L’idéal de cette question de l’enseignement, le voici :

L’instruction gratuite et obligatoire.

Obligatoire au premier degré seulement,

gratuite à tous les degrés

Victor Hugo

Encore une réforme de l’enseignement ?

Qu’on le veuille ou non, l’avenir d’une civilisation se façonne à l’école et les gouvernements successifs en sont les maîtres d’œuvre. C’est ainsi que l’école est obligatoire chez nous à 3 ans. Que dans d’autres pays les filles n’y ont pas droit, etc.

Publié fin 2023, le rapport PISA classe la France à la 23e place sur 85 (1), Il n’y a pas eu d’amélioration depuis 2019 (2)

Pas brillant pour le pays des Lumières. Oui, il faut une réforme en profondeur, mais il faudra la faire avec les enseignants et prendre un an avant de décider de quoi que ce soit. Il n’y a pas que les programmes, la pédagogie, les diplômes, il y a aussi tout ce qui concerne le rectorat, l’administratif, l’immobilier, etc.

Éducation Nationale ou Instruction Publique

Depuis notre naissance, notre rôle de consommateur prédomine, mais notre véritable engagement dans la société ne prend forme qu’au moment de l’entrée en maternelle. Cette responsabilité cruciale de déverrouiller les portes du savoir pour tous, tout en respectant les aspirations, ainsi que les potentiels, et les dons de chacun reposent sur les épaules des éducateurs, des professeurs, des formateurs et des tuteurs. L’importance de l’enseignant ne peut être minimisée, rivalisant même avec celle des parents et des premiers éducateurs, car ce sont eux qui façonnent le futur citoyen que nous serons. Dans ce contexte, il est impératif de rendre hommage aux maîtres et aux professeurs, termes qui portent en eux une signification profonde. Que ce soient les enseignants de l’éducation nationale ou du secteur privé, ceux de l’entreprise ou simplement les personnes croisées au fil de notre vie, tous méritent notre respect, car ils nous transmettent leurs connaissances, leurs savoirs, leurs savoir-faire et leur savoir-être.

D’instruction publique, l’école est devenue l’éducation nationale, bien qu’en majorité, les enseignants proclament que l’éducation doit revenir exclusivement aux parents et que ce n’est pas leur rôle. Devant le nombre des heures de cours, il va falloir revenir sur cette idée et inclure l’éducation, sachant que l’enfant passe autant d’heures à l’école dans la journée qu’avec ses parents, si ce n’est plus en décomptant les heures de sommeil.

La finalité de l’enseignement a changé depuis Thiers. Au XIXe siècle, lire, écrire, compter et l’enseignement religieux étaient les principales matières. Seuls, les plus aisés continuaient le cursus pour un emploi intellectuel et les plus riches pour leur culture personnelle. Ne soyons pas hypocrite, au XXIe siècle, l’enseignement programmé par l’État est dispensé pour nous permettre de participer à la croissance du pays, et ensuite seulement pour nous permettre de nous valoriser personnellement. (3) Plus le peuple est instruit, plus la valeur ajoutée de ses cerveaux augmente son PIB dit-on.

Aujourd’hui, nous nous instruisons pour pouvoir exercer un métier, une profession et non pour lire Montesquieu, Racine ou le dernier Renaudot.

Redonner au travail toute sa valeur

L’humain n’est pas fait pour travailler et gagner de l’argent. C’est la société qui l’a déterminé ainsi. Pendant la pandémie de la Covid, beaucoup de personnes se sont posées la question sur le sens qu’ils donnaient au travail. Avait-il encore une valeur autre que d’avoir une rentrée d’argent à la fin du mois ? Sur Internet on a cherché à expliquer cette valeur, ce sens et comment le trouver.

Les trois principaux critères :

  • faire (apprendre et évoluer)
  • avoir (être rémunéré pour ses services)
  • être (se sentir valorisé)

Les conséquence de la perte de sens du travail sont importantes pour l’entreprise

  • augmentation de l’absentéisme
  • augmentation du turnover (ratio entre les départs et les arrivées dans l’entreprise)
  • risque de dépression et d’anxiété
  • baisse de productivité
  • désintéressement pour son emploi

Aussi étrange que cela puisse paraître à certains, c’est à l’école que se donne la valeur et le sens du travail. Si un jeune en sort démotivé, il risque de le rester toute sa vie.

