Agriculture, élevage, pêche sont les piliers de l’alimentation
L’alimentation, un autre poste de nos besoins élémentaires qui pèse sur notre pouvoir d’acheter. Il coûte et va coûter de plus en plus cher. Les agriculteurs font un effort énorme pour satisfaire nos demandes. Après s’être conformé aux obligations des normes imposants des pesticides, voilà qu’on leur dit qu’ils ont tout faux. Ils devront passer à l’agroécologie. 1 pour notre santé et pour la conservation des sols. Le bio 2 étant une étape intermédiaire.
Que ce soit pour l’agriculture ou pour tout autre sujet ne commençons pas par poser le raisonnement de la lutte contre le réchauffement climatique. Cela peut être une mauvaise idée de raisonner à partir de ce critère. Par contre, repenser l’agriculture en pensant à régénérer les sols, à avoir une alimentation plus saine, au bien être animal concourent sans politique punitive à s’adapter au changement climatique et à réduire les gaz à effet de serre.
Le monde paysan est un monde qui se pose de plus en plus de questions. Le nombre de suicides devrait nous alerter, au point que l’État s’en émeut. 3 529 agriculteurs se sont suicidés en 2016, 4 selon les derniers chiffres de Santé Publique France. Outre le fait des problèmes que nous rencontrons tous, s’entendre accuser de vouloir rendre malade nos concitoyens par certains ou même d’assassins par quelques-uns, n’est pas fait pour les inciter à continuer leur travail qui est tellement indispensable à notre existence. Devant une assiette vide, notre vie ne tiendrait qu’à un fil.
Arrêtons de les culpabiliser, alors qu’ils n’ont fait qu’obéir aux injonctions du monde politique et au besoin de nourrir les habitants au sortir d’une guerre. Si la politique de remembrements a permis de faire place aux grandes surfaces agricoles actuelles, la majorité des haies ont été arrachées et ont presque disparu, de nombreux fossés ont été comblés, les talus ont été supprimés. Or, cette conséquence du remembrement est aujourd’hui reconnue pour être en partie responsable des fréquentes inondations. La loi de 2016 5 pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages leur permettrait d’en replanter plus facilement. Encore que tout n’est pas si simple que cela. 6 Il leur faut commencer par répondre à un appel à projet. Quand on connaît l’administration, on a tout compris.
Les jeunes ne viendront plus à l’agriculture s’ils ne peuvent en vivre, s’ils ne peuvent élever leur famille. S’il n’y a plus d’agriculteurs demain, qu’allons-nous manger ? Comme pour tout, il faut revenir aux exploitations familiales, à taille humaine, favoriser les élevages sur des systèmes herbagers. Qu’ils puissent percevoir au moins un revenu minimum tenant compte du seuil de tolérance.
La toile d’araignée de l’alimentation
Pour arriver dans notre assiette, plusieurs étapes sont nécessaires et commence par :
- L’enseignement dans un lycée agricole. Passage devenu obligatoire pour un agriculteur ou éleveur. Interdire les pesticides chimiques qui polluent les terres et se retrouvent dans nos estomacs demande des programmes où l’on enseigne l’agriculture bio, l’agroécologie ainsi que la permaculture.
- Les animaux sont des êtres sensibles qui, comme nous, peuvent éprouver du stress. Soyons plus « humains » avec les animaux. Méthode d’abattage, transports, bâtiments (étables, clapiers, porcheries … ). Ce qui arrivera dans notre assiette n’en sera que de meilleure qualité et nous en profiterons tous.
- On arrive au conditionnement avec la suppression des emballages plastiques à base de pétrole et la consigne des bouteilles en verre, fermées par des bouchons en céramique.
- Ces aliments sont transportés avant d’être consommés. Les transports sont polluants alors que nous avons impérativement besoin de respirer un air sain pour notre santé, ce qui exige une organisation de circuits courts, et de ferroutage ou de transport fluvial pour les trajets plus longs.
- Pour être certains du suivi de nos aliments et de leurs origines, renforcer la traçabilité des produits jusqu’à la vente est indispensable.
- Et pour terminer le cycle, le déchet végétal est l’engrais idéal qui retourne à la terre pour la nourrir, et ainsi revaloriser le circuit de la chaîne alimentaire.
Les fils déjà touchés de cette toile d’araignée vont en faire vibrer d’autres :
- L’eau nécessaire à l’agriculture, or sécheresses et inondations sont de plus en plus fréquentes. Il faut donc repenser sa gestion au niveau national.
- Qui dit gestion de l’eau fait penser à des grands et des petits ouvrages, que ce soit les égouts, les stations d’épuration, l’entretien des sources et des rivières …
- Qui dit travail, dit salaire. Il faut que les agriculteurs et les éleveurs puissent vivre décemment de leur travail. Leur patrimoine est important, mais souvent les revenus ne sont pas même pas ceux d’un SMIC.
- Sans oublier les usines d’agro-alimentaire, ni les subventions sous conditions pour permettre que tout le monde puisse manger à un prix raisonnable,
- Etc.
Au niveau personnel
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Réduire notre consommation de viande rouge, parce qu’une énorme partie de celle-ci provient d’Amérique du Sud. Cet arrivage pèse de manière négative dans la balance commerciale, donc sur nos impôts.
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Se servir de la surgélation pour conserver les produits de saison au lieu de les jeter, ou acheter des surgelés, afin d’avoir des légumes que nous aimons manger toute l’année et éviter , soit de les faire pousser en serre, soit de leur faire parcourir un long trajet depuis des pays plus chauds.
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Revoir nos circuits d’achats personnels, soit en se faisant livrer des commandes groupées, soit en allant dans les commerces près de chez nous.
Il reste pourtant des produits que nous ne produisons pas en France métropole, comme le café, le chocolat et bien d’autres. Nous continuerons à importer depuis l’étranger et de la France d’outre-mer. Ces partenariats devront être renégociés permettant aux populations locales d’avoir du travail et des revenus, afin qu’elles puissent vivre décemment sur place.
1 L’agroécologie (en tant que pratique agricole) va plus loin. En plus de techniques comme le compostage, la recherche de complémentarité entre les espèces, la culture sur buttes…, elle va chercher à intégrer dans sa pratique l’ensemble des paramètres de gestion écologique de l’espace cultivé, comme l’économie et la meilleure utilisation de l’eau, la lutte contre l’érosion, les haies, le reboisement
2 L’agriculture biologique recouvre potentiellement le nombre le plus large de pratiques. Cultiver en bio veut dire ne pas utiliser d’intrans, ni de produits phytosanitaires issus de la pétrochimie. Pour autant, il existe un bon nombre d’agriculteurs bio, qui, à cette exception près, travaillent presque comme des agriculteurs conventionnels : cultures de plein champs, en rang, sur une terre dénudée, beaucoup de travail du sol, très peu de biodiversité, beaucoup de mécanisation.
https://www.colibris-lemouvement.org/magazine/permaculture-agroecologie-agriculture-bio-quelles-differences
3 https://www.vie-publique.fr/en-bref/277663-suicides-dans-le-monde-agricole-aider-les-agriculteurs-en-difficulte
4https://www.reussir.fr/suicide-des-agriculteurs-la-profession-prend-le-sujet-bras-le-corps
5 https://www.legifrance.gouv.fr/dossierlegislatif/JORFDOLE000028780525/
6https://agriculture.gouv.fr/francerelance-50-meu-pour-planter-7-000-km-de-haies-en-2-ans
