Le mot de la fin ou de la faim ?
Car nous avons faim de justice, d’égalité, de fraternité, de liberté et …
… de manger à notre faim.
Mais ce n’est pas vraiment le mot de la fin, car il nous faut encore parler de l’agriculture, de l’agro-alimentaire, de l’industrie, des énergies renouvelables et des énergies non polluantes, du nucléaire, de la santé, de la médecine libérale, de l’hôpital et de la sécurité sociale, de l’immigration, de la laïcité, de la culture et de la communication, de la politique étrangère, de la place de la France dans l’Europe et dans le monde, de la francophonie, de la monnaie, du budget et comment financer investissements et aides sociales, etc.
Bref, de quoi écrire encore un, si ce n’est deux tomes et beaucoup de travail en perspective pour le Cercle Sully.
Le passage d’un statut à l’autre
Dans les pages précédentes, nous avons pu entrevoir les opportunités proposées par des acteurs de terrain pour embrasser une civilisation écologique, qui ne doit pas être perçue comme une punition, mais plutôt comme une opportunité de reprendre le contrôle de nos vies au lieu de les subir.
Nous avons vu que si notre pouvoir d’acheter est en berne, il est en réalité beaucoup plus élevé qu’en 1950. Notre vie est de bien meilleure qualité et pour retrouver ce pouvoir d’acheter, c’est sur le logement qu’il faut agir sans toutefois pénaliser les investisseurs. Il est vrai que le tourisme en pâtira, mais en pâtira-t-il vraiment ? Même si nous n’avons plus d’aides sociales, nous pourrons plus facilement accéder aux activités que nous souhaitons exercer dans notre vie.
Bien sûr qu’il faudra revoir certains de nos critères, mais prendre moins sa voiture et respirer un air meilleur est-ce un si grand sacrifice ? Devoir donner un jour par an à la collectivité pour participer à la gestion de sa commune, est-ce une mission impossible ?
Bien sûr, une transition en douceur est nécessaire pour passer d’une société de consommation à une civilisation écologique. Cela ne peut pas se faire du jour au lendemain, mais plutôt progressivement, en impliquant les partenaires sociaux, les élus et les citoyens dans un processus de concertation. Cependant, cela nécessitera du courage politique de la part des dirigeants pour prendre des décisions audacieuses et amorcer ce changement. La question demeure de savoir quel président ou quel homme politique aura le courage de mener à bien cette transformation.
Question de choix
Faut-il laisser une place plus grande à l’individu et à sa liberté ? Ou au rôle de l’État, ce qui réduit la liberté de l’individu ? C’est la question fondamentale de la société française depuis des siècles.
C’est dans l’article 2 de notre constitution que l’on trouve la réponse « Son principe est : gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple » Sauf que la trop large abstention des électeurs est anti-démocratique. La plupart de nos députés élus représentent au premier tour une minorité d’environ 15 % des personnes qui auraient dû voter dans leur circonscription. C’est-à-dire les inscrits plus les non-inscrits. La « non–concertation » des citoyens concernés directement et indirectement est anti-démocratique. Nous voulons une démocratie participative, mais il n’y a même pas de citoyenneté participative. Nous sommes dans un régime qui à une part de dictatorial émit par une partie de la population, (celle des 15%) qui ont porté au pouvoir un parti politique, et/ou un individu. Dans ce contexte, comment peut-on légiférer sans faire de mécontents. Il faut que celui qui a la plus haute fonction de notre État oublie, ainsi que tous les Français, qu’il a été élu avec le soutien d’un parti, pour travailler avec TOUS les représentants de TOUS les citoyens, qu’ils soient de gauche ou de droite. Encore faut-il que les citoyens votent.
