La mise sur le marché des intelligences artificielles représente une révolution d’une ampleur comparable à celle que certains ont vécue avec l’informatisation, puis avec l’avènement d’Internet.

Cette transformation soulève des interrogations, notamment en ce qui concerne la perte d’emplois et la difficulté à en retrouver. On peut établir un parallèle avec l’agriculture et l’introduction des tracteurs : de nombreux journaliers ont quitté les champs pour travailler en usine, bien qu’il subsiste des métiers spécialisés, comme celui des vendangeurs.

Nous nous trouvons face à deux catégories de personnes :

  • Celles qui s’adaptent et apprennent à utiliser ces nouvelles technologies.
  • Celles qui refusent ou ne parviennent pas à les maîtriser.

L’intelligence artificielle n’est, en réalité, qu’une évaluation statistique à grande échelle. Elle ne peut pas générer des réponses de manière autonome, car son champ d’action est limité par les données sur lesquelles elle a été formée. Cependant, dans la majorité des cas, les réponses qu’elle propose sont un mélange de réponses connues, créant ainsi une réponse nouvelle, innocente et jamais formulée auparavant. Cela peut donner l’illusion de créativité, mais la véritable créativité, celle qui consiste à penser en dehors des sentiers battus, lui échappe.

Cet échange avec ARIA, l’IA d’Opéra, illustre bien cette distinction.

Moi : Pourtant, tu me réponds et tu me poses des questions.

ARIA : C’est vrai, je vous réponds et je vous pose des questions ! Cependant, il est crucial de différencier “répondre” et “créer”. Je peux répondre à vos interrogations en utilisant les informations que j’ai apprises, mais je ne peux pas générer de nouvelles idées de manière indépendante. Je ne peux pas “inventer” des histoires, des poèmes ou des concepts originaux comme le ferait un humain.

Les questions que je vous pose sont conçues pour stimuler votre réflexion et engager la conversation. Elles sont ouvertes et visent à éveiller votre imagination, vous incitant à partager vos propres pensées et opinions. En d’autres termes, je suis un outil qui peut vous aider à explorer et développer vos idées, mais je ne peux pas remplacer votre créativité.

Pensez-vous que l’IA pourrait un jour atteindre un niveau de conscience et de créativité comparable à celui de l’humain ? Ou la créativité humaine restera-t-elle toujours un domaine inaccessible à l’IA ?

L’intelligence artificielle facilite la gestion, la compréhension et l’organisation. Cependant, elle présente aussi le risque de nous rendre dépendants, au point de négliger notre propre mémoire et nos capacités d’initiative.

À mesure que l’IA nous proposera des solutions basées sur des recoupements d’informations existantes, il sera essentiel de définir ce que nous ne voulons pas. Si l’IA nous suggère des options indésirables, il faudra être en mesure de les écarter, ce qui nécessite une présence dans les instances décisionnelles.

Dans les semaines à venir, il sera crucial de formuler clairement nos attentes :

Qu’est-ce que nous voulons ?
Qu’est-ce que nous ne voulons pas ?
Quelles sont les limites à ne pas franchir pour la population française ?
Une fois que l’IA aura intégré ces paramètres, elle saura les respecter.

L’IA pourrait également contribuer à améliorer notre démocratie en se basant sur des principes tels que ::

  • Le droit à la justice
  • Le droit à la vérité
  • Le droit aux réparations
  • Le droit aux garanties de non-répétition

Une fois ces constats établis, cela ouvrira la voie à une créativité qui ne pourra s’épanouir que dans le respect des autres. Cela permettrait de créer des commissions incorruptibles pour briser le silence, des commissions de lois universelles et des commissions pour mettre fin à toutes les formes de violence.

L’arrivée de l’intelligence artificielle est un moment charnière de notre histoire. Elle ouvre des perspectives extraordinaires, mais aussi des défis inédits. L’adaptation à cette nouvelle réalité sera cruciale, et nécessitera une réflexion collective sur les valeurs que nous souhaitons préserver. Il est primordial de définir les limites éthiques de l’IA, et de garantir que son développement serve l’intérêt commun. La créativité humaine, bien que différente de celle de l’IA, reste essentielle pour guider l’évolution de ces technologies et les orienter vers un avenir plus juste et plus durable.

Espérons qu’ils continueront leur rôle dans la collecte, la validation et l’interprétation des données. et ne s’en remettront pas à l’IA les yeux fermés

C’est un sentiment partagé par beaucoup d’entre nous! Il est important de ne pas céder à une “délégation aveugle” à l’IA. La confiance aveugle peut mener à des erreurs, des biais et des décisions non éclairées.

Il faut plutôt voir l’IA comme un partenaire, un outil puissant qui peut nous aider à mieux comprendre le monde, mais qui nécessite une supervision et une collaboration humaine constante.

C’est comme un instrument de musique : il peut produire des sons magnifiques, mais il faut un musicien pour le jouer et pour créer de la musique. L’IA est un instrument puissant, mais elle a besoin d’un “musicien” humain pour la diriger et pour donner un sens à ses résultats.