L’inflation n’est pas la même pour tout le monde

Tout comme le pouvoir d’acheter, l’inflation n’est pas la même pour tout le monde

Moins vous avez de pouvoir d’acheter, plus l’inflation est forte sur le porte-monnaie.

L’inflation totale sur votre pouvoir d’acheter augmentant ou diminuant selon vos besoins.

Tout comme le pouvoir d’acheter, l’inflation n’est pas la même pour tout le monde.

Si l’inflation a été de 7,6% en 2023 pour un salaire médian qui se sera acheter une voiture ou de l’électro-ménager dans l’année, elle aura été de 9,% pour d’autres ou encore plus pour des personnes n’ayant acheté que de l’alimentation.. Le site Que choisir (1) nous donne les chiffres de l’inflation par catégorie, ce qui nous a  donné la moyenne officielle de 7,6% officielle.

  • Alimentaire + 19%
  • Hygiène Beauté 11%
  • Électricité +16%
  • Gaz +15%
  • Forfaits +9%
  • Multirisques habitation +3%
  • Mutuelle santé +5%
  • Banques +3%
  • Dépenses de transport +8%
  • Santé Social +7%
  • Loisirs +3%
  • …….

Tout se situe dans le jeu de écritures et leur lecture.

Les plus gros postes, ceux dont vous vous servez tous les jours : Alimentation, électricité, gaz représentent à eux trois 16,66%

Si au départ vous avez peu de pouvoir d’acheter, l’inflation aura eu plus de conséquence sur le budget. Plus vous êtes obligé de rogner sur les loisirs, l’hygiène, les transports et la santé, plus le pourcentage de l’inflation augmente.

La Banque, les assurances sont des dépenses obligatoires, augmentés de 3% donc à la marge, mais lorsqu’on les compte avec le reste ils font baisser la moyenne de l’inflation totale.

L’inflation une bonne solution ?

On est dit-on, un pays en bonne santé, si on a un taux de croissance élevé. (2)

Afin que les entreprises puissent produire plus, il faut plus de consommation, Pour avoir plus de consommation, il faut plus de pouvoir d’achat, donc le premier réflexe est d’augmenter les salaires. Raisonnement souvent mis en avant, en prévision d’élections, nous faisant croire que c’est pour le bien des salariés.

Ce raisonnement donnerait paraît-il, plus de pouvoir d’achat, donc un bonus pour les entreprises et pour le porte-monnaie du consommateur. Cela est en réalité une inflation déguisée, et si cela est bon pour le PIB, le salarié s’aperçoit qu’il a été grugé puisque son « pouvoir d’acheter », n’a fait que rattraper ce pouvoir pendant une très courte période et que de nouveau il va perdre très vite, car comme les salaires auront augmenté, il faudra augmenter les prix de revient des produits, et on revient à la case départ.

Exemple : Une revalorisation d’un salaire de 2% suite à une inflation déguisée de 2%.

Un salaire de 1000 € augmentera de 20 €. Cela étant le rattrapage d’un pouvoir d’achat perdu dans l’année.

La baguette de pain augmentera de 2%. A 0,80 elle passe à 0,82, le boulanger ne pouvant rendre la monnaie sur 0,816€. Mais comme la baguette est un achat quotidien, cela revient à une augmentation de

0,02 € x 30 jours= 0,60.

Ceci est valable pour UN seul article. Pourtant certains postes tels les loyers, les fournitures d’énergie, les mutuelles, les assurances auront pu augmenter de plus de 2%, puisque la TVA augmente en proportion du hors taxe. Une TVA de 20% sur 100€ HT fera un total de 120€. Après une augmentation de 2% de 100€, bien qu’étant toujours à 20% cela fera 120€ +20%= 122,4€. Sur de petites sommes c’est minime, mais ajouter à + + + +

Inexorablement le pouvoir d’acheter sera de nouveau grignoté par les augmentations conjuguées de tous les produits et services dont la famille a besoin.

Dans les faits, la moitié des Français passe leur temps à courir après un pouvoir d’acheter qu’ils n’ont plus, puisque l’augmentation de celui-ci n’est même pas la revalorisation perdue du pouvoir d’achat. On comprend mieux pourquoi les Smicards ont de plus en plus de difficultés.

Une dure réalité

Une réalité bien souvent négligée : la différence entre le pouvoir d’achat tel que mesuré par les statistiques officielles et le véritable pouvoir d’acheter que ressentent les ménages au quotidien. Les données de l’INSEE, basées sur une moyenne de 1700 produits (3) peuvent masquer les variations significatives dans les dépenses et les coûts de la vie réelle.

En effet, la réalité financière des ménages est bien plus complexe. Les loyers, par exemple, ne représentent pas uniquement le montant mensuel payé, mais aussi les charges et les dépenses fixes associées, ce qui peut souvent accroître considérablement la part du revenu consacrée au logement. De plus, la difficulté de trouver un emploi à proximité de son domicile entraîne des coûts de déplacement, que ce soit en temps ou en argent. On ajoute l’obsolescence programmée et l’absence de pièces détachées pour les produits rendent leur réparation difficile voire impossible. Cela pousse les ménages à dépenser pour les renouveler en ajoutant les intérêts du crédit, ce qui influe sur leur pouvoir d’acheter réel.

Il est donc crucial de faire la distinction entre les chiffres abstraits du pouvoir d’achat et la réalité des ménages au quotidien. Cette différence pourrait aider à développer des mesures plus ciblées et à répondre plus efficacement aux besoins réels des citoyens.

Pour surveiller les variations de prix des produits sélectionnés, l’Insee se base sur plusieurs sources de données. Dans le détail, 160 000 prix sont relevés chaque mois par les enquêteurs de l’Insee dans 30 000 points de ventes et 500 000 prix sont collectés sur internet, manuellement ou à l’aide de robots. Enfin, depuis janvier 2020, 80 millions de prix sont ajoutés grâce aux données de caisse des grands magasin


(1) https://www.quechoisir.org/actualite-pouvoir-d-achat-avril-2023-plus-forte-hausse-en-alimentation-depuis-le-debut-de-la-crise-n107222/

 https://www.moneyvox.fr/actu/88648/inflation-a-5,2-le-calcul-de-insee-reflete-t-il-vraiment-augmentation-du-cout-de-la-vie#:~:text=Mais%20il%20ne%20prend%20pas,directement%20votre%20pouvoir%20d%27achat.

(2) Calcul du taux de croissance :https://www.journaldunet.fr/business/dictionnaire-economique-et-financier/1199057-taux-de-croissance-definition-signification-formules/

(3) Au total, plus de 1 700 produits sont suivis. Et pour cause : d’après la réglementation européenne, dès qu’un produit représente plus d’1/1000e de la consommation des ménages, ce dernier doit être intégré dans le panier de l’IPC. https://www.insee.fr/fr/information/4230346