Le cerveau humain est comme un coloc, intelligent mais économe de ses moyens – en d’autres termes un feignant -, qui ne fait que ce qu’il a envie de faire, pour une raison qui tient en un mot : « équilibre ». Il passe son temps à le rechercher et quand il y parvient il reçoit sa récompense sous forme d’une émotion nommée joie.
Une promesse de joie c’est le susucre, la récompense, le bisou, le cadeau qui lui dit qu’il a bien travaillé, il y est accro et se conduit comme un camé en manque.
Au moindre déséquilibre, il lui faut sa dose mais comme il est comptable de son énergie, pour se donner l’envie de se bouger, il a créé le « désir ».
Le désir transforme un besoin à satisfaire en un but à atteindre, il offre un enjeu et l’espoir d’une récompense, ce qui est pratique car le cerveau n’aimant pas l’inconnu – dont le futur est l’exemple type – s’il n’avait pas l’espoir d’une récompense il se laisserait dominer par la peur.
Donc pour empêcher l’action, il faut supprimer l’espoir et contraindre le cerveau à rester esclave de sa peur, je ne cite personne mais suivez mon regard.
C’est là que tout se joue, comme dans une rencontre amoureuse où personne ne nous oblige à nous intéresser à l’autre – il n’y a pas encore de contrat, pas de règle, pas de pression – il y a du désir parce que la seule nécessité de se reproduire, imposée par l’instinct de survie, ne suffit pas.
Si l’un des protagonistes disait à l’autre : « Tu dois m’aimer, parce que c’est important pour toi », ça ne marcherait pas car l’amour se désire, il ne s’exige pas, si l’on va vers l’autre c’est de son plein gré, parce qu’on le désire et qu’on en a « envie ».
Quand le désir disparaît d’une relation – parce que la haine est plus facile à solliciter quand l’amour demande des efforts et que le cerveau est économe – il va viser la fin de la relation pour obtenir son susucre.
Détruire étant plus facile que construire – je prends à témoin tous ceux qui ont mis du temps à construire un tour de cube que leurs petits-enfants ont détruit en riant – mais procurant une dose de joie si on en a le désir – revoir utilement la liesse résultant du sacrifice d’un pharmakos – la haine peut réunir autant si ce n’est mieux que l’amour, le changement de stratégie marketing de certains partis politiques en est la preuve.
« Tout ça pour dire quoi ? » susurreront langoureusement ceux qui ont compris que séduire commence par se rendre désirable.
Ben pour dire qu’on arrive à la période des élections et que même si une bonne partie de la population éprouverait de la joie à voir le locataire du palais devant un peloton d’exécution pour le remercier de cette décennie de bonté, tout changement restant un déséquilibre, le cerveau a besoin de sa dose et c’est le rôle des promesses de campagne – que personne ne tient – de lui donner de l’espoir, et de créer le désir de voir ce que nous réserve l’après.
C’est de la manipulation et du théâtre, pensez-y quand viendra le moment.