Cessons de renvoyer dos à dos la gauche « trop laxiste » et la droite « trop répressive ». Pour relever le défi de 2030 nous devons voir tout ce qui nous rassemble, pas ce qui nous divise, mais pour cela il faut que les mentalités évoluent, cessez de penser individuel et penser collectif. Responsabiliser tous les participants, qui de spectateurs, doivent se sentir concernés et passer au stade d’acteurs. Il ne faut pas se contenter de belles paroles, mais agir. Contester ne sert à rien. L’action, seule, est efficace. Jusqu’à présent, les solutions apportées n’ont pas les effets promis, il nous faut des idées nouvelles. Il faut cesser la politique actuelle qui engendre la destruction d’une nation.
Chaque fois que l’on se trouve devant un problème, ne pas oublier de se demander : Où allons-nous ? Vers quoi courons-nous si vite ? A la destruction ? Ou vers une vie meilleure ? Qu’est-ce que nous voulons ? Pourquoi ou pour quelle raison ?
Une civilisation écologique pour une liberté du choix de «son parcours de vie »
La liberté du choix de vie ne signifie pas permettre tout et n’importe quoi, puisque les impératifs de cette liberté sont le respect de l’autre et de notre environnement. La liberté est celle d’avoir le choix de mener la vie que nous souhaitons, sans contrainte, autre que celles de ces impératifs. Pour avoir la liberté, le choix, il faut permettre à tout le monde de vivre dans de bonnes conditions, afin que nous même puissions en profiter. C’est l’effet du miroir. Si ce que nous voyons dans le miroir est une belle image de nous, de notre environnement, nous nous sentirons bien.
Un choix dans les orientations scolaires
Un choix dans son activité
Un choix pour sa retraite
Une société libertaire au sens de liberté du choix de son parcours de vie, et non libérale au sens de la production, de la concurrence et de la consommation, ne peut s’épanouir que dans la sécurité. J’ajouterai qu’elle ne peut s’épanouir que dans le respect de l’autre.
La France, contrairement à ce qu’elle prône, n’est pas égalitaire dans ces lois, ces réglementations. La population a été scindée en catégories, en corporations, en classes sociales, en zones. Il y a des exceptions pour tout, et pour tous. Ce qui fait qu’il faut rentrer dans une catégorie, et que nous n’avons plus la liberté de choix, une fois entrée dans cette catégorie. Nous avons été mis sur des rails et avons d’énormes difficultés pour en sortir. Si nous ne rentrons pas dans les normes, nous sommes marginalisés. Certains esprits chagrins et pessimistes vous soutiendront que c’est dès le berceau que notre existence est forgée. On croit que l’enfant né dans une famille bourgeoise, aura droit à l’affection, les études, l’argent, les relations, les carrières de prestige. Pour l’enfant né dans une cité, à lui les difficultés à l’école, l’enfance malheureuse, les petits métiers, les fins de mois difficiles, la drogue, la délinquance. Ce qui sous-entendrait que, suivant l’endroit, ou la classe sociale dans laquelle nous naissons, nous ne pourrions rien changer à notre destinée. Or rien n’est plus faux, mais à force d’entendre certaines rumeurs, on finit par y croire. On finit par croire que l’on est bon à rien, incapable, qu’il y a une France d’en bas et une France d’en haut.
Je crois fermement que tout ceci est faux. Nous avons tous, je dis bien, tous, les mêmes chances. Ce ne sont pas celles que nous offre l’état, mais celles qui sont en nous, en notre volonté. Nous pouvons tous naître dans une cité et devenir un Zinedine Zidane, un Pierre Bérégovoy (1), ou un Gaston Monnerville (2) à force de travail, de ténacité, d’énergie, avec nos qualités et nos défauts. Nous pouvons tous, même avec des handicaps, devenir une Mimi Mathy ou un Djamel Debouz. Ils ont mis leurs atouts en avant ; humour, joie de vivre. Nous ne deviendrons pas tous des vedettes, des héros, nous sommes des gens ordinaires, mais nous avons tous un potentiel dont nous pouvons nous servir.
L’objectif est donc d’offrir à chaque individu les outils et les ressources nécessaires pour réaliser son potentiel, quelles que soient ses circonstances de départ, tout en reconnaissant que la volonté et la détermination individuelles jouent un rôle clé dans ce processus. Cette approche vise à créer une société plus juste et équitable, où chacun a la possibilité de choisir le parcours de vie qu’il souhaite suivre.
