Et si et si notre système monétaire actuel passait complètement à côté de l’essentiel ? Si l’argent, tel qu’on le connaît était tout simplement incapable de valoriser ce qui compte vraiment pour nous.
C’est l’idée un peu folle mais fascinante que propose la théorie qualitative de la monnaie.
C’est ce qu’on va décortiquer ensemble.
On pense souvent que l’argent est juste un outil d’échange. Un point c’est tout. Mais si sa véritable vocation était ailleurs, s’il pouvait devenir le reflet de nos valeurs les plus profondes, de ce qui nous unit ? C’est cette question vraiment fondamentale qui va être notre fil rouge.
- A quoi sert la monnaie.
- Pourquoi notre système actuel est un peu à bout de souffle.
- Différence entre valeur productive et valeur contributive.
- Et enfin, on explorera la solution proposée, une double monnaie et le nouveau modèle de société qui pourrait en découler.
Pour mieux comprendre.
La monnaie n’est jamais neutre, jamais. Elle a toujours été et elle est encore aujourd’hui le miroir des priorités d’une civilisation. L’évolution est flagrante. On est passé de l’ère industrielle où la valeur était la force des bras, le travail à la chaîne à l’ère post-industriel où c’est devenu la puissance des idées, ce qu’on appelle le cerveau d’œuvre.
Et aujourd’hui, on franchit une nouvelle étape. L’aspiration générale, n’est plus temps d’accumuler des objets, mais d’améliorer la qualité de notre vie ensemble. Les vraies richesses en fait deviennent de plus en plus immatérielles.
Et c’est là précisément là que le bas blesse. Notre système monétaire lui il a été conçu pour un monde qui, soyons honnête n’existe plus vraiment. Celui de la production de masse à tout va. Souvenez vous du pacte social de l’époque industrielle. C’était simple, presque caricatural. Les entrepreneurs innovent, s’enrichissent et en échange, il créent des emplois et paient des impôts. C’est la logique même de la monnaie dette. un système qui nous pousse presque mécaniquement vers une croissance infinie, toujours plus. Et voilà le point de rupture. Ce modèle du toujours plus se heurte de plein fouet à des murs écologiques et sociaux. La production de masse dans bien des cas devient même carrément contre-productive.
On entre donc dans une nouvelle ère, celle de la rationalisation. L’objectif n’est plus de faire plus, mais bien de faire mieux avec moins. Alors, comment on fait pour faire mieux avec moins ? Pour cela, il faut introduire le concept absolument central de cette théorie.
L’idée est qu’il existe en fait deux économies, deux formes de création de valeur. Elles sont opposées, mais en même temps elles sont totalement complémentaires. La différence est énorme. D’un côté, la valeur productive, les biens, les services qu’on achète, c’est concret, on peut le mesurer, le compter et perd de la valeur avec le temps. De l’autre côté, la valeur contributive. Là, on parle de tout ce qui enrichit le bien commun. Immatériel, il se bonifie avec le temps, mais échappe complètement à nos calculettes.
- L’économie productive, est celle qu’on connaît par cœur, le monde des usines, des supermarchés, des services payants. Elle est évidemment essentielle pour répondre à nos besoins de base.
- L’économie contributive, par contre, elle est souvent invisible. Pourtant, elle est tout aussi vitale. C’est là que se tisse la qualité de notre vivre ensemble, c’est en quelque sorte le ciment de notre société. Mais concrètement, de quoi on parle ? et bien de l’éducation qu’on transmet dans sa famille, de la recherche fondamentale qui ne rapporte rien à court terme, de l’engagement dans une association ou encore de la médiation pour résoudre des conflits. Le point commun de tout ça crée une valeur immense mais notre système monétaire ne sait pas la reconnaître. Il ne la voit tout simplement pas. La question est donc comment on fait pour enfin reconnaître et même récompenser cette valeur contributive si précieuse ?
La proposition est de créer un nouvel outil monétaire, un outil taillé sur mesure pour cette nouvelle économie. Ce mécanisme, on l’appelle le revenu contributif. L’idée est la suivante : En échange d’un engagement pour le bien commun, les citoyens reçoivent un revenu, un revenu numérique. Mais attention, la grosse particularité de cette monnaie, c’est qu’elle serait fondante. Fondante, ça veut dire qu’elle perdrait de sa valeur avec le temps si on ne l’utilisait pas. L’objectif derrière, c’est d’encourager sa circulation, son injection dans l’économie locale et d’éviter qu’elle ne soit accumulée pour rien. Et bien sûr, tout ça serait géré localement de manière démocratique. Et là, c’est un point absolument crucial à comprendre.
Il ne s’agit pas du tout de supprimer l’euro ou le dollar, surtout pas. Il s’agit de créer un système à double devise où l’économie productive et l’économie contributive coexistent et idéalement se renforcent l’une l’autre.
Quelles seraient les conséquences concrètes d’un tel système ? Elles seraient gigantesques. Il faut bien avoir ça en tête. Quand on change la monnaie, on change la société toute entière.
Ce nouveau pacte social reposerait sur un équilibre nouveau.
D’un côté, plus de liberté et d’autonomie pour chacun, mais en échange, un engagement plus fort dans la vie de la cité. L’épargne, au lieu de partir dans la spéculation serait naturellement fléché vers l’économie réelle locale et la démocratie, elle deviendrait l’affaire de tous au quotidien.
Cela nous amène à un changement total de paradigme qui est parfaitement résumé par cette phrase : “Les institutions ne gèrent plus des assujettis mais organisent leurs activités contributives.” En d’autres termes, le rôle de l’État se transforme. Il ne s’agit plus de gérer des administrés passifs, mais plutôt de donner les moyens de soutenir, de catalyser les initiatives des citoyens.
Et on va terminer sur une question un peu vertigineuse. Imaginez un instant si notre économie se mettait enfin à récompenser ce qui est vraiment essentiel, le lien social, la culture, le soin qu’on apporte aux autres et à la planète. À quoi ressemblerait notre société ? Quel deviendrait alors nos véritables priorités ?
