La production et le stockage d’armes chimiques font partie du programme militaire syrien depuis les années 70. En 2016, l’OIAC avait ainsi annoncé avoir complètement détruit 1300 tonnes de produits chimiques destinés au combat en Syrie. La communauté internationale soupçonne ainsi le régime d’avoir menti sur la quantité d’armes chimiques qu’il avait en sa possession en 2013, ainsi que sur ses capacités de production. Les stocks d’armes chimiques encore détenus en Syrie restent inconnus mais la nature des agents toxiques de guerre est,elle, connue :
- Vésicants : ypérite, ou gaz “moutarde”, toxique de première génération utilisé en 1917 lors de la première guerre mondiale.
- Liquide huileux incolore ou légèrement jaunâtre, l’ypérite est utilisé pour neutraliser des adversaires non protégés en provocant des brûlures plus ou moins graves en fonction de sa concentration. Les effets cutanés sont insidieux car indolores. Les yeux, les voies respiratoires et la peau sont les premiers organes à être touchés.
- Neurotoxiques: Sarin, toxique de seconde génération, substance inodore, incolore et volatile, de la famille des organophosphorés. Cet agent hautement toxique ( quelques mg suffisent pour provoquer la mort) est très volatil pénètre dans l’organisme par voie cutanée ( liquide) ou par inhalation ( vapeurs). Non persistant, il est utilisé pour neutraliser l’adversaire non protégé en laissant la possibilité d’intervenir après seulement quelques minutes sur le lieu de l’attaque. Il est hydrosoluble et pourrait donc être utilisé pour contaminer des réserves d’eau.
- Agents hémotoxiques comme le cyanure d’hydrogène qui est un toxique cellulaires de sombre réputation puisqu’il a été utilisé par les nazis dans les camps de concentration sous le nom de Zyklon B ou acide prussique dans les chambres “à gaz”. Il est utilisé généralement en milieu clos ou confiné car il est très volatil pour inhiber la chaîne respiratoire en provocant une anoxie cellulaire. Son odeur d’amade amère est caractéristique, il pénètre dans l’organisme essentiellement par les voies respiratoires.
- Agents suffocants comme le chlore utilisé comme matière première pour la synthèse de nombreux composés organiques ou minéraux ou comme agent de blanchiment ou comme désinfectant dans le traitement de l’eau.
A température ambiante, le chlore est gazeux, de couleur jaune verdâtre, de densité plus lourd que l’air. Cette caractéristique physico-chimique explique son utilisation pendant la première guerre mondiale pour neutraliser les combattants dans les tranchées. Son action sur l’organisme provoque une déshydrogénation de l’eau tissulaire entraînant alors une libération d’oxygène et d’acide chlorhydrique provocant un oedème lésionnel au niveau pulmonaire.
La chute de Bachar al-Assad fait craindre que les réserves d’armes illégales ne tombent entre les mains des rebelles islamistes dont les intentions restent encore inconnues.
Col(r) Claude LEFEBVRE Expert en défense NRBC.
