PARTIE I
Les besoins
“La civilisation, au vrai sens du terme, ne consiste pas à multiplier les
besoins, mais à les limiter volontairement. ….. Il faut un minimum de
bien-être et de confort ; mais, passé cette limite,
ce qui devait nous aider devient une source de gêne.
Vouloir créer un nombre illimité de besoins pour avoir ensuite à les
satisfaire n’est que poursuivre du vent.
Ce faux idéal n’est qu’un traquenard.”
Mahatma Gandhi – Lettre à l’âshram, 1971
Commencer par le commencement, aurait dit La Palice, en posant la question :….
Quels sont les besoins des Français ?
Les besoins n’ont pas changés depuis le mouvement des Gilets Jaune, il sont encore plus présents.
Les besoins de la plus grande majorité d’entre nous sont toujours les mêmes, alors que ceux-ci ne sont ni entendus, ni traités comme il se devrait. Ce sont toujours des besoins de paix, de sécurité, de justice, d’égalité, de buts et d’idéaux ainsi que des besoins de logements, de services de santé, d’éducation et de formation, de services publics dont nous avons besoins et qui nous manquent de plus en plus cruellement, sans oublier bien sûr le pouvoir d’achat. Ce n’est malheureusement pas avec l’argent du « quoi qu’il en coûte » et des aides sociales que l’on peut résoudre les conséquences de certains problèmes alors que l’on ne traite pas les causes. Il était logique que ce « quoi qu’il en coûte » devait être un jour remboursé. Nous sommes aujourd’hui devant le fait accompli.
Et plus le temps passe sans solution effective sur le terrain, sans solutions sociétales, sans solutions diplomatiques pour les pays en guerre, plus le tonneau de poudre sur lequel nous sommes assis risque d’exploser, la mèche allumée se raccourcissant de plus en plus.
On ne pourra ni vivre, ni même créer le monde rêvé des khmers verts et encore moins celui des bisounours écologistes, si on ne reconnaît pas avec sagesse et clarté, la vérité. Ce monde n’existe pas et n’existera pas si c’est par la peur que l’on souhaite nous y faire entrer. Si c’est par la force, à coup de 49,3, à coup de vandalisme et de sabotage menés par des associations « écologistes ». La peur va déformer, dédaigner, détruire, alors que nous sommes simplement à l’aube d’une nouvelle société qui se veut résiliente face aux défis climatiques et en même temps porteuse de bien être : « la civilisation écologique ». (1) Une évolution de la société qui commence par l’étude de la nature pour mieux la comprendre, s’adapter et vivre le plus possible en symbiose avec elle. C’est aussi celle d’une révolution industrielle avec la robotique, l’Intelligence Artificielle, le remplacement, non seulement de nos énergies fossiles, mais aussi de toutes ces matières premières issues des matières fossiles se transformant en montagnes de déchets (plastiques, tissus, etc.). Ainsi, la peur pourrait être notre plus grand ennemi pour aborder ce tournant. C’est par la peur comme l’explique Noam Chousky, (2) que les gouvernements veulent nous faire agir.
L’ONU, l’Europe et le gouvernement nous ont fait passer la lutte contre le réchauffement climatique en premier, avec comme objectif la neutralité carbone, alors qu’il faudrait faire passer la paix et la sécurité avant. La Chine est à la pointe de cette gouvernance par la peur, avec des contraintes, de la surveillance, et même de la délation encouragée par le gouvernement pour favoriser des modes de vie plus « verts ». (3) Pourtant, cette civilisation écologique pourrait être un but, un idéal, mais vouloir l’atteindre par la peur et la contrainte est contraire au but recherché.
Nous faire croire que tout redeviendra comme avant est utopique, Rien ne reviendra comme avant. Nous ne pouvons que nous adapter et aller de l’avant. Il faut simplement le voir comme une opportunité que la Nature nous offre sur la réflexion de notre devenir et en saisir tout le côté positif. Innover au lieu de courir après on ne sait quoi ….
