… et quand on est seul ou plusieurs à vivre sous le même toit ?
Il existe le fameux quotient familial qui est censé aidé, mais là aussi est-il « juste » pour cette France des bas revenus ? Alors que Bercy pense, dans un souci d’équité, qu’un couple marié ou pacsé et soumis à l’imposition commune a droit à 2 parts de quotient familial (1) en tenant compte des revenus communs. Les personnes à charge (enfant, personne invalide) donnent droit à une demi-part par personne à charge pour les 2 premiers à charge et une part entière par enfant à partir du 3e.
Une famille monoparentale avec un enfant à droit à 1,5 parts, (2) elle a pourtant autant de frais fixes qu’une famille composée de deux adultes qui peuvent s’entraider, le pouvoir d’acheter n’étant pas le même suivant le nombre d’enfants et les besoins géographiques. (par exemple, les vêtements des ainés vont parfois aux plus petits)
Combien reste-t-il une fois loyer et charges locatives enlevés, pour vivre, payer les assurances, EDF, etc … par personne avec un : SMIC mensuel à temps plein (soit 35 heures hebdomadaires) au 1/01/2022
brut : 1 603,12 €. Les conventions collectives et les accords d’entreprise pouvant eux aussi définir une rémunération minimale selon l’emploi occupé.
net : 1 269 € selon le contrat de travail
Pour une personne seule logeant dans un deux pièces à Marseille en retirant les frais fixes (loyer + charges) de 500€
(1269 € – 500 €) = 769 €
Pour une personne ayant un enfant à charge logeant dans un deux pièces à Marseille en retirant les frais fixes (loyer + charges) de 500€
(1269 € – 500 €) : 2 = 384, 50 €
Dans ces autres exemples que l’on soit trois ou quatre, le loyer est inchangé, la surface occupée étant la même (3):
Pour un couple travaillant tous deux avec un enfant moins loyer sans les charges locatives pour un trois pièces de 60m² à Marseille (1 séjour, 2 chambres, cuisine, salle d’eau)
(1269 € x 2) – (60 m² x 14,08€ ) : 3 pers.= 556, 06 €
Mais s’ils ont deux enfants, et si les deux enfants font chambre commune donc loyer identique on aura :
(1269 € x 2) – (60 m² x 14,08€) : 4 pers.= 417,05 €
Avec ou sans les aides sociales, le pouvoir d’acheter diminue avec le nombre d’enfants malgré les économies faites sur la surface de l’appartement, donc sur le bien-être. Les dépenses pour les enfants étant en réalité plus conséquentes que pour les adultes même si elles sont différentes. Pour les bébés, les couches et laits maternisés sont une véritable charge. Les enfants grandissent vite. Chaussures et vêtements sont à renouveler tous les six mois, si ce n’est plus. Un enfant mange autant qu’un adulte quoique l’on pense, petit déjeuner, déjeuner, goûter et dîner. Les fournitures scolaires et les activités péri-scolaires ne sont pas gratuites. C’est l’enseignement qui l’est.
Les dépenses d’énergie et de temps dépendent de la distance entre le lieu de travail et l’habitation. Il y a 30 ans, il était établi que la distance moyenne de son habitation à son lieu de travail était de 4 km, il est maintenant de 30 km. Tout comme on souhaite baisser le seuil de pauvreté, un des moyens de faire baisser notre SNVT et d’augmenter notre « pouvoir d’acheter » est de changer les comportements en commençant par revoir l’urbanisme, afin de réduire les temps et les coûts de transport, de faire cohabiter lieu de travail, commerces et habitations.
N’oublions pas les personnes reconnues RQTH, dont le montant maximum de l’AAH (4) de 971,37 euros au 1er avril 2023 n’est même pas celui d’un SMIC, pour des personnes qui sont en incapacité de travailler, bien en dessous d’un seuil de niveau de vie tolérable. Or, ce n’est pas parce qu’on est handicapé que l’on n’a pas les mêmes frais fixes et les mêmes besoins que les personnes valides, au contraire. Une véritable revalorisation est nécessaire. De plus, lorsqu’on est reconnu handicapé, le montant attribué à cette personne, ne doit pas dépendre de ses ressources. C’est une compensation à la fois financière et morale qui leur est due.
On pourrait en conclure que l’inégalité n’est pas due seulement aux études, aux emplois, aux salaires et aux temps de travail, mais aussi aux besoins de chacun.
La classe moyenne se réduit comme peau de chagrin.
S’il est nécessaire de commencer par aider les plus démunis, il ne faut pas oublier la plus grande partie de nos concitoyens, ceux des classes moyennes. Ce sont eux qui paient le plus lourd tribut à l’État par le truchement des impôts. Ce sont eux qui, parce qu’ils ont dépassé de quelques centimes d’euros les tranches d’imposition, se voient enlever au fur et à mesure les aides.
Pour équilibrer, non seulement le budget de l’État, mais aussi la société, nous avons besoin de cette classe de petits entrepreneurs, de cadres, de professions libérales, d’enseignants, d’artisans. Cette classe disparaît et se fond, soit avec les plus riches, soit avec les plus pauvres.
Vivre ou survivre ? D’où l’importance d’avoir un SNVT comme référence.
