L’Homme, l’oublié des grandes causes

On nous parle de grandes causes – réchauffement climatique, croissance économique, environnement, pouvoir d’achat, criminalité, sécurité, éducation, pauvreté, inégalités, et maintenant la guerre – mais n’avons-nous pas oublié l’Humain ? Non pas comme un pion sur l’échiquier mondial, une simple unité de main-d’œuvre et d’intelligence mesurable, mais comme un individu pensant, porteur d’un potentiel immense.

À travers les ateliers du Cercle Sully, c’est une constatation que nous avons faite. Nous en étions conscients, mais là, nous en avons eu la preuve.

L’importance de l’individu va au-delà de son rôle économique. Les discussions sur les grandes problématiques mondiales se focalisent sur les statistiques et les chiffres, occultant la dimension humaine.

L’humain, avec sa capacité à penser, à créer, à ressentir et à s’adapter, est bien plus qu’un simple facteur de production. Il est porteur d’un potentiel immense, non seulement en termes de travail et d’intelligence, mais aussi en termes de créativité, d’innovation et de bien-être.

Pensez à toutes les initiatives citoyennes, aux mouvements artistiques, aux découvertes scientifiques et aux innovations technologiques qui naissent de la créativité et de l’engagement des individus. C’est ce potentiel qui devrait être au cœur des préoccupations des pays, et non uniquement la croissance du PIB.

Cette course au PIB, initiée par la mondialisation, a débuté après la Seconde Guerre mondiale. Les États-Unis, à l’origine de ce processus, ont promu un système économique basé sur des règles et des normes, influençant ainsi le commerce international et les relations économiques. Cette mondialisation a, par la suite, engendré une spéculation agro-alimentaire et la mondialisation de la finance.

Alors que nous sommes dos au mur, pour répondre à la crise que nous subissons, il faut s’en donner les moyens. Mais pour quelle France ? La France des « élites » ? La France de la finance ? Ou cette France oubliée des petites mains ?

Qui est-elle ? Celle des statistiques ou celle forgée par la participation de chacun d’entre nous, dont l’histoire et la contribution sont essentielles à l’identité nationale. Qui sommes-nous ?

Nous oublions trop souvent nos racines. Nous sommes tous descendants d’immigrés ou de migrants, depuis les Vikings et les Romains. On garde en mémoire nos origines quand on choisit d’habiter ailleurs. Depuis la création du royaume Franc, nous, Français, avons, soit par naissance, soit par choix, participé à l’Histoire de la France, à sa prospérité, à sa défense. Nos cœurs battent d’un seul rythme pour elle lors d’un match de foot ou de la remise d’une médaille olympique, mais notre richesse, c’est d’avoir à la fois su garder des origines celtes et en même temps s’enrichir de cultures différentes. Si nous avions tous dû nous fondre, nous assimiler, en une seule et même culture, nous ne connaîtrions pas le tango, nous continuerions à danser le rigodon, la gavotte et le menuet, à moins que ce ne soit dans la continuité de la toge et des bains romains.

Sans avoir attendu la dernière vague d’émigrés venant d’Afrique du Nord, la France était déjà plurielle de par ses origines métropolitaines et régionales. Les Ch’tis n’ont pas les mêmes coutumes et langue que les Provençaux ou les Basques. Ce qui fait la force de la France, c’est la France des régions, sa diversité du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, sans oublier ses territoires d’Outre-mer.

Une identité que nous nous devons d’assumer, celle du pays dans lequel nous vivons, parce que nous l’avons choisi, avec ce qui nous a marqué et démarqué pendant des décennies : la douceur de vivre.

Mais…

Image générée par l’IA  ARIA  d’Opéra