Travail ou activité ?
Choisissez un travail que vous aimez
et vous n’aurez pas à travailler un seul jour de votre vie.
Confusius
Le « droit AU travail »
Que nous fassions partie de cette France du haut ou de celle du bas de la ligne des revenus médians, nous devons travailler pour répondre à nos besoins matériels. Seuls, quelques rares rentiers qui font travailler leur argent échappent à cette obligation. Pour cette raison, travailler est un droit. Nul ne doit en être exclu.
Mais il ne faut pas confondre le « droit AU travail » qui nous ouvre la porte de l’emploi, avec le code du « droit DU travail ». Le « droit au travail » est inscrit dans le préambule de la Constitution de 1946, confirmé dans le préambule de la Constitution de 1958.
Le travail qu’on fait par force est toujours mal fait, dit un proverbe basque (1) et c’est souvent vrai. Défini comme une obligation à la fois morale et matérielle, avons-nous vraiment la liberté du choix ? La plupart d’entre nous doivent se satisfaire d’un travail qui leur permet de survivre et dont ils ne tirent aucun plaisir. Quelques rares privilégiés s’épanouissent dans le leur, mais ceux qui subissent, ont-ils le choix de faire ce qu’ils ont envie, de vivre comme ils veulent ? Notre éducation, notre instruction, notre environnement influencent ce choix, surtout, si en plus, nous avons eu une orientation subie et non choisie pendant nos études. Pendant des années, on nous a martelé des phrases comme « l’épanouissement de la femme dans le travail », ou « ce n’est pas un travail pour toi ». Mais s’épanouit on vraiment dans un travail en usine, à la chaîne, où le même geste est répété des millions de fois. L’homme s’épanouit-il au rythme des « cadences infernales ». Sans parler des heures décalées, des travaux dangereux, etc…
L’importance psychologique d’une activité est souvent sous-estimée, ce qui est illustré par les effets du confinement. De nombreuses personnes ont ressenti du stress non seulement pendant cette période, mais également par la suite. Au moment du dé-confinement, bon nombre d’individus ont éprouvé des difficultés à s’exposer à l’extérieur, perturbés par le bruit, la foule et les voitures. Rencontrer des collègues, échanger avec eux, participer au monde professionnel constitue un lien essentiel pour la socialisation.
La période de confinement durant la pandémie de la Covid-19 nous a clairement démontré que l’économie dépend certes du capital, mais elle repose avant tout sur les hommes et les femmes, qu’ils occupent des postes de dirigeants ou de salariés, ainsi que sur l’acte de consommer pour son bon fonctionnement. Un exemple concret de cette réalité se trouve dans le domaine médical, où les soignants se sont révélés irremplaçables. Cependant, pour qu’ils puissent accomplir leur travail indispensable, d’autres individus se sont portés volontaires pour les conduire sur leur lieu de travail, pour prendre soin de leurs enfants, et d’autres encore pour récolter les légumes qui allaient nourrir leur famille. De plus, des efforts ont été déployés par d’autres personnes pour fabriquer les masques et les blouses nécessaires à leur protection.
En perdant nos industries, nous avons aussi perdu nos savoir-faire.
La mondialisation a facilité le déplacement des capitaux. Sur notre territoire, de nombreuses entreprises françaises ont évolué pour devenir des filiales étrangères, en raison de l’achat d’actions par des entreprises ou des groupes financiers étrangers. Un exemple marquant est celui d’un dirigeant qui a décidé de fermer une de ses usines et à rejeté l’idée de la vendre, pour éviter de se trouver confronté à une nouvelle concurrence. C’était son droit, étant donné que l’aciérie était sa propriété, mais qu’en était-il des salariés ? Ils se sont retrouvés sans solution, laissant derrière eux des regrets, de la colère et personne pour ériger une nouvelle unité de production.
Depuis une trentaine d’années inexorablement, petit à petit, nos entreprises sont soit rachetées, soit fermées, soit délocalisées. Un pays sans usines de production est un pays qui dépend entièrement des autres. Par l’intermédiaire de la Bourse et par la recherche de bas coût de production, nous nous sommes donnés le bâton pour nous faire battre. Est-il trop tard pour inverser la vapeur ? Les pays exportateurs peuvent nous mettre à genoux en refusant simplement d’exporter leurs produits ou en rachetant et en fermant nos entreprises.
Les formations proposées par Pôle Emploi devenu France Travail, répondent au besoin de main-d’œuvre manquant de candidats qualifiés. Cependant, le processus de mise en œuvre des formations (organisées une fois par an par le biais d’appels d’offres) et la période de formation elle-même laissent aux entreprises le temps de trouver d’autres solutions. Par manque d’anticipation, le déséquilibre entre la demande et l’offre persiste toujours.
Le système se révèle donc obsolète et inefficace. Il ne faut pas croire qu’en relocalisant nos industries on aura trouvé la solution. Il faut donc faire cohabiter deux systèmes ; un local et un de multinationales européennes.
Du local pour réduire les transports, travailler sur place. Start-up, PME/PMI, agriculture, services, tourisme local sont des secteurs de prédilection, en privilégiant ce qui peut être fabriqué et consommé sur place.
De grandes multinationales réparties en Europe pour faire face à la concurrence mondiale. Nous avons besoin de nous unir pour construire des industries et des manufactures comme nous l’avons fait pour Airbus. Nous ne pouvons avoir des entreprises de cette taille dans des secteurs très particuliers que lorsqu’un marché est international. Il ne peut y avoir en Europe, dans chaque pays, un avionneur de la taille d’Airbus. Il faut être logique.
(1) Les anciens proverbes basques et gascons (1845) – https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9666726f.texteImage

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