C’est au moment de l’orientation, c’est au moment où le jeune devenu un adulte chevronné se remet en question qu’interviendrait ….. l’ENAC, pour redonner une seconde ou troisième chance à nos choix de vie.

L’orientation dont dépendra toute une vie

L’école a depuis les années 60, subi bien des aménagements et des réformes, qui, sans mettre en cause le dévouement et les compétences des enseignants, a du côté administratif et pédagogique bloqué complètement son dynamisme. L’éducation nationale travaille-t-elle pour faire des universitaires laissés sur le carreau, ou bien pour faire, des enfants qui lui sont confiés, des adolescents et des adultes qui seront « bien dans leur tête et leurs baskets » ? A vouloir faire de l’égalité à tout prix, à vouloir mettre tout le monde dans le même moule, pour que les enfants puissent « suivre », on tire vers le bas, on brime les individualités, on ne récompense plus l’effort. L’on en revient toujours aux orientations qu’il faut définir lorsqu’on souhaite parler d’égalité. Est-ce un synonyme d’uniformité par la finalité du résultat sans tenir compte des souhaits et des compétences de chacun, ou bien l’égalité des chances, qui prend en compte les désirs de l’individu et qui créera forcément des inégalités intellectuelles et par suite des inégalités sociales ?

A force de se l’entendre dire, le smicard s’est senti dévalorisé par ce que les « intellos » ont surnommé dérisoirement « les petits métiers », qui sont si utiles à la communauté. Non seulement son métier n’est pas valorisé financièrement , mais en plus il est dénigré. Nos aïeux disaient à juste titre : « Il n’y a pas de petits métiers, ni de sots métiers, mais de sottes gens, pour avoir un pareil discours ». On a autant besoin d’artisans, de serveurs, de rippers, que de professeurs, ou de chercheurs. Ces professions et non ces « boulots » doivent être revalorisés, ainsi le préadolescent pourra sélectionner les filières scolaires vers lesquelles il souhaite s’orienter. A l’heure actuelle, s’il lui est tellement difficile de trouver un emploi à la sortie de l’école, c’est qu’il ignore totalement le métier qu’il souhaite exercer et encore moins les nombreux autres métiers qui en découlent. Pourtant certains jeunes savent très tôt ce qu’ils veulent faire, mais les parents, les profs et le fonctionnement du système les poussent à rester dans des voies générales où ils s’ennuient. Valorisons les voies professionnelles dès le milieu du collège.

L’ENAC : pour voler vers un nouveau job

« On ne fait bien que ce qu’on aime bien » a dit Colette et elle l’a prouvé en écrivant malgré toutes les contraintes de son époque.

De plus en plus de jeunes en décrochage scolaire, ou peu diplômés, et sans véritable horizon professionnel, se retrouvent au chômage. De même, de nombreux adultes sont contraints de changer de cap professionnel mais ne savent pas forcément vers quel emploi ou secteur d’activité se tourner.

De nombreuses associations, des antennes des établissements à caractère public placés sous la tutelle de l’État, tels Pôle Emploi, Missions locales, écoles de la seconde chance…, cherchent à « placer » les jeunes en recherche de formation et les demandeurs d’emploi. Mais par manque d’intérêt et de motivation, ces derniers se retrouvent rapidement à la case départ et placent ces différents dispositifs en situation d’échec.

Parallèlement à ce phénomène croissant, de nombreuses offres d’emploi ne trouvent pas preneur, notamment dans le commerce, les services et l’artisanat, première entreprise de France. (4)

Le manque de compétences, mais surtout la méconnaissance de certains de ces métiers, souvent dénigrés, en sont la cause.

Connaissez-vous le mythe de la caverne de Platon ? Dans sa grotte, un homme scrute par une fente le monde extérieur, son champ de vision ne lui permet d’avoir qu’une petite partie du monde qui l’attend à l’extérieur. Ce constat est applicable à un jeune qui cherche un projet professionnel, enfermé dans sa bulle, il ne voit ou ne connaît pas le monde qui l’entoure. Sait-il par exemple que certains métiers vont disparaître faute de non candidature à la reprise comme luthier, doreur sur bois, maréchal ferrant, fondeur de cloches … Connaît-il certains métiers comme bûcheron, fraiseur tourneur qui eux déboucheront vers un emploi durable et passionnant.

