Un homme circulant en excès de vitesse est intercepté par une patrouille.
– Monsieur, vous rouliez trop vite donnez-moi vos papiers et ceux du véhicule
– Je n’ai pas de papiers et ce n’est pas mon véhicule !
– A qui est ce véhicule ?
– Je l’ignore, peut-être au mec qui est dans le coffre ?
– Il y a un homme dans le coffre ?
– Oui, mais rassurez-vous il est mort, donc il ne risque pas d’étouffer.
– Vous dites qu’il y a un mort dans le coffre ?
– Ben oui, je l’y ai mis, après l’avoir tué pour lui voler sa voiture.
– Quoi ? Vous l’avez tué ?
– Oui, et ensuite j’ai rangé mon arme dans la boite à gant, d’ailleurs c’est peut-être là que sont ses papiers, attendez je vais chercher.
– Ne touchez pas à la boite à gants et sortez du véhicule les mains en l’air.
Le gars obtempère pendant que le flic le maintien en joue et appelle son collègue pour lui demander des renforts.
Quand la patrouille arrive, le conducteur est interrogé par le chef, qui lui demande d’ouvrir le coffre, rien dedans, pas de cadavre. Il lui demande d’ouvrir la boite à gants, pas d’arme et le gars en profite pour prendre les papiers et les tendre au gradé.
– C’est votre voiture ?
– Ben oui, pourquoi ?
– D’après l’agent, vous l’auriez volé après avoir tué son propriétaire et mis son cadavre dans le coffre
– Ah bon ? Et il vous a aussi dit que je roulais trop vite ?
« Tout ça pour dire quoi ? » grognera l’agelaste rabelaisien.
Sachant que l’énergie nécessaire pour réfuter une connerie est supérieure à celle nécessaire pour la produire, noyer une vérité dans une mer d’ineptie est l’arme ultime de celui qui veut la faire oublier.
Il introduit des éléments faux dans une affaire sérieuse, il attend que l’on prouve qu’ils sont faux, enfin il utilise cette preuve pour dire : « Vous voyez, il a menti sur le cadavre dans le coffre, donc il ment aussi sur l’excès de vitesse ».
En saturant le cerveau avec des émotions, on endort sa réflexion, on peut ainsi placer une rumeur qui se propage en 10 minutes sur les réseaux sociaux, quand l’analyse de centaines de pages sur les gabegies de l’audiovisuel prendrait des dizaines d’heures de lecture.
De plus en ne donnant pas les infos ou en disant : « c’est dans les documents qui ont été fourni mais qui sont frappés du sceau du secret des affaires », on contraint la victime à parler sur la base de « ce qu’elle a pu voir mais ne peut pas prouver par l’image » dans le but de la fragiliser et permettre à ses opposants de l’accuser de « lancer des accusations sans preuves ».
L’objectif, c’est d’ancrer dans l’esprit du public et des députés, que le rapporteur n’est pas fiable et faire perdre aux 300 pages de son rapport leur caractère de neutralité républicaine.
Leur but n’est pas de prouver que le groupe gère bien ou mal son argent, mais de prouver que le rapporteur est « trop controversé » pour qu’on l’écoute.
Et vous? Tomberiez vous dans le piège, ou exigeriez vous la diffusion du rapport ?
