VOUS AVEZ DIT AUTORITÉ ?
Qu’un ancien militaire vous parle d’autorité. Vous ne serez pas surpris. Si de plus après être militaire il fût éducateur chez les jésuites, cela vous semble évident, et si en plus il est père d’une famille nombreuse, c’est logique c’est LE spécialiste. Eh bien en réalité j’ai découvert que nous ne parlions pas de la même chose.
L’autorité militaire est donnée par le grade, la hiérarchie étant comme chacun sait, une science exacte. De plus l’Institution fait en sorte que l’environnement professionnel soit organisé pour que l’autorité ne soit pas remise en cause. Les derniers articles sur le devoir de réserve des militaires nous le rappelle de manière opportune. Nous apprenons à donner des ordres, non à avoir de l’autorité. Celle-ci, pour ma part, n’est acquise que par l’exemple, et le respect de ses hommes. Nous apprenons également à commander, pas à diriger, c’est là une grande différence dans l’approche des problèmes, et il devient nécessaire de devenir un « manager » et non un « commandeur ». Il faut ainsi faire adhérer l’équipe à son projet, à ses objectifs, écouter ses collaborateurs. L’objectif n’est pas acquis avant que l’équipe n’y adhère. Alors quand les grands chefs militaires écrivent des livres, des notes sur l’art de commander pour le vendre aux entreprises, ces dernières découvrent que commander ce n’est certainement pas diriger.
Le rôle de l’éducateur et son autorité. Nous découvrons là le sens originel du mot autorité. Je vous laisse le découvrir.
« Autorité » est un terme provenant du nom latin auctoritas.
L’auctoritas romaine était l’apanage du Sénat, qui n’avait pas de pouvoir décisionnaire ni de pouvoir exécutif, contrairement à la potestas (pouvoir), qui imposait la force au peuple.« Potestas in populo, auctoritas in senatu », dit d’ailleurs l’adage populaire depuis Cicéron. L’auctoritas était donc la qualité et la légitimité des Anciens, qui l’avaient eux-mêmes obtenue, par héritage et transmission, de la part de ceux qui avaient posé les fondations pour toutes les choses à venir. Les détenteurs de l’auctoritas étaient ainsi les garants de la fondation sacrée.
Il est déjà intéressant de constater que l’autorité n’est pas synonyme de pouvoir. Elle peut même exister sans la force du pouvoir et, bien plus, incarner un contre-pouvoir d’ordre symbolique
Le verbe augeo, dont provient l’auctoritas, signifie faire naître, augmenter, produire à l’existence. D’après Benveniste (1969, p. 148 sq.), augere consiste avant tout à poser un acte créateur, fondateur, voire mythique, qui fait apparaître une chose pour la première fois. Bien évidemment, dans la même racine étymologique, l’auteur (auctor) est celui qui fonde une parole et s’en porte le garant. Ce terme était particulièrement employé pour les historiens, l’auteur étant celui qui crédibilise une parole concernant l’héritage et le passé.
Ainsi, la personne faisant autorité serait non seulement détentrice d’une puissance d’ordre symbolique, constituée notamment par l’héritage et la filiation, mais pourrait être aussi une personne elle-même fondatrice de quelque chose d’inouï et d’inédit… » Chapitre 1. Histoire et étymologie de l’autorité Ariane Bilheran Dans L’autorité (2016).

Il n’y a donc d’autorité que lorsque vous faites grandir, croître. Lorsque la personne qui vous a rencontré est repartie avec quelque chose en plus. Que vous le sachiez ou non, peu importe, ce n’est pas là l’essentiel, c’est du domaine intime de la personne. L’autorité des parents devrait être aussi de cette nature.
Alors pourquoi cette crise de l’autorité dont nous entendons parler autour de nous ? Je vous livre une analyse que j’ai fait mienne, et qui date d’une dizaine d’années. Je l’ai entendu lors d’un séminaire sur… l’autorité, organisé par les parents d’élèves au niveau national. Elle est sans doute incomplète mais je pense que la piste évoquée mérite pour le moins de s’y attarder. La plupart des institutions qui nous structurent, églises, justice, syndicats, politique, famille, ont vu leurs fondations se mettre en place il y a des décennies voire des siècles. Et l’autorité qui leur était accordée, ne souffrait d’aucune remise en cause, elle était considérée comme naturelle. Mais aujourd’hui où l’information est multiple, disponible immédiatement, provenant d’horizons et de cultures insoupçonnés, méconnus, les structures traditionnelles sont remises en cause et l’autorité associée également. Ce n’est pas un drame en soi, mais encore faut-il correctement l’appréhender. La solution est simple…… à écrire.
Il faut INVENTER une nouvelle autorité. Et il y a urgence !

Bon vent, belle mer
Alain Raynaud

Il existe deux sortes de chefs (et uniquement deux) :
Celui à qui on obéit “par crainte” ; On y inclura toutes les craintes, la crainte de ne pas avoir de légitimité pour réfléchir, la crainte du “qu’en dira-t-on”, la crainte du jugement par les pairs… Par exemple actuellement un “chef” existe à qui presque tout le monde voue allégeance par crainte : le changement climatique et ses portes paroles sacrées que sont les ayatollahs verts.
Celui à qui on obéit par adhésion transcendante ; On y inclura outre les fascinateurs frauduleux comme les arnaqueurs, les prêcheurs de sectes ou les plus inspirants des saints… mais aussi le tout petit et insignifiant maitre d’école, le patron, le leader (politique, syndical ou sportif), à qui on n’aura qu’une seule crainte : lui déplaire.
Entre ces deux craintes, j’ai choisi. Je vis dans la joie et je choisis mes leaders avec soin.
Cdlt,
François-Joseph.
Bonjour François-Joseph.
Je suis d’accord sur la conclusion mais je connais une troisième sorte de chef. Celui qui montre la voie par son exemple, et l’amour de ses subordonnés. On ne le suit pas par crainte, mais plutôt comme un phare, à la fois lumière éclairante et voie lumineuse
Cordialement
Alain
Oui, c’est bien pour moi la même “cheffitude” que le second cas, mais au lieu de subjuguer pour un bénéfice personnel ou institutionnel, il donne l’exemple jusqu’a parfois en mourir, au bénéfice de ceux qui le suivent.
On peut avoir aussi des terroristes qui font cela pour le bien “qui aime bien châtie bien” disait ma grand-mère, en sortant le martinet.
FJD