La pandémie de Covid-19 nous a clairement démontré que l’économie dépend certes du capital, mais elle repose avant tout sur les hommes et les femmes, qu’ils soient dirigeants ou salariés. Elle repose aussi sur la solidarité. Un exemple concret de cette réalité se retrouve dans le domaine médical, où les soignants se sont révélés irremplaçables. Mais pour qu’ils puissent faire leur travail, d’autres personnes se sont portées volontaires pour les conduire sur leur lieu de travail, pour s’occuper de leurs enfants, et d’autres encore pour récolter les légumes qui allaient nourrir leurs familles. De plus, d’autres personnes ont fabriqué les masques et les blouses nécessaires à leur protection.
Le rôle des Centres de Gestion des Activités (CGA)
Un guichet unique pour gérer l’activité et l’emploi
Pour garantir une transition efficace vers ce modèle, la création de Centres de Gestion des Activités (CGA) est essentielle. Ces centres assureraient la gestion des ressources humaines et de l’activité des individus, en s’inspirant du concept de Sécurité Sociale Professionnelle proposé par Pierre Cahuc et Francis Kramarz. (1)
Ces Centres de gestion existent déjà dans la fonction publique. (2) Ces centres de gestion sont des établissements publics locaux à caractère administratif, organisés en principe dans chaque département. En application du principe de spécialité des établissements publics, les centres de gestion sont compétents pour exercer des missions concernant le personnel de l’ensemble des collectivités territoriales et de leurs établissements.
Mutualisant Agences d’Intérim et France Travail, les CGA permettraient :
- Une externalisation des ressources humaines : les entreprises pourraient déléguer cette gestion aux CGA pour se concentrer sur leur cœur de métier.
- La mise en place d’un Contrat à Durée Indéterminée (CDI) unique, offrant plus de stabilité aux travailleurs tout en simplifiant le Code du Travail.
- Une gestion centralisée des missions et des déclarations d’activité, incluant les formations, les congés et le suivi des parcours professionnels.
- Une réduction des fraudes aux aides sociales, grâce à un suivi individualisé des contributions et revenus, car tout comme on est inscrit à la Sécurité Sociale, nous serions inscrits dans un CGA.
L’automatisation et l’IA faciliteraient la gestion de ces centres, rendant possible une prise en charge efficace de millions d’individus tout en garantissant une flexibilité dans l’organisation du travail.
Vers une nouvelle dynamique de croissance
L’inclusion du travail invisible, de la robotisation et de l’IA dans le calcul du PIB ouvre la voie à une économie complémentaire plus équitable et équilibrée, valorisant toutes les formes d’activité, qu’elles soient rémunérées ou non, humaines ou automatisées.
Si l’économie circulaire implique dans sa philosophie une réduction de la production matérielle, elle n’en demeure pas moins créatrice d’emplois. Cette transition vers une économie complémentaire ne signifie pas un appauvrissement, mais une transformation où le travail invisible joue un rôle clé dans la résilience et la solidarité de la société.
Ce modèle économique, en révisant les mécanismes de redistribution et d’évaluation, nous invite à une réflexion profonde sur la valeur de chaque contribution, qu’elle soit humaine ou automatisée, rémunérée ou non. Il est temps de reconnaître et de respecter la contribution de tous les citoyens, pour une société plus équitable et plus en phase avec les défis du XXIe siècle.
Références :
(1) https://www.vie-publique.fr/files/rapport/pdf/054000092.pdf
(2) https://www.collectivites-locales.gouv.fr/fonction-publique-territoriale/les-centres-de-gestion
Image générée par l’IA ARIA d’Opéra

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