Les entreprises ont rapidement compris qu’un bon usage du temps de leurs clients pouvait leur rapporter gros. C’est ainsi qu’elles sont en train de développer une nouvelle relation avec leur clientèle. Par exemple, lorsqu’avant de partir en vacances, nous passons des heures à choisir en ligne nos vols et nos hôtels, c’est autant de temps de travail économisé par les compagnies. Idem à l’aéroport : check in, dépose bagage, banque en ligne, 20% seulement de ces tâches sont encore réalisées par des salariés. Les entreprises modernes ont réussi à déporter une partie du temps de travail sur le client lui-même. Leur nouvelle source de profit réside dans le temps que le consommateur accepte de leur mettre gratuitement à disposition. Les clients sont perçus comme une main d’œuvre innombrable, motivée et gratuite. La seule question managériale devient donc : comment peut-on les mettre au travail, les recruter, les former, les encadrer, et améliorer leur productivité ? Déjà, dans certains cours de management, on appelle le consommateur un employé partiel. Ce coup de génie a permis à de nombreuses entreprises de nous mettre au travail à notre insu. Nous forçant à faire la queue devant des appareils qui nous donnent des ordres et nous imposent leur rythme. Le plus fort est, que, pour s’inscrire dans cette nouvelle forme de travail, c’est nous (client) qui devons investir dans les dispositifs qui nous permettront de réaliser ces tâches : ordinateur, imprimante, smartphone, box … Prochainement, ce sont les conditions générales d’utilisation (CGU) qui détermineront les relations entre l’employeur et les employés partiels.

Extrait de  « L’Impasse – Étude sur les contradictions fondamentales du capitalisme moderne et les voies pour les dépasser » – Renaud Vignes – Édition CitizeLab