Le gouvernement, les médias nous parlent de lutte contre les gaz à effet de serre, de pandémie, de dette, de crise, d’environnement, de pouvoir d’achat, de croissance économique, mais ne manque-t-il pas quelque chose d’essentiel dans cette énumération à la Prévert ? N’avons-nous pas oublié l’Homme, en tant qu’individu pensant, non en tant que pion sur l’échiquier mondial, représentant pour l’économie libérale un potentiel mesurable de main d’œuvre et d’intelligence ?

Si on peut mettre en formules mathématiques le potentiel créatif des humains, on ne peut mettre en équation les sentiments et les désirs. Notre réalité de l’instant présent a d’autres besoins que celui de l’argent. Même et surtout si l’argent est nécessaire, notre présent doit, avant tout, être une idée de notre devenir. Comment le souhaitons-nous ? Quels sont nos besoins, nos rêves ? Replié sur nous-même ou plus ouvert sur le monde ? Anticipant un manque de ressources, souhaitant laisser à nos enfants une planète préservée ou « après nous le déluge » ? L’économie politique et le « pouvoir d’acheter » contenu dans le porte-monnaie du consommateur ne peuvent se passer d’une pensée humaniste pour notre futur. On ne peut se contenter de la croissance économique et de la lutte contre un réchauffement climatique.

Nous sommes à la croisée des chemins en route pour une nouvelle société. Quel chemin allons-nous prendre ? Celui du chacun pour soi en nous renfermant sur nous, avec le télétravail, l’école à domicile, les repas livrés par A….ou B… avec la peur d’ouvrir sa porte et de sortir, ou bien celui de la convivialité retrouvée, de la fraternité, de la liberté, de l’égalité ?

Les défauts principaux de nos institutions que les crises récentes et ensuite les périodes de confinement dues à la pandémie ont révélé sont de cogiter sur des systèmes politiques, financiers et économiques dont les principales trames de direction ont été mises en place à la fin de la guerre dans un monde qui avait besoin de se reconstruire matériellement et dont les Gafa, les lobbys industriels et agro-alimentaires se sont emparés depuis.

Nous avons un autre défaut, c’est celui de ne pas penser de façon globale, (globale ne voulant pas dire mondiale) en pensant pourquoi, en étudiant comment et en réfléchissant au devenir. Les rustines sur une roue de bicyclette ne servent à rien si le cadre est rouillé et se casse.

Tout notre système social, environnemental et économique est à repenser. Favoriser la socialisation, la solidarité, le « pouvoir d’acheter », rendre sa place au respect de la personne. Plus il y a de techniques, de machines, qui abolissent l’esclavagisme du travail, plus il y a de réglementations qui déshumanisent l’individu, plus important est l’Humain ainsi que ses relations avec les autres, avec la société, avec le travail. Il faut adapter le travail et l’emploi à l’homme, et non l’homme à l’emploi, tout en gardant en mémoire que nos concurrents n’ont pas la même optique, tout au moins pour l’instant. L’Homme ne doit pas devenir un esclave du pouvoir, de l’argent ou d’un contrat de travail.

Il nous faut être INNOVATEUR, CREATEUR, REFORMISTE. Actuellement, lorsqu’on parle d’innovation, on pense immédiatement économie de marché, prise de parts de marché, inventions techniques pouvant être mise sur le marché. La nouveauté n’est pas forcément une « denrée » de plus pour consommer. Il nous faut créer de nouveaux objectifs, un nouveau mode de pensée et de vie. Nous sommes trop spectateurs de notre existence, alors qu’il faut en être acteur. Ne pas avoir peur du changement, des objections. Il y aura toujours des critiques et elles sont plus que nécessaires. Elles sont vitales. L’indifférence pouvant devenir le terreau de la pensée unique.

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