Pour structurer cette transition, les commissaires au plan sont essentiels. Leur mission :
- Définir les fondamentaux de cette évolution.
- Construire des scénarios stratégiques, avec :Un agenda opérationnel à court terme,
- Un plan prévisionnel à moyen terme,
- Une vision indicative à long terme.
Vers une nouvelle stratégie industrielle
L’économie du XXIe siècle repose sur un tissu industriel radicalement différent de celui du siècle dernier. Aujourd’hui, les biens et services intègrent de plus en plus d’intelligence et d’innovation. Ce ne sont plus uniquement les grandes entreprises qui concentrent capital et main-d’œuvre, mais un maillage d’entreprises à taille humaine misant sur l’expertise et la créativité.
Les solutions : Un plan structuré en deux axes
1er axe : Une volonté politique forte
Un plan industriel ambitieux repose sur une volonté politique claire et des choix d’investissements cohérents avec les attentes de la population.
Le financement : un levier et non un frein
La dette publique ne doit pas être un épouvantail si elle finance des infrastructures et des services générateurs de richesses. L’État peut ainsi investir stratégiquement pour obtenir un retour sur investissement via les redevances, la fiscalité ou la croissance collective.
Trois modèles d’engagement des entreprises :
Le modèle “dual” (cas général en France) : L’État subventionne en complément des investissements privés. Malheureusement, ce système maintient des activités existantes sans réellement en créer de nouvelles.
Le modèle “pirate” : Certaines entreprises captent des aides sans investir, détournant ainsi l’argent public.
Le modèle “de confiance” : Les entreprises investissent sur fonds propres, preuve qu’elles croient en la stabilité et la viabilité du plan industriel.
2e Axe : La Capacité Opérationnelle des Entreprises
Pour réussir la réindustrialisation, les entreprises doivent être en mesure de répondre aux attentes du plan. Cela implique plusieurs éléments clés :
Des ressources humaines adaptéesFormer des populations aux métiers industriels et commerciaux du futur. La France bénéficie encore d’un système éducatif performant, bien que fragilisé.
Une infrastructure énergétique fiableUn réseau de production et de distribution d’énergie stable et durable est essentiel.
Un cadre propice aux investissementsUn système de santé performant et accessible.
Un climat de sécurité publique rassurant.
Un environnement social garantissant une rémunération juste entre capital et travail.
Une fiscalité et une politique sociale cohérentesLa confiance des investisseurs repose sur la stabilité des règles du jeu.
Un cadre fiscal attractif favorise les investissements privés
Sans oublier une diplomatie de confiance envers les pays étrangers fournisseurs de matières premières.
Plutôt qu’une pression fiscale excessive, privilégions une réduction progressive des coûts sociaux, avec des mesures stables et équitablement réparties entre travailleurs et investisseurs.
Un plan tourné vers l’avenir
L’État doit investir de manière stratégique, non seulement dans les infrastructures, mais aussi dans le capital humain et matériel. Une dette bien orientée doit être compensée par la croissance économique, et non par une simple redistribution.
Favoriser la consommation de biens et services français
Sans tomber dans le protectionnisme, la France doit encourager la consommation locale et renforcer ses exportations sur des secteurs stratégiques, tout comme elle doit réconcilier l’industrie avec des produits réparables et recyclables.
Que produire et comment ?
La réindustrialisation ne peut se faire sans une vision claire des secteurs à développer ni sans une stratégie cohérente pour reconstruire un avantage compétitif durable. Il ne suffit pas d’identifier les industries d’avenir, encore faut-il leur donner les moyens de s’implanter, de prospérer et de s’inscrire dans une dynamique territoriale équilibrée.
Rebâtir une industrie structurée et pérenne
Pendant des décennies, la France a bradé ses fleurons industriels (Areva, Vivendi, ELF…) au nom de la lutte contre les monopoles, avant de racheter certaines de ces unités, révélant ainsi une absence totale de vision à long terme. Il est impératif de mettre fin à cette gestion erratique et de définir une politique industrielle stable et ambitieuse. Cela passe par :
- La création de filières stratégiques intégrées, capables de couvrir l’ensemble de la chaîne de valeur, de la recherche à la production.
- La mise en place de mécanismes de protection et d’incitation pour éviter que les entreprises essentielles ne passent sous contrôle étranger.
- Un partenariat renforcé entre l’État et les entreprises pour assurer une vision industrielle de long terme.
- Retrouver un avantage concurrentiel grâce à l’énergie
La compétitivité industrielle repose en grande partie sur le coût de l’énergie. Autrefois un atout majeur, l’énergie bon marché en France n’est plus une réalité. Pour inverser cette tendance, il est nécessaire de :
- Investir massivement dans le nucléaire et les énergies renouvelables pour sécuriser un approvisionnement stable et abordable.
- Développer des infrastructures de production et de stockage adaptées aux besoins des industries.
- Réduire la dépendance aux marchés énergétiques volatils grâce à une régulation plus efficace et une production nationale renforcée.
Sauvegarder et moderniser les formations d’excellence
L’industrie ne pourra renaître sans une main-d’œuvre hautement qualifiée. Or, les formations d’excellence, qu’il s’agisse des grandes écoles, des universités ou de la recherche publique (CNRS, CEA), sont en perte de vitesse. Pour inverser cette tendance, il faut :
- Renforcer les formations techniques et scientifiques en les adaptant aux besoins des nouvelles industries (intelligence artificielle, robotique, énergies propres, etc.).
- Mieux coordonner les acteurs académiques et industriels afin de créer des cursus directement connectés aux débouchés professionnels.
- Revaloriser les métiers industriels pour attirer une nouvelle génération de talents.
Image générée par l’IA ARIA
