Politique. Quel vilain mot !

           Si vous parcourez un tant soit peu les pages politiques de nos journaux, écoutez les émissions consacrées à ce sujet, vous avez, je pense, remarqué quelque chose. On parle stratégie, ralliement, bataille, tactique. Le vocabulaire martial est à la mode vous me direz. Cependant préparer ses troupes pour les régionales, départementales et présidentielle est utile, mais dans quel but ?

 

                          Gagner les élections me direz-vous, oui certes mais je réitère ma question, pour faire quoi ? Car si les plans de bataille se dessinent, si chacun s’imagine en haut de l’affiche, je n’ai guère vu de programmes définis, de projets structurés, budgétés, voire de valeurs affichées. Alors le désamour des citoyens vient peut-être de là. Les militants s’agitent, persuadés que leur candidat est le meilleur, claironnent deux ou trois slogans, tirent sur le prédécesseur, et promettent de faire mieux.

                          Nous avons pourtant devant nous des sujets pour le moins importants, voire fondamentaux. J’éviterai de parler d’écologie car les personnes en place ont démontré que l’écologie en politique n’est pas une valeur mais une idéologie. Et pourtant la maîtrise de notre environnement est primordiale, mais elle ne peut se concevoir que de manière intégrale. Car comment voulez dissocier l’économie pratiquée du respect de l’’environnement ? Certainement pas en ne votant pas une subvention pour un club de voiliers jugé trop polluant, ou parce que c’est un sport de riches.

 

 

 

 

 

 

                          Vous ne pouvez pas non plus oublier les cités, composées d’immeubles courant d’air, aux couleurs chatoyantes du béton, terreau d’incivilités, d’injustices, de délits et de crimes. La distribution des subventions municipales aux caïds n’est qu’un pansement sur une jambe de bois. Vous avez bien la méthode karcher, ou plus récente para en armes, mais même si elles étaient appliquées, les problèmes seraient simplement déplacés et les solutions temporaires.

 

                       Ensuite vous avez les mouroirs agréés, communément appelés EPHAD. Un slogan : petits budgets, gros bénéfices, grande tristesse. Bref je ne vous ferai pas la liste, hélas interminable, des problèmes que nous devons affronter.

            Et pourtant, les intelligences foisonnent, la solidarité explose, tout ceci dans un pays aux 365 fromages, aux paysages magnifiques, aux régions sublimes. Alors que faire ? Il y a plein d’expressions triviales que je pourrai utiliser mais par respect pour mon lecteur je n’utiliserai pas, vous les trouverez vous-même. Mais bon sang bougez-vous ! Prenez votre rôle de citoyen à cœur, constituez vous en associations, formez-vous, identifiez les problèmes locaux à votre portée, faites le siège de votre maire, de votre député, de votre sénateur. Venez avec des projets construits. Détectez les talents parmi vous, chacun a le sien. Mais surtout agissez partout où cela est possible, et bien sûr dans le respect des lois. Une phrase qui m’horripilait dans le milieu professionnel : on a toujours fait comme cela. Eh bien justement c’est peut-être pour cela que cela ne s’améliore pas. Mitterrand disait en parlant du chômage, on a tout essayé. Non ce n’est pas vrai, il y a des expériences originales, multiples à travers la France qui fonctionnent. Mais on ne parle jamais des trains qui arrivent à l’heure. Venez partager vos expériences, vos idées, au cercle Sully, nous les étudierons, nous les mettrons en réseau. Ainsi nous redonnerons de la lumière, des couleurs et de l’espérance, à ce monde que l’on couvre d’une grisaille inutile.

Bon vent. Belle mer
Alain Raynaud

Amis De Femmes, Amitié, Aide, Ensemble, Mature, Bond