Ainsi, certaines activités disparaissent de nos villes par manque de repreneurs. C’est le cas par exemple des boucheries traditionnelles. En effet, l’école de la boucherie à Vanves compte 152 bouchers-charcutiers ont été formés pour 200 demandes d’emplois. (5) Cela peut s’expliquer par le manque d’intérêt des jeunes pour cette filière, également rebutés par les conditions de travail et les a priori d’un métier manuel. De plus, les diplômés sont immédiatement happés par la grande distribution.

Il est donc nécessaire et urgent de créer une structure qui mettrait en adéquation la recherche des demandeurs d’emploi, et l’offre des petites entreprises dans le domaine du commerce et de l’artisanat.

L’ENAC, Ecole Nationale de l’Artisanat et du Commerce, clin d’œil à l’ENAC, école Nationale de l’Aviation Civile pour un envol vers des cieux plus prometteurs, est née il y a une dizaine d’années de l’action du Président du centre de formations ACF à Versailles pour les jeunes de 16 à 25 ans en difficulté venant de Trappes, La Verrière, Elancourt…, mais malheureusement n’a jamais été mis en place, se heurtant à l’administration de l’éducation nationale.

Quelques années ont passés et le progrès techniques permettrait maintenant de passer à une étape supérieure avec l’E-formation N°1 de l’Artisanat et du Commerce (6)

 

Nos propositions

Ce que nous proposons pour tous demandeurs d’emploi ayant déjà travaillé et souhaitant changer de profession, pour tout collégien, désireux de s’orienter vers un métier manuel, mais ne sachant pas vers quel secteur s’inscrire, un accès à une plate-forme permettant de découvrir un panel de métiers de l’artisanat, du commerce et des services, regroupant par thème des vidéos montrant l’artisan, le salarié au travail.

Un panel de la diversité des professions expliquées (7) éviterait à beaucoup d’enfants de s’ennuyer dans des cours dont ils ne voient pas l’utilité, puisque l’école est pour eux une obligation, non un tremplin vers un but ou un idéal. Car il faut admettre que les difficultés que rencontrent certains enfants viennent des enfants eux-mêmes : manque d’attention, pas l’envie, n’aime pas le professeur…

La formation tout au long de la vie depuis la maternelle jusqu’à la fin de notre vie active, – la retraite n’étant pas un arrêt de toute activité, – devient une obligation, non seulement formulée par un désir politique, mais surtout par un constat de nos besoins engendrés par notre société. Elle nous permet d’évoluer, de ne pas nous couper du monde social et de nous adapter aux nouvelles techniques. Quant à ce que nous souhaitons apprendre, cela doit rester un choix personnel.


(1) https://www.linternaute.com/actualite/education/1310839-classement-pisa-2023-quels-sont-les-resultats-de-la-france/

(2) https://www.lefigaro.fr/actualite-france/niveau-scolaire-la-france-stagne-dans-le-classement-pisa-20191203
(3) Le sociologue Louis Chauvel dénonçait “le sacrifice des jeunes”. “Les nouvelles générations connaissent une désespérance profonde et leur soutien au système se délite progressivement : les adolescents des banlieues voient qu’ils n’ont rien à attendre ; les étudiants en licence constatent que leurs diplômes ne leur donnent pas la place que leurs parents auraient eue avec un baccalauréat”. Les étudiants ne souffrent pas que de difficultés d’orientation. Ils sont d’abord victimes de l’inflation scolaire qui diminue fortement la valeur de leur diplôme et les contraint à des études de plus en plus longues sans forcément décrocher de diplôme ou de perspectives d’emploi intéressantes.
(4) Le secteur de l’artisanat dépasse aujourd’hui le cap du million d’entreprises. Présent dans les secteurs de l’alimentation, du bâtiment, de la production et des services, l’artisanat rassemble plus de 510 activités différentes et occupe ainsi une place privilégiée dans l’économie française.
(5) https://www.lemonde.fr/campus/article/2020/02/24/les-ecoles-de-boucherie-a-la-recherche-d-apprentis-tentent-de-seduire-de-nouveaux-profils_6030595_4401467.html
(6) La Chambre des Métiers d’Ile de France a mis en place un site web « lesmetiers.net”. Ce site d’information sur les métiers et les formations est gratuit. Sauf qu’il faut s’y retrouver dans les 32554 formations proposées
(7) Les ROME (fiches descriptives des métiers) devraient être non seulement à disposition, mais aussi commentées.