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Août 2003 15.000 morts de la canicule et un ministre de la santé en vacances expliquant la non gravité de l’évènement. Puis, l’Etat décrète la journée de solidarité afin de nous sensibiliser à la solitude de la vieillesse. En parallèle depuis des années, ce même Etat et autres collectivités réduisent les moyens financiers, ferment des unités hospitalières et obligent les professionnels à travailler mieux avec moins !Puis, en 2020 la crise sanitaire s’installe et toujours ce même Etat interdit toutes visites aux personnes en EPHAD. Aujourd’hui, l’affaire scandaleuse d’ORPEA devient publique et l’Etat s’indigne, hurle au scandale. Le président de l’Association des directeurs au service des personnes âgées, Pascal Champvert évoque « Le cynisme et le double discours permanent de l’État. »France Culture rediffusait la veille, le témoignage d’un aide-soignant en 2017. Celui-ci évoquait à la fois des douches défectueuses jamais tempérées, mais surtout le regard et les cris de la personne âgée qui subissait le trop chaud ou le trop froid.. Il exprimait sa honte professionnelle et avait conscience de devenir à son insu maltraitant. Une inspection sera diligentée mais aucune suite ne sera donnée et les douches resteront non réparées considérées par la direction comme une non priorité.
Aujourd’hui, les Agences Régionales de la Santé vont aller contrôler ce qu’elles n’ont pas fait depuis toutes ces années… Faute de moyens humains précise la ministre de l’autonomie. Quel oxymore Madame au regard du contexte ! De son côté ORPEA modifie en interne sa gouvernance, et le déni abject devient sa défense tout en accusant les professionnels. Agitation n’est pas changement !
Ne plus parler de vieux mais de séniors. Ne plus parler de maison de retraite mais d’EPHAD et les affubler de noms de fleurs, la belle affaire ! Au-delà du problème de la rentabilité financière, l’essentiel demeure la rentabilité du temps pour tout professionnel et quel que soit le secteur. Notre coeur de métier : accueillir et accompagner en représente depuis des années la victime principale et nous entraînons dans cette spirale infernale les publics. Nous travaillons dans l’urgence de l’instant à la recherche d’un sens professionnel que nous avons perdu.
L’affaire d’ORPEA peut aisément se conjuguer à l’identique pour l’éducation spécialisée. Quelles leçons allons-nous tirer de cette crise que nous traversons ? Est-ce que nous voulons que demain nos métiers soient comme aujourd’hui… En pire ? Un jour victime puis bourreau et sauveur. Comment sortir de ce triangle infernal ? Fuir, observer, souffrir ou ré-agir pour revenir à l’essentiel ce professionnellement humain.
Enfin oui, il existe des lieux où le bien-être de l’autre, prendre le temps de la relation restent l’axe central. Mais hélas ils demeurent quasi invisibles et peu audibles. Alors si exercez venez témoigner dans ce fracas d’incertitudes et re-donner espoir. Merci.