Croissance ou décroissance ?

La question de la croissance ou de la décroissance mérite une réflexion approfondie. Souvent négligé par les économistes et les gouvernements, il est crucial de reconnaître qu’une croissance économique exponentielle ne peut perdurer indéfiniment, et ce constat manque souvent dans les discussions. A la sortie de la Seconde Guerre mondiale en 1945, la nécessité de la reconstruction a stimulé la croissance, mais une fois que l’économie d’un pays retrouve un niveau de vie décent, il est inévitable que la courbe de croissance stagne, voire diminue. Le cas de la Chine, avec sa croissance à deux chiffres, mise sur des facteurs tels que les exportations mondiales et la croissance de sa propre population.

Ainsi, il est essentiel de réajuster nos perspectives. Évoquer une économie de décroissance ne doit pas être interprété de manière simpliste. Il s’agit plutôt de reconnaître qu’avec une phase de production réduite, l’emploi se raréfie. Dans ce cas, l’État doit pourvoir à ce manque par des aides que l’impôt  compense. 

S’il convient de mettre en avant la protection de notre planète ainsi que la juste répartition de nos ressources, au lieu de prioriser les bénéfices de quelques multinationales qui ne sont même pas françaises, Il est nécessaire d’atteindre l’équilibre d’une croissance modérée en accord avec l’augmentation démographique et les besoins essentiels à satisfaire. La véritable nécessité réside dans l’atteinte d’un équilibre budgétaire, la réduction de la dette nationale et la réalisation du plein emploi. 

Croissance ou décroissance peuvent-elles influencer le pouvoir d’achat ?

Diverses solutions peuvent être envisagées :

Une inflation contrôlée pourrait être considérée comme un moyen de promouvoir la décroissance, dans la mesure où elle impliquerait une augmentation des prix des produits. Cette approche pourrait entraîner une diminution de la production mais pénalise une partie de la population à faibles revenus.

La qualité des produits joue un rôle crucial dans cette dynamique. En se concentrant sur la production de biens durables, réparables et de haute qualité, il est possible de réduire la quantité produite tout en préservant le pouvoir d’achat des consommateurs. Cette approche rassurerait les écologistes, bien qu’elle n’aurait qu’une influence plus que minime sur le climat.

Par contre, cette approche pourrait contribuer à une décroissance de l’utilisation des matières premières, car la production de biens plus durables nécessiterait potentiellement moins de ressources naturelles, ce qui est beaucoup plus intéressant. En favorisant la durabilité et la possibilité des dépannages, une réduction de la production pourrait s’accompagner d’une prolongation de la durée de vie des produits, ce qui à son tour pourrait contribuer à une utilisation plus responsable des ressources. Cependant, il est important de noter que l’équilibre entre croissance et décroissance économique est délicat, et il n’existe pas de solution unique.

Pourquoi les États ne s’intéressent pas à une « inflation décarbonée » ? A cette question, il nous a été répondu par l’intermédiaire d’un site venant des États-Unis :

  • Priorités économiques traditionnelles : Les gouvernements sont souvent orientés vers la stimulation de la croissance économique traditionnelle en favorisant la consommation et la production. L’accent est souvent mis sur l’augmentation du PIB et la création d’emplois, même si cela peut être au détriment de l’environnement.
  • Résistances et intérêts acquis : Les industries et les acteurs économiques existants peuvent résister au changement vers des pratiques plus durables, car cela pourrait remettre en question leurs modèles commerciaux établis.
  • Complexité des politiques : Mettre en place une “inflation décarbonée” nécessiterait la mise en œuvre de politiques économiques, fiscales et environnementales complexes. Les gouvernements doivent équilibrer de nombreux facteurs et intérêts divergents.
  • Manque de conscience environnementale : Bien que la conscience environnementale augmente, il existe encore des lacunes dans la compréhension de l’impact des activités humaines sur le climat et l’environnement, ce qui peut limiter la volonté d’adopter des mesures radicales.
  • Dépendance économique : De nombreuses économies sont étroitement liées à l’exploitation des ressources naturelles et des industries énergétiques, ce qui rend difficile la transition vers une économie basée sur des ressources renouvelables.

Ce qui nous démontre bien que toutes les multinationales qui pour la grande partie sont américaines n’ont pas l’intention de revoir leurs productions

Si nous produisons et surtout consommons moins, nous parlons forcément de décroissance puisque le PIB est calculé sur la valeur ajoutée de la production. Décroissance qui peut être compensée par l’apport d’une nouvelle technique, ou par la création d’un besoin. La décroissance peut aussi s’effectuer par la suppression d’une technologie dépassée. Par exemple, si les ampoules « led » qui durent beaucoup plus longtemps qu’une ampoule à filament étaient vendus au même prix, leur achat ne compensait pas pour l’entreprise le manque à gagner du non renouvellement de cet article, En même temps, cela entraînerait une chute du PIB, tellement minime il est vrai que l’on ne s’en apercevrait pas, mais additionné à d’autres exemples …. D’ailleurs cela joue ensuite sur les charges sociales, les taxes et impôts. Calculez ! Les états sont donc gagnants dans le « jetable ».

Parce que les États ont toujours besoin de plus d’argent pour montrer leur puissance, les diverses commissions consultées ont répondu à l’unique question de comment stimuler la croissance économique. Le politique a laissé la finance prendre le pas sur le devenir de l’Humain et de la planète, sans voir que l’agriculture intensive appauvrit la terre. Sans voir que les multinationales creusaient une fracture entre riches et pauvres, enrichissant les premiers, et mettant au chômage les salariés des pays riches sans enrichir la main d’œuvre des pays pauvres

Dans cette perspective, il devient impératif de planifier à long terme. Les plans quinquennaux ne sont pas suffisants pour traiter des enjeux complexes. Certains programmes nécessitent une mise en œuvre sur une période de 20 ans, voire davantage. L’élimination des pesticides des terres agricoles par exemple, requiert des décennies d’efforts.

La croissance ou la décroissance d’une économie ne concerne pas seulement les questions écologiques. Elles concernent aussi les industries qui nous manquent cruellement. Si nous avons droit un de ces jours à un embargo ou à un blocus de la part de pays qui souhaitent nous voir à genoux, que ferons-nous sans industries ?

Un autre défi majeur émerge : celui de résoudre le problème de la fuite des capitaux, qui constitue la richesse d’un pays, tout en préservant la libre circulation et le libre emploi.

Nous avons adopté un principe ancien que ce qui génère le plus de revenus doit être priorisé. Bien que valable à une échelle restreinte, comme celle d’une famille, ce principe a été altéré à l’échelle mondiale, en mettant davantage l’accent sur la rentabilité financière au détriment de l’intérêt collectif et individuel. Cela a engendré des conflits sociaux, de la violence et de la pauvreté. Cela ne se réglera que par la confiance. Sans vouloir une révolution, c’est en mettant en place une nouvelle conception politique, que petit à petit l’on transformera les paramètres économiques. L’historique des sciences économiques nous le prouve. Depuis Aristote, les systèmes économiques ont changé plusieurs fois de visage.