Croyant qu’ils faisaient passer la vie avant l’économie, pour la première fois, les États ont fait passer la santé avant la vie, la liberté, oubliant que l’on peut aussi mourir de solitude, de pauvreté, de faim. Cela aurait pu être une bonne chose si ce confinement avait été volontaire et non obligatoire. Chacun d’entre nous aurait su les risques qu’il prenait en sortant. Nous avons et aurons régulièrement des pandémies grippales. La plus célèbre, en 1918/19, a été la grippe espagnole. Depuis, deux autres ont fait leur apparition : la grippe aviaire et le SRAS. Chaque année, la grippe fait 600 000 morts dans le monde. En parle-t-on ? D’autres pandémies arriveront, transmises soit par la faune et la flore sauvages, soit par l’humain et sa technologie.

De même, à cause du changement climatique, le sol de notre terre pourrait nous transmettre des virus et des bactéries dont nous ignorons encore l’existence. Nous ne pourrons continuer à vivre dans des “cages” plus ou moins confortables, travaillant depuis chez nous, sans voir proches et amis, sauf à travers un écran. Faut-il pour cela supprimer la faune et la flore sauvages pour se prémunir ? Certainement pas. Il faut réapprendre à vivre en symbiose avec la nature, et là, nous revenons au commencement de nos réflexions. Et si tout se tenait ? C’est pour cela que la philosophie écologiste est tellement importante.

Cette symbiose avec la nature ne pourra pas se faire seulement avec des lois et des règlements. Ce sera la volonté de tous en général et de chacun en particulier qui y contribuera. Ce sera la volonté des peuples et non plus de quelques-uns. Une gouvernance pour le peuple et avec le peuple nous y aidera grandement.

Comme dans l’organisation d’une société, tout est imbriqué. Intégrons le développement durable dans tout raisonnement, mais ignorer la croissance démographique galopante de certains pays, tout comme la baisse des naissances dans d’autres, serait une erreur majeure. Nous sommes déjà plus de sept milliards d’humains sur Terre, et ce nombre devrait doubler dans les prochaines décennies. La démographie est un facteur crucial à prendre en compte pour construire un développement durable, voire soutenable.

Les prévisions pour 2050 sont alarmantes :

  • Doublement ou triplement des besoins alimentaires mondiaux. (1)

  • Nouvelle utilisation des ressources végétales pour la production d’énergie et d’autres bioproduits. En France, on estime que la surface dédiée à ces usages passera de 0,6 million d’hectares en 2005 à 7 millions d’hectares en 2050. (2)

  • Diminution de la Surface Agricole Utile (SAU). La France, par exemple, a perdu 3 millions d’hectares de SAU en 40 ans. (3)  À l’échelle mondiale, la surface agricole par habitant est passée de 0,5 hectare en 1950 à 0,3 hectare en 1990, et devrait tomber à 0,1 hectare en 2050.

Ces données nous obligent à repenser notre agriculture, notre urbanisme et nos politiques de développement. Les populations ont besoin de se nourrir et de vivre dignement là où elles sont nées. Les pays pauvres et surpeuplés tentent souvent de résoudre ces problèmes en se développant au détriment des pays riches, par la migration, l’expansion territoriale ou une économie d’exportation intensive. L’histoire nous enseigne que ces solutions ne sont pas durables, et pourtant, des pays comme l’Afghanistan, l’Irak, l’Iran, l’Afrique et l’Asie connaissent des situations de conflit, de famine et de détresse. Même des pays riches comme Israël, l’Afrique du Sud et l’Australie font face à des défis communs, notamment la pénurie d’eau.

La richesse du voisin peut engendrer de la jalousie et un désir d’avoir la même chose. Si les populations ne peuvent accéder à un niveau de vie décent par l’éducation, le progrès technique et scientifique, le développement des industries et du commerce, et un gouvernement stable, elles peuvent être tentées de le prendre par la force.

Aujourd’hui, les opinions divergent entre la décroissance économique “écologique”, qui est en contradiction avec la croissance démographique, et la poursuite de la croissance pour faire fructifier le capital. Il est pourtant urgent de s’engager dans un développement durable pour le bien-être de tous.

Le terme “développement durable” est souvent utilisé, mais il est important de se rappeler la définition du “développement soutenable” formulée en 1987 par la Commission mondiale sur l’environnement et le développement dans le Rapport Brundtland (4) : “un développement qui répond aux besoins des générations du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs”.

Ce concept implique deux aspects clés :

  1. Répondre aux besoins des plus démunis.
  2. Reconnaître les limites de l’environnement.

En somme, le développement durable vise à créer une harmonie entre les êtres humains et entre l’homme et la nature. Pour y parvenir, il faut :

  • Un système politique participatif.
  • Un système économique durable.
  • Un système social équitable.
  • Un système de production respectueux de l’environnement.
  • Un système technologique innovant.
  • Un système international coopératif.
  • Un système administratif flexible.

Ce sont les objectifs que tous les acteurs du développement, nationaux et internationaux, devraient s’efforcer d’atteindre avec sincérité et efficacité, mais si les acteurs de terrain ne se mobilisent pas, rien ne changera.

 

 

Références :

(1) https://www.chaireunesco-adm.com/Chapitre-Faut-il-doubler-la-production-alimentaire

(2) https://agronomie.asso.fr/aes-12-2-13

(3) http://sg-proxy02.maaf.ate.info/IMG/pdf/AGRIFRA07c-2.pdf

(4) https://www.pfi-culture.org/wp-content/uploads/sites/1052/2016/04/1987rapportbrundtland.pdf

Image générée par l’IA  ARIA d’Opéra