C’est dans les grandes villes que l’on retrouve la plus grande concentration de personnes pauvres, ce qui est logique puisqu’il y a plus d’habitants au km². Mais la pauvreté est partout, dans les zones rurales où elle se fait encore plus ressentir, car les « plans banlieues » n’y sont pas appliqués, les services publics se raréfient et les déplacements longs trajets deviennent obligatoires.
Il a été démontré qu’il existe un lien entre l’incidence non seulement des changements dans une vie, mais aussi de la difficulté financière à les vivre et le déclenchement de problèmes médicaux mineurs, de maladies psychosomatiques ou de dépression. La santé physique et psychologique de l’allocataire du RSA résiste mal à la longueur du processus ainsi qu’aux échecs constants qui l’ont amené à ce stade et qui l’y maintient. Il en coûte plus à la communauté de l’aider à survivre que de lui avoir fourni et rémunéré du travail en lieu et place du chômage. Psychologiquement, si la personne a de quoi financièrement survivre, il n’en est pas de même pour sa santé qui évolue très souvent vers la dépression. On ne se pose pas assez la question sur le chiffre d’affaires des ventes d’antidépresseurs en France.
La lutte contre les GES (gaz à effet de serre) va renforcer les inégalités du pouvoir d’acheter. Vouloir interdire les voitures diesel, les voitures de plus de vingt ans rajoute une pénalité à des personnes qui ne peuvent s’en passer parce que trop loin de leur travail pour des raisons du prix de l’immobilier, ou habitant en rase campagne. C’est creuser l’inégalité du pouvoir d’acheter encore un peu plus parce qu’elles n’ont pas les moyens financiers d’en acheter une récente moins polluante.
En 2018, a eu lieu un autre exemple du creusement des inégalités parce que mal pensé par des bureaucrates qui ne connaissent pas le quotidien des citoyens à qui ils s’adressent. Changer ses ampoules par des ampoules à économie d’énergie. Beaucoup plus chères, l’état a fait un geste pour acheminer gratuitement une dizaine de leds vers des foyers non imposables. Sauf que …. le message est passé via Internet. Il fallait déjà avoir un ordinateur pour en faire la demande et savoir s’en servir ……. et ne pas être en zone grise ou blanche. Ce sont de petites gouttes d’eau, mais additionnées elles finissent par remplir le verre qui déborde.
La possibilité de payer une partie de l’isolation de votre maison pour 1€ est réservée aux personnes vivant en maison individuelle et propriétaire. Comment faites-vous si vous êtes locataire d’un appartement en ville. Votre propriétaire, s’il est conscient du problème du réchauffement climatique, fera faire les travaux, à l’intérieur de l’appartement, isolation qui réduira d’autant la surface carré de l’appartement, et comme ces travaux apportent du bien-être, il augmentera le loyer.
De même pour tous les légumes et fruits bio qui sont facilement 30% plus chers.
Cherchez l’erreur.
Calcul du SNVT
Est-il possible de définir un seuil de niveau de vie tolérable financièrement qui permettrait de vivre et non plus de survivre selon nos besoins urbains ou ruraux ? Que doit-on calculer dans nos besoins vitaux ? logement, alimentation, énergie (si possible renouvelable) santé, formation doivent être considérées comme indispensables. Portable, ordinateur, électroménager, voiture, bien que maintenant devenu maintenant partie intégrante de notre vie, ne sont pas des « indispensables » pour vivre, même si notre société et notre culture font que nous pouvons difficilement nous en passer.
Prenons comme référence le loyer moyen d’un studio dans une grande ville, un seuil de tolérance (et non de pauvreté) pour toute personne célibataire se situe approximativement à 1350 € hors charges locatives (loyer à 450€ x 3), (hors Paris intra-muros) montant plus élevé que le SMIC net (1 269 € selon les contrats) ainsi que du seuil de pauvreté de 1 041 €. (source 2022)
Nous sommes bien loin des 60% du revenu médian. Trois cent neuf euros de différence.
Au contraire du seuil de pauvreté évalué par différentes méthodes selon les pays, le seuil de tolérance pourrait se calculer
Soit en prenant comme ici la référence moyenne d’un studio de 450€ au 01/01/2020 multiplié par 3. (1
Soit sur la base des besoins matériels nécessaires à l’individu par rapport au lieu géographique d’un pays et au nombre de personnes à charge.
La table de Pythagore
Le plus juste semble être de prendre comme base, le prix moyen du loyer multiplié par 3 applicable au quotient familial en y ajoutant le lieu géographique, puisque ce sont les revenus qu’il faut avoir pour se loger. Certains trouverons que c’est trop, mais à quoi cela servirait-il de « répartir » des aides si c’est « pour donner un pognon de dingue » à des personnes ne pouvant pas se loger . Un saupoudrage ne sert à rien, si ce n’est à faire des exclus et des assistés.
On pourrait calculer le SNVT à partir d’une table de Pythagore recoupant lieux et quotient familial.
Il faudra être prudent sur la manière de le calculer, ces deux critères ne suffisant pas. Si l’immobilier s’effondre et que l’énergie continue d’augmenter il serait mal venue de continuer à multiplier les taux de loyer par 3. Il est donc nécessaire de garder les calculs de l’INSEE concernant le pouvoir d’achat, et de calculer le pouvoir d’acheter avec le SNVT pour calculer les aides pouvant être allouées.
(1) (2) https://www.economie.gouv.fr/particuliers/quotient-familial
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