Aux armes citoyens !
L’actualité parfois prête à réfléchir. Cette tribune des « généraux », appelée ainsi alors que tous les grades sont représentés, car ne vous trompez pas il y a aussi des castes chez les militaires. Il n’y aurait eu que des soldats, des sous-officiers ou officiers subalternes à signer je ne pense pas que l’émoi aurait été aussi grand. Mais un adage dans l’armée de terre, est significatif, la hiérarchie est une science exacte.

Étant officier, dit supérieur, à la retraite, et attentif à la vie politique je me permets d’écrire sur le sujet. Tout d’abord, je rappelle ou j’informe que les généraux ne sont pas à retraite, mais en 2ème section. Ce qui signifie qu’ils sont à la disposition du Ministère des Armées, et que leur solde est un revenu d’activité et non une pension, ce qui leur permet de déduire 10% dans leur déclaration de revenus.
Ensuite le devoir de réserve qui est brandit. Quoi la grande Muette s’émeut, c’est scandaleux, et le devoir de réserve ? Je vous laisse prendre connaissance de l’article s’y référant dans le code de Défense :
Article L4121-2
Les opinions ou croyances, notamment philosophiques, religieuses ou politiques, sont libres.
Elles ne peuvent cependant être exprimées qu’en dehors du service et avec la réserve exigée par l’état militaire. Cette règle s’applique à tous les moyens d’expression. Elle ne fait pas obstacle au libre exercice des cultes dans les enceintes militaires et à bord des bâtiments de la flotte.
Indépendamment des dispositions du code pénal relatives à la violation du secret de la défense nationale et du secret professionnel, les militaires doivent faire preuve de discrétion pour tous les faits, informations ou documents dont ils ont connaissance dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de leurs fonctions. En dehors des cas expressément prévus par la loi, les militaires ne peuvent être déliés de cette obligation que par décision expresse de l’autorité dont ils dépendent.
Comme vous avez pu le lire rien n’interdit à un militaire de se prononcer sur l’état de la France, de ses banlieues, et d’autres zones de non-droit.
Autre élément qui me chagrine c’est l’interprétation qui est faite de cette tribune. Un appel à la sédition, au putsch, à la guerre civile, ou à l’opposé un simple appel à la prudence. Ce que je retiens surtout, c’est qu’effectivement la phrase est interprétable. Ce qui veut dire tout simplement qu’elle est mal écrite. Certaines mauvaises langues en ont d’ailleurs fait la remarque, c’est écrit par un militaire, donc forcément la littérature ce n’est pas son fort (vous me pardonnerez ce vilain jeu de mots). Je me permettrai de rappeler quelques noms de militaires qui me viennent à l’esprit et qui ont écrit quelques belles lignes, Segalen, Loti, Saint Exupéry, Giraudeau, et De Gaulle. D’ailleurs il y a même une association d’écrivains de Marine.


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Voyager à travers le monde, sur les bâtiments de la Royale, permet si ce n’est de bien écrire, du moins de disposer d’une ouverture d’esprit qui ne s’assimile pas à une fracture du crâne (Desproges).
Bon vent et belle mer
Alain Raynaud

Après les attentats du 13 novembre 2015, policiers et gendarmes avaient été autorisés à conserver leur arme en dehors de leur temps de travail, sous certaines conditions, l’idée étant de leur permettre de se défendre le cas échéant ou d’intervenir pour mettre hors d’état de nuire des terroristes. Cette disposition fut ensuite pérennisée par l’arrêté du 25 juillet 2016 portant règlement général d’emploi pour les forces de police et par la note du 4 juillet 2016 relative aux conditions de détention et de port de l’armement individuel hors service pour la gendarmerie
http://www.opex360.com/2020/11/18/un-depute-veut-autoriser-les-militaires-a-faire-usage-de-leurs-armes-en-dehors-du-service-en-cas-dattaque-terroriste/
En 2016, le dépué LR demande Frédéric Lefebvre demande l’activation de l’état de siège
https://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/decryptages/2016/07/19/25003-20160719ARTFIG00318-etat-d-urgence-etat-de-siege-etat-de-guerre-quelle-difference.php
Ce n’est pas la première fois que l’on vote ou que des députés proposent de faire intervenir l’armée, et Vigie -pirate qu’est ce que c’est si ce n’est l’armée dans les rues. On les a croisé il y a pas si longtemps dans nos rues.
Et c’est ce que rappelle les généraux que le laxisme peut amener à faire intervenir l’armée sur ordre du Parlement.