En matière de contrainte respiratoire, les certitudes sont souvent du côté de ceux qui respirent bien.
Le retour du printemps, période bénie où le citadin rêve de fuir la grande ville et la pollution urbaine, quand l’habitant des campagnes rêve de l’hygiène parfaite qu’incarne la modernité citadine d’une salle blanche.
Pour ceux qui n’ont pas la chance de connaitre la détresse respiratoire aux urgences en pleine nuit, la crise d’asthme se résume à un flacon de Ventoline et beaucoup de cinéma autour de ces gens qui empêchent le fumeur lambda de se livrer à son vice.
Eh oui, les pathologies respiratoires, comme le deuil ou le chagrin, sont la manifestation d’un désordre qui ennuie surtout les autres.
Ce que le troll des labos peine à comprendre parce que pour lui « les pesticides et autres produits dérivés de l’industrie qui s’enrichie de nos maladies, sont des avancées technologiques au service de l’humanité », c’est que la notion de bénéfice risque n’est jamais en faveur de celui qui souffre, la preuve étant que la nouvelle loi sur la mise à mort des innocents permettra de l’envoyer ad patres s’il fait mine de se plaindre.
« Respirez calmement » dit le pompier plein de sollicitude réveillé dans son premier sommeil à cause de vos poumons qui miaulent comme des chatons parce que le paysan local « s’est livré dans la journée à son sacerdoce agricole encadré par des experts missionnés pour nous expliquer que les intolérances sont la faute des intolérants, et que tout ça c’est dans la tête » … Freud aurait adoré.
« Arrête ton cinéma » dit le voisin fumeur qui ingère ses volutes sans tousser depuis des décennies et respire sans y penser quand de votre côté vous pensez surtout à respirer.
« Tout ça pour dire quoi ? » soupirera celui qui trouve que dormir assis en mode pharaon sur son trône avec les poumons en mode serpillère mouillée relève surtout d’une volonté de se singulariser et compare le bruit du shoot de Ventoline au sifflement d’un serpent nous faisant passer pour des hypocrites.
Tout ça pour dire que vu sous l’angle respiratoire et environnemental, notre cas est un point réel et documenté, que les expositions aux pesticides chez les riverains de zones agricoles sont associées à un risque accru de pathologies respiratoires, comme l’asthme, ou de troubles chroniques, que des études montrent des liens entre certains insecticides et l’asthme et que, n’en déplaise aux trolls, du point de vue de la réalité de ceux pour qui respirer devient soudain une activité à plein temps, ce n’est pas du complotisme.
Mais, si une certaine science accumule les preuves d’un bénéfice-risque très défavorable pour les populations exposées involontairement, l’industrie concernée, ses lobbys et ses trolls, continuent de pousser ses produits, considérés comme « avancées », dans le déni ou la minimisation, ce qui est rageant pour ceux qui vivent avec des poumons qui, probablement au nom d’un poésie nostalgique, sifflent dans la nuit comme de vieilles locomotives.
