Si je me repose sur ma seule expérience, acquise au sein des écoles de formation RH dans lesquelles j’ai enseignées, les retours des étudiantes et étudiants permettent de brosser un tableau classique avec un coté sombre et un autre plus clair.
Souvent, l’alternance était décrite comme un premier rencard pouvant déboucher sur une belle histoire… ou sur un ghosting en fin de contrat.
Bien utilisée, elle permet aux jeunes de s’insérer dans le monde du travail avec du style et un badge d’accès, mal exploitée, elle devient un prétexte pour faire bosser un « salarié » à moindre coût.
Donc, tremplin ou trampoline, tout dépend de l’atterrissage !
En France, l’insertion professionnelle des jeunes prend des allures de quête du Graal dans un milieu de non-croyant.
En effet, malgré des diplômes qui brillent plus que la moyenne européenne pour quelques temps encore, beaucoup finissent englués dans le chômage ou l’inactivité, alors l’alternance peut prendre des allures de bouée de sauvetage, gonflée d’espoir et d’aides de l’État, ce dernier argument pouvant emporter la décision de l’employeur.
Pour l‘étudiant, sur le papier, c’est le combo gagnant, il aura un pied à l’école et l’autre en entreprise, avec parfois, en prime, un salaire qui lui permettra de varier le type de pâtes de son menu quotidien.
Mais décrocher une alternance, peut souvent ressembler à un exploit digne des aventuriers de l’impossible car « traverser la route » peut s’avérer dangereux les jours de grande circulation.
Ensuite, une fois en poste, si l’entreprises joue le jeu et investit vraiment dans la formation de ses alternants, alors l’accompagnement sera de qualité, l’alternance deviendra un vrai tremplin vers l’emploi durable, où l’alternant apprendra les codes de l’entreprise développera des compétences pratiques et s’intègrera progressivement.
Mais si l’entreprise ne s’implique pas, si l’encadrement est insuffisant, les missions peu valorisantes, alors le manque de reconnaissance pourra transformer l’expérience en simple stage déguisé, avec badge d’accès mais surtout la possibilité de développer une passion pour le dépliage de trombones.
C’est là que certains étudiants découvriront que « formation » rime surtout avec « photocopieuse » et « machine à café », l’alternance devenant un jackpot au seul profit de l’entreprise qui s’offrira un salarié motivé, pas cher, et subventionné, ce dont elles profiteront pour transformer l’alternance en « période d’essai » sans obligation d’emploi.
Bien sûr chaque médaille ayant son revers, des entreprises motivées pourront hériter de cas sociaux prétentieux pour qui la période en entreprise prendra les allures d’un test de l’effet Dunning Kruger.