Ne pas être indifférent
Il n’y a rien de pire que l’indifférence ou la résignation. Quand il n’y a plus de sentiments, de buts, de critiques, de discussions, de passion, d’amour, la porte est ouverte à toutes les dérives.
Ne restons pas indifférent à ce qui nous arrive. La politique, les politiques, sont l’affaire de tous. Que l’on soit de gauche, de droite, du centre, des extrêmes, nous avons tous des idées, qui ne sont pas forcément mauvaises. Avec l’aide de tous, en mettant les idées en commun, en en discutant, en arrivant à des consensus, nous pouvons avancer vers un redressement, une vie meilleure pour nos enfants. Un programme sans changement de cap, qui sera suivi sur une génération au moins, est indispensable. Les gouvernements qui se succéderont devront suivre ce plan en l’améliorant, si cela est possible, en le gérant au fils des ans, avec les événements survenus de l’extérieur. Ils n’auront pas la tâche facile, mais cela vaut la peine d’essayer.
Certaines approches de sujets ont pu vous choquer, Trop de tabous, trop de non politiquement correct. Il faut appeler un chat, un chat, et nous n’avons pas l’habitude de le faire.
Il est certain que nous serons toujours mécontents. Nous en sommes conscients. C’est ce qui fait notre individualité.
Certains, nous dirons réformistes, utopistes. Pourtant rien n’est inventé. Tout ce qui est proposé existe ou a existé soit en France, soit dans des pays étrangers. La VAE, VAP, les valeurs d’enseignement, le portefeuille de compétences, l’intérim, l’externalisation de la paie, des ressources humaines, les métropoles, l’indemnisation des victimes, etc… Nous n’avons fait que chercher ce qui avec une vision globale, en les rassemblant pouvait avoir un sens et nous permettre de relever ce défi pour 2030.
Je crois fermement qu’une vision n’est pas un phantasme. Une fois réalisé, il en faut un autre. Une fois le but atteint, il en faudra un autre, plus lointain, plus grand, plus idéaliste. Une idée, un concept, une philosophie, se doit d’évoluer après un certain laps de temps. Si elle ne le fait pas, la société qui repose sur sa conception disparaît. C’est ce qui est arrivé aux civilisations antiques, à la monarchie de droit divin, au communisme. C’est ce qui risque d’arriver à notre société de consommation et à notre République.
Certains diront qu’ils sont mieux placés que nous pour savoir ce dont la France et les Français ont besoin. D’autres diront que c’est de l’utopie. Mais l’utopie, c’est aussi la sagesse de la folie. Avoir l’audace de croire qu’avec de la bonne volonté, on peut déplacer des montagnes. Nous avons sur ce sujet des références: Coluche a créé les « restos du Cœur », l’abbé Pierre les chiffonniers d’Emmaüs, et tant d’autres ont fait alors qu’ils n’avaient rien. Rien si ce n’étaient des idées simples. Avec une confiance indéfectible en ce qu’ils croyaient, ils ont lutté pour les autres, contre la faim, contre l’exclusion. Des idées tellement simples, que personne n’y pensait ou n’osait faire le premier geste, par peur du ridicule. Ils ont montré le chemin, et leurs œuvres continuent après leur mort.
La société évolue et change, et ceux qui ont la capacité de voir au-delà des limites actuelles et de repousser les frontières de ce qui est possible peuvent jouer un rôle essentiel dans la création d’un avenir meilleur pour tous.
Blanche de Weerdt – Co-fondatrice du Cercle Sully
(1) Pierre Bérégovoy a commencé avec un CAP d’ajusteur et finit ministre d’Etat sous la Présidence de François Mitterrand, puis 1er Ministre en 1992 – https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Bérégovoy
(2) http://www.senat.fr/senateur/monnerville_gaston000677.html)

Rétroliens/Pings