Il ne s’agit pas de présenter un monde idéal mais simplement de montrer factuellement que les avancées sociétales et scientifiques ont apporté un monde bien meilleur et plus pacifique que jamais auparavant. Les problèmes auxquels l’humanité fait face depuis des milliers d’années ont été résolus un par un et nous sommes en bonne voie d’en résoudre la grande majorité. Pour ne donner que quelques exemples : Les droits de l’homme, la pénicilline, l’électricité et Internet ont sauvé bien plus de vies dans le monde que bien d’autres choses auparavant.
L’humanité doit faire face à un danger climatique que nous sommes en mesure de voir venir grâce à la science moderne. D’autres n’ont pas eu cette chance car il ne s’agit aucunement du premier bouleversement climatique que l’humanité a connu ; Il y a 10 000 ans, lors de la fin de la dernière glaciation, la remontée rapide des eaux a sans doute éradiqué les premières civilisations naissantes près des rivages et aux bords des fleuves, le niveau de la mer étant 150 mètres plus bas ! Il y a 56 millions d’années, certes l’homme n’était pas encore là, le climat était plus chaud de 6 degrés en moyenne ; des hippopotames et des crocodiles vivaient au Groenland actuel…
Quelles que soient nos actions immédiates nous allons faire face à de nombreux changements difficiles et dangereux, les conditions naturelles vont être plus difficiles mais l’espèce humaine ne va pas s’éteindre et il ne va pas y avoir d’apocalypse ! Comme notre espèce l’a toujours fait, nous allons nous battre et nous adapter : notre expérience sociétale, nos connaissances scientifiques et la prise de conscience de notre responsabilité vis à vis du vivant n’ont jamais été aussi grandes.
Dans le monde qui nous attend, nous devons augmenter notre résilience en premier. Pour donner quelques exemples, nous ne pourrons éviter les tempêtes, les inondations, les vagues de chaleur ou les sécheresses, mais nous pouvons les anticiper et faire en sorte de nous remettre vite dès que le danger est passé. Cela veut dire de grands travaux sur notre territoire pour améliorer les digues ou les créer, construire de grands réservoirs pour garder l’eau de l’hiver, équiper les maisons pour lutter contre la chaleur, construire de nouvelles sources d’électricité car cette énergie va être essentielle pour faire face à toute cette demande et rendre le réseau électrique résiliant aux catastrophes afin qu’il ne tombe pas en panne.
Le quotidien aujourd’hui se construit malheureusement non seulement sur la peur, mais aussi avec des barrières. Les frontières bien sûr, les diplômes aussi, les cultures enfin. Nous cloisonnons, nous comptons. Nous devons cocher les petites cases des CERFA. Nous avons depuis peu, les vaccinés et les non vaccinés, les élites et la France d’en bas, les jeunes et les seniors, les hommes et les femmes, le public et le privé, etc… Si ces classifications sont ordinaires, malheureusement elles deviennent confrontations.
Les politiciens quels qu’ils soient s’appuient sur ces clivages pour les monter en épingle, pour établir leurs propositions. Nous n’irons pas loin si nous nous construisons des murs.
L’acceptation de cette révolution pacifique exige une détermination massive du peuple, mais aussi une grande sagesse et un grand courage des politiques, à commencer par comptabiliser la facture des guerres qui ravagent notre planète et qui sont exemptées du bilan carbone, que ce soit pour la fabrication des armes, leurs emplois, et les dégâts provoqués sur l’environnement et sur l’humain. Qui est conscient que ces mêmes états d’un côté obligent les entreprises et les particuliers à un régime drastique de décarbonisation et de l’autre augmentent de façon conséquente les GES ?
(1) La civilisation écologique : https://www.cairn.info/revue-multitudes-2019-3-page-86.htm
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Noam_Chomsky et http://lanredec.free.fr/polis/20050716_tr.html
(3) https://www.cairn.info/revue-green-2021-1-page-121.htm

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