La question du jour était : le point sur la notion d’économie circulaire et de la fonctionnalité.

Après un rappel sur la notion d’économie circulaire apparue à la fin du XXe siècle, d’abord aux Etats Unis dans les années 70, puis en Europe, avec comme idée principale : la volonté de devenir une société sans déchets alors que que nous en fabriquons des montagnes.

Le raisonnement est le suivant : la nature recycle ses propres déchets, tous ses déchets. Sauf que l’homme et l’industrie produisent des matières et des matériaux plus complexes qui lui sont difficiles, si ce n’est impossible de recycler facilement.

En 2013, pour accélérer cette transition en France, l’Institut National de l’Economie Circulaire, est fondé pour devenir l’organisme de référence et d’influence autour de l’économie circulaire en France.

Comme beaucoup de « bonnes » idées, celle-ci, accompagnée des progrès techniques à son revers.

Si théoriquement l’économie circulaire devait produire autant, mais de manière différente puisqu’elle utilise les déchets pour en faire des matières nouvelles, la robotisation, la production locale et la notion de recyclage et de transformation « made in me » (DIY) font que :

  • L’économie circulaire a besoin de moins produire,
  • ce qui crée moins d’emploi
  • qui dit moins d’emploi
  • dit moins de circulation de monnaie
  • qui dit moins de taxes pour l’état, donc moins d’investissements, etc.

Toutefois, concernant la France, si cette économie circulaire s’inscrit dans une perspective «  de réindustrialisation bioéconomique », il  parait possible d’avoir moins de CO2, plus d’emplois industriels et moins de déficit commercial. Ci-dessous un exemple de cette bioéconomie industrielle appliquée au secteur du réutilisable.(1)

Si l’on regarde la croissance de l’endettement (donc création monétaire), le lien entre emploi et masse monétaire semble plus complexe. Il faudrait plutôt parler de pouvoir d’achat.

Moins connue que la précédente, l’économie de la fonctionnalité n’en est pas moins celle qui se développe le plus rapidement et à l’abri de grands débats démocratiques.
Cette économie consiste à faciliter la mise en commun de biens : voitures, maisons, outils… etc. donc a perdre la propriété de l’objet qui n’appartient plus à une personne, mais à une entreprise. Ce qui peut se faire dans un grande ville, n’est plus envisageable dans une campagne ou le moindre service est à 50 km.
On ne possède plus rien alors que les dépenses contraintes ne cessent d’augmenter.

Cette économie se développe grâce aux actionnaires, de groupes financiers, qui ne cherchent que la rentabilité, les profits rapides avec un investissement minime.

Cette économie de la fonctionnalité) est de plus en plus détourné par le technocapitalisme.(2)

Que reste-t-il ? Se diriger vers une économie contributive pour un mieux vivre ensemble, mais le coût du vivre ensemble se révèle de plus en plus onéreux.

Quoi qu’il en soit, la disparition de l’industrie productive engendre une baisse de production qui à son tour favorise la pauvreté. Pour y remédier, en 2017, le programme du candidat Emmanuel Macron était de développer les start-up et d’avoir des licornes. Depuis, la question se pose, pourquoi avoir préféré Microsoft à OVH, une entreprise française. Rien n’est fait à ce niveau pour créer de l’emploi en France, puisque l’Etat ne se tourne pas vers son vivier de production à travers les appels d’offres.

La courbe d’Oxford 2013 montre qu’aux Etats Unis les start-up se sont développées à notre détriment.(3=

L’affaiblissement de l’emploi industriel ne doit pas être une fatalité. Sans emplois industriels, on ne vois pas comment s’en sortir.

Des start-up qui peuvent se révéler désastreuses pour l’emploi dans notre pays et pour l’Europe et qui ne profitent qu’à la finance, comme par exemple AirBnB,(4)  qui a une moyenne d’environ 15% sur toutes transactions sans prendre le moindre risque, tout en créant d’énormes problèmes de logements.(5) (6)

Si le PIB prend de la valeur grâce à la finance, il est en même temps un indicateur trompeur de l’emploi, faisant croire à une embellie de production.

Pourtant il existe des entrepreneurs inventifs de Marseille, dont « textile Green bloc »qui marie la la technologie, aux luttes contre l’accumulation de déchets et du réchauffement climatique (et en créant de l’emploi industriel) tout en étant une industrie textile.

Les textiles à usage unique utilisés en bloc opératoire sont responsables d’environ 2% des 700 000 tonnes de déchets produits par les établissements de santé français. L’écrasante majorité de ces textiles est fabriquée hors d’Europe. Partant de ce constat, le projet « textile Green bloc » consiste à remplacer l’ensemble de ces textiles à usage unique par des solutions réutilisables entièrement fabriquées en France.

Cette partie, très technique, fera l’objet d’un article annexe écrit par Renaud Vignes

En conclusion : L’économie circulaire qui nous est imposée par Bruxelles «veillant à ce que l’industrie de l’UE puisse ouvrir la voie à la transition vers une économie verte, numérique et résiliente » rencontre des difficultés et ne peut remplir son office d’économie productive avec des emplois à la clé puisqu’elle dérive vers une économie de fonctionnalité et de décroissance, couplée avec la robotique et l’IA, privant de nombreux emplois les Français.(7)

 

L’économie cherche sa voie et en se cherchant perd de vue pourquoi elle existe. Permettre aux citoyens de manger, de se vêtir, se loger, se soigner, s’éduquer..

A moins qu’il n’y ait une autre voie sur laquelle on se penchera pour répondre à cette question :De quoi a-t-on besoin pour ce XXIe siècle ? Cette voie est peut être celle de l’économie duale

 

Références :

(1) https://www.gobilab.com/?srsltid=AfmBOoqAEkArVyQHb2yL6lj3kwrdrHbyIMb2cSrcGVnjeySpSfog5XwO

(2) L’accélération technocapitaliste du temps –  Essai sur les fondements d’une économie des communs par Renaud Vignes Editions R&N

(3) https://www.fabernovel.com/contenu/metiers-menaces-par-lia-4-ans-apres-letude-doxford-le-verdict

(4) https://www.ouest-france.fr/economie/entreprises/airbnb/airbnb-la-plateforme-vit-elle-la-fin-de-son-age-dor-en-france-62fcb7ec-7ee2-11ee-9e40-5131acac1bc0

(5) https://www.geo.fr/voyage/le-fructueux-trafic-d-airbnb-qui-enrichit-une-partie-de-la-gen-z-222564

(6) https://www.airbnb.fr/resources/hosting-homes/a/how-much-does-airbnb-charge-hosts-288

(7= https://dri.cercle-sully.org/lavenir-des-entreprises-et-de-lindustrie-en-europe/

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