Comment ramener la paix ?

Il va falloir trouver autre chose pour ramener la paix et la sécurité dans notre pays que ce que nous propose le livre blanc de la sécurité intérieure.

Fini l’idée de discrimination positive qui a fait couler beaucoup d’encre marquant des différences entre tous les Français, et qui a pu faire croire à certains qu’il fallait leur donner la priorité parce qu’ils auraient pu être « différents » ? Cela s’appelle du racisme et la question se pose : Comment personne n’a pu le voir, le comprendre, tout comme la parité est du sexisme et pas de l’égalité. D’ailleurs le Conseil Constitutionnel s’y était à l’époque opposé.(1)

Ce n’est pas parce que l’Union Européenne nous a obligés à transcrire la LOI n° 2008-496 du 27 mai 2008 portant diverses dispositions d’adaptation au droit communautaire dans le domaine de la lutte contre les discriminations que l’on ne peut pas l’adapter pour une égalité par compétences.

Dans un rapport datant de 2004 le Conseil Constitutionnel estime avec raison que « Dans ce domaine, les seules différenciations admises par la Constitution de 1958 (art. 3) touchent à l’âge, à la possession des moyens intellectuels ou à certaines condamnations, car il s’agit de matières dans lesquelles la Constitution prohibe toute discrimination. Pour le reste, la loi doit être ” aveugle ” à des caractéristiques comme le sexe, la religion, la race etc… Cela avait été expressément énoncé par le Conseil constitutionnel en 1982 à propos des ” quotas de femmes ” sur les listes municipales. Sauf révision constitutionnelle (elle est intervenue en juillet 1999), aucune discrimination, ni négative bien sûr, ni même positive n’est admise par le Conseil.(‘2) Ces principes fondamentaux s’opposent à ce que soient reconnus des droits collectifs à quelque groupe que ce soit, défini par une communauté d’origine, de culture, de langue ou de croyance “.

Cette obligation constitutionnelle de prendre en compte les ” capacités, les vertus et les talents ” (à l’exclusion de tout autre critère) a été rappelée par le Conseil au législateur en 1983, à propos de l’accès à la fonction publique, s’agissant d’un projet de loi qui tendait à fonder en partie ce recrutement sur un critère de ” représentativité “

Alors que faire ?

Commençons par les traiter comme vous et moi, c’est-à-dire appliquons respect et politesse, comme tout le monde

Monsieur, Madame, Vous, sont les premiers mots que non seulement ils doivent apprendre, mais que nous devons employer envers ces jeunes. On a l’expérience de l’âge, du métier, on a des droits, mais on a encore plus de devoirs, parce que nous sommes des passeurs de savoir, de savoir-faire et de savoir-être. Essayez, commencez, faites l’expérience et vous verrez la réaction et le changement d’attitude.

Une petite anecdote très parlante. Une de nos membres raconte : « Cela se passait à la gare Saint Charles de Marseille. Trois policiers effectuent un contrôle de papiers. J’attends le train et je suis assise à côté d’un homme très basané. Les policiers ne sont sont pas adressés directement à lui, mais ont commencé le contrôle par moi, puis ensuite par mon voisin, en lui parlant de la même façon, aussi poliment qu’à moi, une dame de 75 ans et avec les mêmes mots. Les papiers n’étaient pas en règle, mais tout s’est bien passé en douceur et je n’ai pas eu l’impression que cet homme en voulait aux policiers ». Comme quoi tout est dans la manière.

