avoir des représentants qui partagent nos idées ou bien dont nous partageons les idées à travers leurs programmes, il faut les avoir élus, et pour les élire, il faut PARTICIPER. Donc, c’est bien la démocratie participative qui est en défaut.

Changer de logiciel

Fanette Bardin nous dit que « Huit Français sur dix souhaitent pouvoir contribuer au changement des règles du jeu politique » (1)

Huit français sur dix ? Après un bref calcul cela nous donnerait 33,6 millions de personnes sur 42 millions d’inscrits aux élections. C’est à première vue ce qui ressemble fort à une fausse lecture des sondages ou à de fausses réponses puisque les électeurs re-votent pour les mêmes ou bien ils s’abstiennent.

Lorsque Marinette Valiergue, experte associée à la Fondation Jean-Jaurès, écrit dans son rapport « ÉTAT D’URGENCE DÉMOCRATIQUE : COMMENT DÉCIDER ENSEMBLE ?  « les stratégies que ces derniers (les électeurs) ont suivies, le vote utile, le vote rejet, le vote sanction, le vote barrage, le front républicain, on ne décèle presque plus jamais d’adhésion authentique des électeurs à un projet, une vision, un programme » est-il interdit de se présenter ou de voter pour des personnes qui auront l’aval des électeurs ? Rien. Alors, pourquoi vote-t-on toujours pour les mêmes alors qu’on les honnis ? Plus loin elle écrit aussi : « Quitterie de Villepin, candidate indépendante dans la deuxième circonscription de Paris, engagée pour porter le « premier mandat délibératif » à l’Assemblée nationale, …… a obtenu 2 362 voix, toutes gagnées une à une, sans bénéficier de l’effet «étiquette», un score remarquable qui témoigne des difficultés des candidatures hors parti, mais aussi de l’enthousiasme que peut susciter l’engagement d’exercer son mandat différemment »

Il devrait y avoir une obligation pour chaque électeur de consacrer au minimum un jour par an pour participer au débat démocratique et à la gestion de sa commune.

C’est au niveau de nos 36000 communes que la participation citoyenne devrait s’organiser. C’est à ce niveau qu’elle serait la plus efficiente. Pouvoir réaliser ce qu’on a décidé.

Les limites de la démocratie participative.

La participation citoyenne n’est pas facile à mettre en place. Idéale sur le papier, elle rencontre de fortes résistances sur le terrain, par manque de temps, de motivation, d’organisation. L’ensemble des citoyens d’un quartier, à travers les réunions de CIQ (Comité d’Intérêt de Quartier) démontrant que seulement quelques uns s’intéressent à la vie associative et sont capables de prendre en main celui-ci, ce qui revient toujours à ce qu’une petite minorité gouverne pour les autres.

L’essai de gestion de la commune de Saillans dans la Drôme a été à ce titre à la fois une réussite et un échec. (2)

Que ce soit avec une gestion participative des habitants ou par l’application de décisions prises par une équipe de dirigeants (en l’occurrence les élus) on ne peut satisfaire Pierre, Paul, Mohamed et Moïse en même temps. Il y aura toujours des mécontents.

Il ne faut pas confondre contestation et participation

Dans une démocratie c’est la majorité qui l’emporte, tout en respectant les minorités parce que la liberté de pensée est une des premières valeurs républicaines. Quand il n’y a que 2 millions de personnes à travers toute la France pour participer à une manifestation, alors qu’il y a plus de 42 millions d’électeurs inscrits, que faut-il en conclure alors que les retraites sont un sujet qui va toucher non seulement une corporation, mais tout le monde, les seniors d’aujourd’hui et ceux de demain ? Que si on n’est pas d’accord avec la réforme, on sait très bien qu’il faut la faire, sans toutefois savoir comment.

Le propre de la participation citoyenne est qu’elle ne s’arrête pas à la contestation, mais qu’elle propose aussi. Les syndicats l’ont fait, mais eux non plus ne sont pas écoutés, ni par le gouvernement, ni par le peuple.

Les consultations

Il a été dit qu’il était important que les élections ne soient pas informatisées. Mais il faut reconnaître qu’un référendum revient aussi cher à la communauté qu’une élection.

Pourtant certaines consultations sur des sujets pouvant avoir des répercussions sur les enfants de nos enfants devraient se faire à l’échelle nationale. Nous déclarons nos impôts par Internet, nous avons des dossiers à la CAF, à la Sécurité Sociale que nous pouvons consulter depuis un ordinateur ? Pourquoi ne pas se servir de ces réseaux sécurisés pour consulter tous les français en âge de voter. Des débats à la télévision, sur les radios sur Internet permettaient de juger le pour et le contre et auraient même l’avantage de ne plus être avec une réponse oui ou non, mais une réponse plus nuancée, à choix multiples.

Ces consultations seraient non un référendum, mais un avis demandé aux français, avis qui permettrait au gouvernement de travailler dans un climat plus propice à une adhésion massive des électeurs.


(1) Fanette Bardin, Dorian Dreuil, Chloé Ridel et Julien Roirant, « Malaise démocratique : comment sortir de la crise ? » Paris, Fondation Jean-Jaurès, mars 2023.
(2) https://www.lagazettedescommunes.com/740851/meme-achevee-la-gouvernance-citoyenne-a-marque-les-esprits-a-saillans/