Dans un article de Franceinfo (1) paru le 3 octobre 2025, on apprend que le FSU-SNUipp, premier syndicat des enseignants des collèges et lycées, souhaite modifier l’appellation des vacances scolaires de la Toussaint et de Noël sous prétexte de « remettre de la laïcité sur des documents purement administratifs », alors que Noël est une fête chrétienne célébrée dans de nombreux pays, devenue également une fête culturelle et commerciale.

C’est oublier que le langage est le miroir d’une identité. Le langage est bien plus qu’un simple outil de communication ; il est le reflet de l’âme d’un peuple. Il est le reflet de l’histoire, de sa culture et de son identité. C’est pourquoi, lorsqu’une puissance étrangère envahit un pays, la langue et les coutumes sont souvent les premières cibles. L’histoire regorge d’exemples de cette stratégie, de la colonisation à l’occupation militaire. Mais qu’en est-il aujourd’hui ? Comment cette dynamique se manifeste-t-elle dans des contextes moins extrêmes ?

Le rôle du langage dans la préservation de l’identité

Le langage comme vecteur de culture : Le vocabulaire et les expressions véhiculent les valeurs, les traditions et les connaissances d’une société. En Corse, l’État et la collectivité s’entendent pour “généraliser l’enseignement bilingue” dans les écoles de l’île (2), une initiative qui souligne l’importance cruciale de la langue dans la préservation de l’identité culturelle.

L’impact de la colonisation : L’imposition d’une langue étrangère a souvent pour conséquence l’affaiblissement, voire la disparition, des langues locales et des cultures qui y sont associées. C’est une blessure profonde, une perte irréparable pour le patrimoine de l’humanité.

Les stratégies de résistance : Face à cette menace, les peuples ont souvent puisé dans leur force intérieure pour préserver leur langue et leurs traditions. La langue devient alors une arme, un symbole de résistance, une flamme qui refuse de s’éteindre.

Les ombres portées : Quelles conséquences ?

Si les vacances de Noël devaient changer de nom, quelles seraient les conséquences de cette décision ? Au-delà de la simple modification d’un calendrier, il y aurait un risque de banalisation, d’uniformisation. Noël, avec ses traditions, ses chants, ses décorations, est un moment de partage et de joie pour beaucoup. Le supprimer du vocabulaire scolaire, c’est potentiellement gommer une part de l’expérience vécue par les enfants, c’est ignorer une réalité culturelle. C’est ne plus croire au Père Noël.

De plus, une telle mesure pourrait créer une fracture, un sentiment d’exclusion pour ceux qui célèbrent Noël. Elle pourrait être perçue comme une attaque contre leurs valeurs, contre leur identité. Dans un monde où le vivre-ensemble est déjà mis à rude épreuve, est-il judicieux d’ajouter de nouvelles tensions ?

Laïcité et diversité : un défi identitaire

La laïcité, souvent invoquée, est un principe complexe, parfois mal compris. C’est la séparation de l’Etat et de l’Eglise, assurant ainsi la liberté de conscience et de culte. Mais face aux tentatives de modifier les traditions, comme celle de renommer les vacances de Noël, une question se pose : comment préserver notre identité culturelle tout en construisant une société ouverte et inclusive ?

Le véritable enjeu, au-delà des définitions, est celui du vivre-ensemble. Car c’est dans la reconnaissance et le respect de nos différences que nous pourrons trouver la force de résister à l’uniformisation. Comment construire une société où chacun se sente respecté, où les différences sont une richesse plutôt qu’une source de conflit, sans pour autant renoncer à nos racines ?

L’éducation, gardienne de la mémoire : Informer les enfants sur l’histoire, les traditions, les langues, les cultures qui ont façonné notre identité. L’école, lieu de transmission des savoirs, est aussi le lieu où l’on apprend à aimer et à protéger notre patrimoine.
Le dialogue, rempart contre l’oubli : Ouvrir des espaces de discussion, favoriser les échanges interculturels. Le dialogue est essentiel pour comprendre les enjeux, pour éviter les amalgames et pour préserver la mémoire collective.
La tolérance, force de la résilience : Accepter les différences, sans pour autant renoncer à nos valeurs fondamentales. La tolérance, comprise comme une force, nous permet de résister aux tentatives d’effacement et de préserver notre identité.
Préserver l’identité, construire l’avenir

La question des fêtes traditionnelles, comme Noël, est un révélateur des tensions qui traversent notre société. Elle nous invite à réfléchir à la manière dont nous voulons vivre ensemble. Préserver notre identité, c’est reconnaître la valeur de notre héritage. Construire l’avenir, c’est s’ouvrir à la diversité. C’est en trouvant cet équilibre que nous pourrons bâtir une société où chacun se sentira à sa place, une société forte de ses différences et fière de son identité.

Références :

(1) https://www.franceinfo.fr/societe/education/remettre-de-la-laicite-un-syndicat-enseignant-propose-de-renommer-les-vacances-scolaires-de-la-toussaint-et-de-noel-le-gouvernement-s-y-oppose_7529485.html

(2) lhttps://www.franceinfo.fr/societe/education/en-corse-l-etat-et-la-collectivite-se-sont-entendus-pour-generaliser-l-enseignement-bilingue-dans-les-ecoles-de-l-ile_7529986.html

Image générée par l’IA Aria.