Dans les années 50, on entendait dire dans les quartiers populaires  : « Pour être un homme, il faut avoir fait son service militaire ou avoir été en prison ». Les temps ont changé, il n’y a plus de contingent. Que reste-t-il pour ces jeunes des cités qui sont très machos, (car c’est plus ou moins dans leur éducation familiale et religieuse), pour prouver qu’ils sont des hommes ? La « castagne » comme on dit à Marseille devient de fait la règle et le défouloir.(3)

Pourquoi ne pas apprendre à ces jeunes à se battre sur des terrains militaires, avec les forces de l’ordre, les militaires, à recevoir des coups, mais aussi qu’ils apprennent à la police, à l’armée la tactique des combats de rues. Cette jeunesse est aussi lucide sur les faiblesses des forces de police « Qu’on donne à ces policiers-là des armes, des grenades de désencerclement, des trucs pour tuer à des gens qui n’ont même pas d’exercices pour la gestion du stress,” (4)

Parce que si on regarde bien ce qui se passe, si jamais la guerre du front d’Ukraine arrive à nos portes, nous aurons une armée entraînée à la guérilla, bien plus efficace que toutes les armées, qui ont toujours perdu les combats face aux guérilleros. Maintenant, il faut se demander comment les mettre de notre côté et pas contre nous.

Pour cela, il faut écouter leurs besoins, encore faudra-t-il qu’ils participent aux réunions de citoyenneté participative sinon comment connaître leurs besoins. Les associations qui font un travail énorme sur le terrain se plaignent avec justesse, que lorsqu’une animation gratuite d’un goûter est à l’ordre du jour, le monde afflue, mais pour discuter de problème, il n’y a personne. Ce n’est pas forcément de l’argent, des aides financières (ils détériorent ce que l’État à construit pour eux), c’est comme pour tant de métiers, tant de personnes … de la reconnaissance. Mais cette participation ne peut se faire à sens unique. Elle doit être commune aux deux parties sans cela il ne peut y avoir de dialogue.

Il faut être conscient que cela ne se ferra pas en un jour, ni en un an. Cela va être une longue reconstruction qu’il va falloir faire avec les maires, les imams, les associations, les parents et aussi avec eux.

Les algorithmes ou l’enfermement sur une image restreinte de la société

Quand vous entendez ce terme, la première image qui vous vient à l’esprit ce sont les réseaux sociaux.

Tout d’abord le temps passé devant écran, parents et enfants. Un bon moyen est de s’auto-contrôler et vous serez sans doute effrayé par les heures perdues à surfer sur Facebook, à regarder les petits chats, les chutes hilarantes, qui n’ont qu’un seul but vous faire rester devant l’écran. Les fake news : la nouvelle est incroyable, vite je la partage. Malgré que c’était une information fallacieuse, une infox. vous avez été identifiés par l’algorithme de Facebook comme favorable à l’information véhiculée. Petit à petit vous êtes catalogué et enfermé dans une bulle dans laquelle vous ne verrez plus d’information contradictoire, car elles seront rejetées pour vous présenter des publications favorables à votre état d’esprit.

Le travail préventif

Il y a malheureusement toute une éducation de prévention à faire, que ce soit pour l’usage des réseaux sociaux, des réflexes à prendre, des questions à se poser. Le travail préventif commence par la famille et les violences intrafamiliales, difficiles à détecter parce que d’ordre privé.

 


(1) Le Conseil Constitutionnel s’est exprimé à plusieurs reprises contre le principe de la discrimination positive.

Le principe de discrimination positive consiste à favoriser certaines personnes ou certains groupes de personnes victimes de discriminations (raciales, religieuses, sexuelle, etc.) dans le but de rétablir l’égalité des chances.

https://www.justifit.fr/b/guides/droit-penal/tout-comprendre-discrimination-positive/
(2) file:///D:/DOSSIERS%20PROGRAMMES/DROITS%20DU%20CITOYEN/Egalité/les%20discriminations%20dans%20la%20jurisprudence.pdf
(3) Boris Cyrulnik explique très bien dans un article paru dans le Point « Ces enfants sont désespérés car ils ne sont pas tutorisés ». https://amp.lepoint.fr/2527640
(4) https://france3-regions.francetvinfo.fr/provence-alpes-cote-d-azur/bouches-du-rhone/marseille/emeutes-apres-la-mort-de-nahel-des-casseurs-s-expriment-2806571.html