Liberté, liberté chérie

La liberté est à la fois en opposition avec la sécurité et en même temps la sécurité nous assure la liberté. La liberté est un idéal. On se bat pour la liberté de son pays. Certains peuples se battent encore pour la liberté de pensée, de s’exprimer. On punit une personne en la privant de sa liberté, en l’emprisonnant. C’est un bien très précieux et très fragile.

Qu’entend-on par liberté, qui n’est que l’ensemble des droits dont la jouissance est accordée aux citoyens ? Avons-nous la liberté du choix de faire ce que nous voulons de notre vie, alors que pour la plupart d’entre nous, nous la subissons ?

Il faudrait déjà regarder où commencent et s’arrêtent nos libertés, toute liberté étant relative. Demandez à un patron s’il est libre de licencier un salarié de son entreprise comme il le souhaite ? Demandez à un ouvrier s’il est libre d’aller travailler quand il le souhaite ? Ou à un écolier, qui doit suivre des cours qui ne l’intéresse pas ? Nous sommes de plus en plus fichés, enregistrés : papiers d’identité, numéro de sécurité sociale, permis de conduire, carnet de santé, carte bancaire, déclaration de revenus, GPS….. Bébé est à peine né que sa nourriture est pesée, calculée par les nutritionnistes. L’école est obligatoire pendant treize ans. Non seulement, toute notre vie est régie par des lois, des réglementations, mais aussi par des us et coutumes, des religions, des qu’en dira-t-on.

La liberté n’est pas un concept simple, elle réclame notamment qu’on respecte les autres, la liberté des uns s’arrêtant où commence la liberté des autres. Elle n’est plus qu’une autonomie morale, (1) permettant à l’Humain de se déterminer dans ses convictions philosophiques, religieuses, politiques, de plus en plus contestée par les lois d’état d’urgence. La liberté serait de ne dépendre de rien, ni de personne. Pourtant, il faut le reconnaître et l’admettre, la vie en société ne serait pas tolérable, si elle n’était régie par certaines règles. Ces règles sont celles de la citoyenneté légiférées par l’État, complétées par un savoir-vivre en société ou ce que l’on nomme aussi politesse, civilités ou d’un vieux terme de galanterie.

La laïcité devait permettre l’expression d’une liberté religieuse pouvant se définir par le principe de : « Rendons à César, ce qui appartient à César et à Dieu, ce qui est à Dieu » en séparant la gouvernance de l’État des religions. En ne mélangeant pas ce qui est du domaine strictement privé du domaine public. Cela avait déjà été dit par un dénommé Jésus, il y a plus de vingt siècles. Cette liberté et cette laïcité sont cependant remises en cause par les autorités, les médias et les citoyens eux- mêmes, passant leur temps à nous parler de Français et d’étrangers habitant en France en les désignant par leur confession.

Egalité ou équité

« L’égalité entre les hommes est une règle qui ne compte que des exceptions »  a écrit Ernest Jaubert.

Malgré de belles déclarations écrites dans notre Constitution, si hommes et femmes sont égaux en théorie, ils le sont en réalité de moins en moins.. Sous la pression de minorités agissantes, croyant bien faire, a été décrété la parité dans l’emploi. L’on voulait aussi y rajouter la discrimination positive, idée venue des USA. Et c’est ainsi que s’est créé une fracture supplémentaire entre Français car elles sous-entendent une distinction entre les origines, le sexe… Ce n’est pas l’égalité véritable en matière professionnelle, qui ne devrait avoir qu’un seul critère : à compétence égale, comportements et traitements égaux.

L’égalité devrait reposer sur :

  • Le respect de l’autre que l’on doit considérer comme son égal
  • Les lois de la République, avec les mêmes droits et les mêmes devoirs envers la Nation et ses concitoyens

L’égalité n’est pas dans notre devenir tout au long de notre vie qui relève de choix personnels. C’est nous qui choisissons consciemment ou inconsciemment ce que nous deviendront. La véritable égalité est dans l’accessibilité aux secondes ou troisièmes chances que nous pouvons avoir, dans la possibilité de bifurquer à n’importe quel moment de notre vie. L’égalité sociale entre individus et l’égalité des chances ne se retrouve pas dans une utopie faisant de nous des êtres clonés. Ce sont nos choix qui font que nous sommes pauvres ou riches, bien ou mal dans notre tête, pantouflard ou aventurier. Mais l’égalité exige de la part de l’État, que tous ses citoyens aient droit aux mêmes chances, avec des lois qui soient les mêmes pour tous, afin de faire de notre vie ce que nous en souhaitons, car c’est nous qui choisissons ce que nous serons et ce que nous en ferons. L’État ne peut faire les choses à notre place, mais il doit nous en fournir les moyens.

Fraternité ou solidarité ?

Au lieu de parler de fraternité, on préférerait entendre solidarité, identique à celle d’une famille unie dont ses membres ont des caractères différents. La fraternité est un concept encore plus complexe que la liberté ou l’égalité, nos ego, nos égoïsmes primant souvent sur la solidarité. Les acquis sociaux se font souvent au détriment d’autres classes sociales ou d’autres corporations, engendrant une incompréhension et une rancœur légitime de la part de ceux laissés sur le bord de la route. Il est injuste, pensent-ils, que tout le monde n’ait pas la retraite au même âge. C’est oublier la pénibilité ou le danger d’un travail. Pourtant si on regarde de plus près, la somme de travail n’est-elle pas aussi pénible pour une femme seule ayant charge d’enfant avec plus de trois quart d’heure de transport/aller plus le retour pour assumer un emploi de secrétaire.

