Notre cerveau, qui n’aime pas l’inconnu, fonctionne comme un citadin stressé qui doit sortir des limites du périphérique et se dote d’un GPS ultra connecté car il a besoin de savoir où il est, ce qu’il se passe et ce qui risque de lui arriver.

Quand tout est clair, il est rassuré, dans le cas contraire il a l’impression de perdre le contrôle et ça vire vite à l’angoisse.

Pour lui, ne pas savoir c’est un peu comme avancer dans le noir, il n’y a pas forcément de danger réel mais dans le doute il préfère imaginer le pire plutôt que de ne rien imaginer du tout, c’est un vieux réflexe de survie, mieux vaut se méfier que de se tromper, au moins la peur rend prudent même si elle n’apporte aucune explication.

Ainsi face à l’actualité, toute interprétation des faits qui donne l’impression que « tout s’explique » sera la bienvenue, surtout si elle lui est assénée avec suffisamment de force pour balayer ses doutes, ainsi il écoutera ce qu’il croira entendre et de cette interprétation il fera une vérité absolue, qu’il défendra avec d’autant plus de force que sa croyance sera fragile.

Dans un cerveau qui fonctionne normalement, une explication trop rapide peut aussi générer du doute parce qu’il est lent à la détente et – tous les DRH qui gèrent l’accompagnement du changement vous le diront – une transformation trop brusque a les mêmes effets pervers que l’inconnu, alors il faut trouver le juste milieu et surtout y mettre le bon ton, c’est là qu’interviennent « les brèves ».

Ces infos rapides, qui font plus intervenir les émotions que la réflexion, offrent au cerveau ce qu’il attend : une réponse simple qui laisse son intelligence se livrer à son apostolat du farniente.

Qu’elles soient justes ou non n’est pas son problème immédiat, elles doivent surtout combler son besoin de savoir pour sortir de l’inconnu, quitte à douter ensuite et se poser des questions, ce qui est contourné par le recours aux réseaux sociaux qui diffusent les brèves en boucle H24 à un large public et ainsi, puisque tout le monde à la même info, son besoin de se conformer lui fait reprendre sa place dans le troupeau.

« Tout ça pour dire quoi ? » bêlera celui qui préfère choisir le chemin connu qui le mène à la tonte et le laisse tout nu plutôt que de s’aventurer hors des sentiers battus.

Eh ben tout ça pour dire que les services publics de l’audiovisuel savent comment fonctionne votre cerveau et qu’au lieu de vous informer ils vous manipulent pour renforcer leur profitabilité à votre détriment dans le but de justifier les budgets pharaoniques qu’ils engloutissent.

Il n’est que de voir la hargne avec laquelle ils entravent la progression de l’enquête de Charles Alloncle qui osent regarder fonctionner les rouages de l’horloge plutôt que de simplement admirer la course des aiguilles.

Secouez vous et au lieu de suivre le troupeau, il vaudrait mieux faire travailler votre cerveau.