Tout le monde actuellement donne son analyse de la rupture de contrat entre la France et l’Australie concernant la vente de sous-marins. Je ne suis pas dans les coulisses de la négociation, je ne connais pas les modalités du contrat, donc je n’émettrais aucun avis là-dessus. Si d’ailleurs tous ceux qui en connaissent autant que moi sur le sujet se taisaient et s’abstenaient d’écrire nous gagnerions des heures de tranquillité.

 

 

         Ceci étant dit je vais plutôt parler d’un sujet en lien avec l’affaire et qui m’a interpellé. Notre service de renseignement français, soucieux de nos intérêts à l’étranger devait surveiller comme le lait sur le feu les contours du contrat en cours. Pour ceux qui l’ignorent encore et qui font mine de s’offusquer quand on apprend que les États-Unis nous surveillent, ou met sur écoute la chancelière allemande, croyez-vous un seul instant que nous ne faisons pas la même chose ?

           Donc le Service surveille et ne voit rien venir ? Connaissant le professionnalisme de mes anciens collègues je n’y crois pas un seul instant. Mais en écrivant cela je me souviens d’une anecdote corse. Lors d’un stage renseignement pour officiers dit supérieurs j’avais comme collègue un officier de la gendarmerie, en charge de la Légion de gendarmerie de Corse. Avec mon humour habituel je le taquinais sur ses résultats dans l’île de beauté. Par exemple quand un nationaliste se faisait exploser à la suite d’une erreur de manipulation de l’engin, ses camarades organisaient une cérémonie en l’honneur du martyre. Deux rangs de nationalistes cagoulés, tirant des salves d’honneur autour du cercueil. Le jour, l’heure et le lieu des obsèques étaient bien sûr connus de tous, y compris des gendarmes. Alors mon collègue gendarme m’a dit une chose très juste. Le renseignement nous le recherchons, le collectons, le diffusons mais la décision d’agir ne vient pas de nous mais des politiques.

         Revenons donc à ce contrat mirobolant, et considérons que le politique savait ce qui se tramait. Alors je vous laisse réfléchir sur les hypothèses :
– il ne pouvait s’y opposer et ne pouvait endosser que le rôle de la vierge outragée, en accord avec les protagonistes
– le contrat était mal ficelé, et plutôt que de passer pour des incompétents, il crie au scandale.

       Je vous laisse réfléchir sur ces hypothèses loin du tumulte médiatique qui reprend les mêmes antiennes.

                      Bon vent, belle mer
                        Alain Raynaud

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