Au cours des millénaires, la nature a mis au point un système de renouvellement des matières à travers une chaîne alimentaire dont tous les éléments depuis le micro-organisme jusqu’aux étoiles sont reliés. Tous sont utiles et contribuent à la fois à leur survie et à celle des autres. Aucun n’est inutile, même si on ne connaît pas encore leur utilité et/ou leur finalité. Lorsqu’on supprime un maillon de la chaîne alimentaire, ou comme pour un fleuve, lorsqu’on détourne son cours sans s’occuper des conséquences, ou qu’on le remplace par un élément modifié, tel un canal, on modifie tout le processus. Si une hirondelle n’a plus de moustiques et de mouches pour se nourrir, elle meurt, entraînant dans sa suite, etc.
Notre quotidien fonctionne de la même manière, par système des chaînes.
Si tout se tient, un rien a des conséquences.
Si la Sécurité Sociale atteint des records de déficit, ce n’est pas seulement un manque de recettes mettant en cause le nombre des demandeurs d’emploi, c’est aussi le stress, l’inquiétude, la pression. La peur de perdre son emploi pèse sur les épaules des salariés qui développent maladies et dépressions. Les burn-out sont de plus en plus nombreux. De la même façon, dans cet enchevêtrement, se cachent les causes de la violence, de la délinquance, de notre mal être. .. et le battement d’aile du papillon peut expliquer l’effet domino du taux de chômage ou le déficit de la Sécurité Sociale.
Mais il manque un maillon, et c’est peut être pour cela que nous avons des problèmes
Quand on parle de réchauffement climatique, de croissance économique, d’énergies renouvelables, de sécurité, d’immigration, ne manque-t-il pas quelque chose d’essentiel dans cette énumération ? N’avons-nous pas oublié l’Humain, en tant qu’individu pensant, non en tant que pion sur l’échiquier mondial, présentant un potentiel mesurable de main d’œuvre et d’intelligence ? On ne lui a pas posé la question : qu’est ce qu’il veut ? Quels sont ses besoins, ses désirs, ses rêves ? L’argent, la santé sont indispensables, mais ils ne résolvent pas tous les problèmes.
Or, les états ne raisonnent qu’en terme de croissance du PIB et considèrent les peuples comme des organisations de sociétés d’abeilles ou de fourmis vivant et travaillant au service d’une reine (l’état) pour la survie de leur ruche (la société).
Bien que reconnaissant qu’il existe un facteur humain, les économistes pratiquent l’économie politique comme une science exacte, avec production, distribution, consommation afin d’en tirer statistiques et calculs de probabilités, sans prendre en compte un des maillons principaux du chaînon, qui ne se quantifie pas et qui est une prise de conscience du consommateur ainsi que celui de la pensée humaniste.
L’économie politique et le « pouvoir d’acheter » contenu dans le porte-monnaie du consommateur ne peuvent se passer de la conscience humaine pour notre futur. On ne peut se contenter d’une croissance économique. Si on peut inclure en rentabilité financière le potentiel créatif des humains, on ne peut mettre en équation les sentiments. Notre réalité du présent a d’autres besoins que celui de l’argent. Même si la monnaie est nécessaire, notre présent doit, avant tout, être une idée de notre devenir. Comment le souhaitons-nous ? Replié sur nous-même ou plus ouvert sur le monde ? Anticipant un manque de ressources, souhaitant laisser à nos enfants une planète préservée ou « après nous le déluge » ?
Les lois adaptent l’éthique à l’économie, à la consommation et non le contraire. L’homme politique et le philosophe se sont au fil des décennies, transformés en gestionnaire financier. L’éthique est devenue fluctuante comme la Bourse. Nos valeurs morales changent, nos comportements aussi. Ce serait bien, si c’était pour aller vers un mieux-être pour tous. C’est grave, si c’est pour laisser une partie du globe et de nos concitoyens sur le bord de la route.
Si un seul des maillons est manquant, fragile ou instable, l’harmonie et le fonctionnement de la chaîne sont perturbés. Occupons-nous seulement de vouloir créer du pouvoir d’achat sans nous occuper du devenir des habitants, de l’environnement, des natalités, du vieillissement de la population, des migrations des populations avec le dépeuplement des campagnes, du facteur de « prise de conscience» et nous continuerons avec les mêmes problèmes que nous traînons depuis plus de 50 ans. La « non–politique » d’ensemble et le « non-suivi » des politiques misent en place sont des facteurs importants que nous subissons face au déclin de notre environnement économique et écologique. Toute relance sera factice et ne durera qu’un temps, si nous ne changeons pas les fondements de nos habitudes et de nos raisonnements.

Si le diagnostic me paraît juste, je préciserai seulement que le Pape prone depuis de nombreuses années l’écologie intégrale, les remèdes concrets et réalistes me semblent absents de la démonstration.
Nous connaissons le malade, de nombreux médecins sont à son chevet, il ne faudrait pas attendre que tous se mettent d’accord avant de commencer le traitement, car d’ici là la maladie risque d’empirer, et notre malade de trépasser