Pour quel avenir ?
Bien que reconnaissant qu’il existe un facteur humain, l’économie ne peut être réduite à une simple équation mathématique, ignorant la complexité de la conscience humaine, les aspirations individuelles et collectives, ainsi que les valeurs éthiques qui guident nos choix. Les économistes qui conseillent les États ont souvent tendance à traiter les populations comme des bataillons au service d’un “état-roi”, focalisant sur la croissance du produit intérieur brut (PIB). Cependant, le bien-être de notre société englobe bien plus que la croissance économique. Il concerne la qualité de vie, la préservation de la planète, la cohésion sociale et la justice.
Une approche plus équilibrée et humaine de l’économie est nécessaire pour répondre aux défis de notre époque. Elle doit mettre en avant la créativité humaine, les aspirations collectives et une vision de l’avenir qui dépasse la simple croissance économique. Notre réalité actuelle exige une réflexion profonde sur nos valeurs, nos priorités et notre vision collective.
L’harmonie de notre société est semblable à une toile complexe où chaque élément est interconnecté. Si l’un des maillons est manquant, fragile ou instable, cela perturbe l’ensemble. Une politique globale incohérente et un défaut de suivi des mesures mises en œuvre contribuent au déclin économique et écologique. Toute tentative de relance sera superficielle si nous ne changeons pas les fondements de nos habitudes et de nos raisonnements.
Les lois ont adapté l’éthique à l’économie et à la consommation, plutôt que l’inverse. Il est nécessaire de rétablir l’équilibre entre les valeurs d’un avenir durable et la course à la croissance du PIB. Cela exige une réflexion approfondie sur nos priorités collectives et individuelles, ainsi que sur notre rôle en tant que citoyens responsables. La cohérence, la vision à long terme et l’éthique doivent guider nos décisions politiques et économiques pour créer un avenir plus équilibré et durable.
Notre réalité du présent a d’autres besoins que celui de l’argent. Même si la croissance économique est nécessaire, notre présent doit, avant tout, être une idée de notre devenir. Comment le souhaitons-nous ? Replié sur nous-même ou plus ouvert sur le monde ? Anticipant un manque de ressources, souhaitant laisser à nos enfants une planète préservée ou « après nous le déluge » ?
Pourquoi parlerons-nous d’avenir durable et pas de développement durable ?
Le choix des mots est important, et si la mayonnaise ne prend pas, c’est que les ingrédients et le tour de main ne sont pas bons. Vous aurez beau ajouter de l’huile, ce sera inutile.
On a beaucoup parlé de développement durable, mais qu’est-ce que c’est réellement ?
Au Cercle Sully, il nous a été donné une définition intéressante de cette durabilité : D’une part, le développement économique, qu’il soit rapide ou lent, finira par atteindre ses limites à un moment donné, que ce soit plus tôt ou plus tard dans l’échelle des générations. Le terme “durable” peut suggérer l’idée d’infini ou d’éternité, mais la réalité est que rien ne peut se développer indéfiniment.
Il n’y a que deux options possibles pour que le “durable” dure : figer le développement a un stade donné, autrement dit arrêter toute notion de croissance. Nous ne serons plus dans du développement mais de la stagnation durable. Or, il est bien connu que ce qui n’avance pas recule, ipso facto cette situation ne sera stable qu’en apparence, mais sera rongée par un cancer intérieur qui fera pourrir la situation.
On peut croire pouvoir espérer un répit avec la décroissance, mais ici aussi c’est un piège : pas de développement = mort à court ou moyen terme.
Notre modèle de croissance n’est pas compatible avec un équilibre environnemental mais nous avons la chance de pouvoir basculer vers une nouvelle société en alliance avec tous les écosystèmes. Une civilisation écologique, une civilisation en osmose avec la terre.
Mais comment faire, puisque nous sommes devenus entièrement dépendant de la mondialisation ? Alors que la France et l’Europe se retrouvent sous la férule des institutions mondiales, des GAFA, des multinationales, elles pensent qu’elles seront plus fortes à 27 pays ! Vrai pour avoir un plus grand marché. Faux, pour leur indépendance politique et économique. Les amendes infligées par les États-Unis aux différentes banques parce que leurs clients ont commercé avec un pays mis sous embargo par les États-Unis prouve le contraire. La vente d’Alstom aussi.
Pour se préparer à une civilisation écologique, notre plus grand défi d’aujourd’hui, sans toutefois sortir de l’Europe et de la mondialisation, est de retrouver notre autonomie:
- Autonomie agricole,
- Autonomie industrielle,
- Autonomie énergétique,
Ne pensons plus et ne parlons plus de développement durable, mais d’ …

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