Bien sûr, toute ressemblance, bla-bla-bla, etc.

Je ne cesse de le répéter, il n’y a pas d’inutile, même le troll qui me colle aux basques à la sienne, mais je tairais laquelle.

Tout le monde a sa spécificité, citons l’opportuniste – aussi appelé « champion du retournement de veste » et chanté en son temps par Jacques Dutronc – qui est une espèce protégée de mammifère social capable, pour qui sait s’en servir, de contribuer efficacement à la manipulation des masses.

Sans eux, le monde serait d’une stabilité affligeante, les débats ennuyeusement cohérents et les conversations de comptoir privées de leur principale animation : « Tu te souviens quand il disait le contraire ? »

De même un certain leader politique peut-il passer pour un visionnaire auprès de ses militants ébahis quand il prophétise que les opportunistes changeront de comportements au second tour d’une élection, ce qui ne relève pas de la divination ni du génie stratégique, mais de l’anthropologie sociale.

Vous doutez ?

Dans une époque où tout comportement qui diverge un tant soit peu de la pensée unique imposée par le ministère de la vérité subit un réflexe pavlovien de « reductio at hitlerum », le plus célèbre n’est-il pas celui qui, au lendemain de la défaite de l’envahisseur allemand, arborait un brassard FFI qu’il portait avec d’autant plus de fierté qu’il avait collaboré pendant les années d’occupation?

Le retournement de veste, assimilé, par le quidam lambda, à la girouette qui tourne avec le vent, est un phénomène, directement lié à une forme sophistiquée d’instinct de survie, qu’il condamne plus par envie, jalousie et peur du « qu’en-dira-t-on ».

En cas de danger on s’allie à celui qui pourra défendre le clan, protéger notre vie, celle de nos enfants et accessoirement notre carrière, il faut donc être remarqué par l’individu dominant en optant pour une pratique injustement nommée « léchage de pompe », car l’opportuniste s’adapte plus vite, c’est tout.

« Tout ça pour dire quoi ? » bêleront ceux qui n’ont pas encore assimilé qu’en anglais Lamb signifie mouton.

Dans les faits, nous changeons régulièrement d’orientation en fonction des marchés, des modes, des saisons, nous sommes tous des opportunistes qui troquons la doudoune contre une chemise légère, sauf si on continue de suer dans notre anorak parce qu’on ne veut pas avouer qu’on ne fait pas confiance à la météo.

Pourquoi ?

Par flemme, parce que le cerveau – qui n’aime pas le changement qui remet en cause « ces projets qu’il a construit pour se donner l’impression de maîtriser son avenir et le confronte à l’inconnu qui lui donne des angoisses » – préfère le confort des situations établies, stables et anticipées où telle la cigale, il s’installe dans le convenu et critique la fourmi, à qui il en veut moins d’avoir changé d’avis, que d’avoir eu raison trop tôt.

Tout DRH qui gère l’accompagnement du changement le sait très bien.