Par Jacques Condat président d’Alternative et Progrès

« On ne fait bien que ce qu’on aime bien » a dit Colette et elle l’a prouvé en écrivant malgré toutes les
contraintes de son époque.

De plus en plus de jeunes en décrochage scolaire, ou peu diplômés, et sans véritable horizon
professionnel, se retrouvent au chômage. De même, de nombreux adultes sont contraints de changer de
cap professionnel mais ne savent pas forcément vers quel emploi ou secteur d’activité se tourner.
De nombreuses associations, des antennes des établissements à caractère public placés sous la tutelle
de l’État, tels Pôle Emploi, Missions locales, écoles de la seconde chance…, cherchent à « placer » les
jeunes en recherche de formation ainsi que les demandeurs d’emploi. Mais par manque d’intérêt et de
motivation, ces derniers se retrouvent rapidement à la case départ et placent ces différents dispositifs en
situation d’échec.

Parallèlement à ce phénomène croissant, de nombreuses offres d’emploi ne trouvent pas preneur,
notamment dans le commerce, les services et l’artisanat, première entreprise de France. (1)
Le manque de compétence, mais surtout la méconnaissance de certains de ces métiers, souvent
dénigrés, en sont la cause.

Ainsi, certaines activités disparaissent de nos villes par manque de repreneurs. C’est le cas par exemple
des boucheries traditionnelles. En effet, l’école de la boucherie à Vanves a formé en 2022, 152 bouchers-
charcutiers pour 200 demandes d’emplois.(2) Cela peut s’expliquer par le manque
d’intérêt des jeunes pour cette filière, également rebutés par les conditions de travail et les a priori d’un
métier manuel.

Il est donc nécessaire et urgent de créer une structure qui mettrait en adéquation la recherche des
demandeurs d’emploi, et l’offre des petites entreprises dans le domaine du commerce et de l’artisanat.

Suite à une idée du Président du centre de formations ACF à Versailles pour les jeunes de 16 à 25 ans en difficulté venant
de Trappes, La Verrière, Elancourt…, est né l’ENAC, Ecole Nationale de l’Artisanat et du Commerce, (clin d’œil à l’ENAC, école Nationale de l’Aviation Civile pour un envol vers des cieux plus prometteurs), mais malheureusement cette idée n’a jamais pu être pérennisée, se heurtant à l’administration de l’éducation nationale.

Quelques années sont passées et le progrès technique permettrait maintenant de passer à une étape
supérieure avec :
L’E-formation N1 de l’Artisanat et du Commerce
Pour tous demandeurs d’emploi ayant déjà travaillé et souhaitant changer de profession, pour tout
collégien, désireux de s’orienter vers un métier manuel, mais ne sachant pas vers quel secteur s’inscrire,
un accès à une plate-forme permettant de découvrir un panel de métiers de l’artisanat, du commerce et
des services, regroupant par thème des vidéos montrant l’artisan, le salarié au travail.

Gardant toutefois en mémoire l’idée initiale d’une année charnière de 3eme permettant aux collégiens
qui en feront la demande de découvrir le monde du travail et de choisir leur voie.

Références :
(1) Le secteur de l’artisanat dépasse aujourd’hui le cap du million d’entreprises. Présent dans les
secteurs de l’alimentation, du bâtiment, de la production et des services, l’artisanat rassemble
plus de 510 activités différentes et occupe ainsi une place privilégiée dans l’économie française.

(2) https://www.lemonde.fr/campus/article/2020/02/24/les-ecoles-de-boucherie-a-la-recherche-d-
apprentis-tentent-de-seduire-de-nouveaux-profils_6030595_4401467.html

(3) La Chambre des Métiers d’Ile de France a mis en place un site web « lesmetiers.net”. Ce site
d’information sur les métiers et les formations est gratuit. Sauf qu’il faut s’y retrouver dans les
32554 formations proposées