Pour qu’une société soit puissante, il faut qu’elle soit solidaire, unie. Les syndicats (2) en sont la preuve, puisqu’on leur demande pour prouver leur légitimité, de démontrer qu’ils sont capables de mobiliser non seulement leurs adhérents, mais aussi le reste de la population. Les citoyens, de leur côté, participent à la solidarité par le prélèvement des impôts que l’État redistribue, soit en travaux et services au bénéfice de la collectivité, soit en aidant les plus démunis.

Le chacun pour soi est une constatation dont il faut tenir compte et c’est ce qui fait notre faiblesse. Combien de personnes âgées sont mortes, seules, abandonnées, l’été 2004, sans même personne pour réclamer leur corps. Cela a été reproché au gouvernement en place, et les ministres n’ont pas osé nous rappeler que c’était notre voisin de palier, notre parent, qui était mort sans une main charitable pour le secourir, alors que nous avions la possibilité de frapper à sa porte et de nous enquérir de sa santé.  Pendant le confinement il y eu beaucoup d’actes de solidarité, mais faut-il que l’on soit le dos au mur pour le faire ?

N’oublions pas que nous sommes un pays d’immigrés depuis les Romains, en passant par les Celtes, les Anglais, les Italiens, Polonais, Ultra-marins, Asiatiques, , Arabes …. Apprendre à connaître nos différentes origines dès l’école est le premier pas de cette fraternité, que ce soit en peinture, littérature, musique, danse, gastronomie … toutes ces apports qui ont fait notre société.

Aujourd’hui on parle plus d’inclusion,  mot à la mode qui parle certainement plus aux jeunes que le mot fraternité.

Dès que l’on parle d’inclusion, l’on pense « Personne en situation de handicap».

Les personnes en situation de handicap.

On recense environ 12 millions de personnes en situation de handicap en France. Il y a aujourd’hui une confusion très importante entre handicap physique, mental, problème psychologique et problème social. Ce qui est d’abord en jeu, c’est un problème de considération profonde.

Nous sommes tous à un moment ou un autre en situation de handicap. Le handicap n’est pas forcément le fauteuil roulant. La mère de famille avec sa poussette est handicapée pour circuler au milieu de la foule sur des trottoirs étroits. La personne illettrée devant lire un horaire de train est handicapée de même que celle qui ne sait pas se servir d’un ordinateur pour faire sa déclaration d’Assedic ou demander une carte grise.

Changeons de méthode. Parlons de capacités et non de handicap. Aujourd’hui le terme RQTH (Reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé) pose un problème de visibilité. L’employeur peut avoir un doute sur la capacité du postulant. Or, un grand nombre de personnes ont pu démontrer leur courage et leur persévérance ; beaucoup vont d’ailleurs au-delà de leur handicap.

Changeons de vocabulaire ! L’accessibilité doit être revue en « aménagement pour faciliter le quotidien de tous ».

Arrêtons de faire croire que le manque d’accessibilité est seulement un problème pour les personnes à mobilité réduite. C’est une avancée pour tous, pour les cadis, les transports de palettes, les personnes âgées ou les mamans avec une poussette. Mettons en place une politique d’aménagement de nos territoires pour tous. Travaillons à un plan d’action : un plan politique d’Aménagement pour tous :

  • des lieux ;
  • des services et de l’emploi ;
  • des communications ;

Demandons à tous nos médias sponsorisés par la redevance et les multinationales de parler de tous nos handicaps, surtout au moment des pubs.

Mais cela ne suffit pas, il faut résoudre la question de ;

  • Comment inclure le handicap dans l’entreprise, sans toutefois pénaliser l’entrepreneur.
  • Revoir l’urbanisme, les modes de mobilités etc…
  • Il faut aussi revoir l’aide aux personnes handicapées ainsi que les allocations.
  • La place des enfants handicapés dans l’école, etc. …..

De nouvelles technologies pourraient aider à surmonter ces obstacles d’accessibilité et à ne pas détériorer le patrimoine, ainsi qu’à réduire le coût des aménagements, notamment avec la réalité virtuelle pour la visite de monuments. Elles feraient aussi découvrir de nouvelles sensations à des personnes qui en sont privées par manque de moyens pour voyager. (3) Ne pas croire que ce que l’on fait pour les uns ne peut pas servir pour les autres. Ces promenades en virtuel seraient aussi un nouveau concept et des débouchés pour le tourisme.

Civilisation écologique doit rimer avec mieux être pour tous


1 Les idées politiques, idéologiques, d’opinions, sont inscrites en France selon l’article 26 de la Constitution et réservées aux parlementaires. –«Aucun membre du Parlement ne peut être poursuivi, recherché, arrêté, détenu ou jugé à l’occasion des opinions ou votes émis par lui dans l’exercice de ses fonctions ». Elles sont toutefois restreintes par l’article 2 de cette même Constitution « Les partis et groupements politiques …. se forment et exercent leur activité librement. Ils doivent respecter les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie »
2 La représentativité d’un syndicat : http://www.neovote.com/syndicat-elections-professionnelles-du-personnel-dp-ce.php5

3 La grotte Cosquer reproduite à la Villa Méditerranée à Marseille est un bel exemple de ce sue l’on peut imaginer sans détériorer un patrimoine naturel devenu inaccessible pour beaucoup de monde.

https://www.grotte-cosquer.com/visitez-grotte-cosquer/