Sur les réseaux sociaux, comme en entreprise, il existe une espèce prédatrice – qui n’a rien d’impressionnant, c’est une petite bestiole insignifiante mais particulièrement toxique – que l’on reconnaît facilement parce qu’elle ne parle jamais à quelqu’un, elle parle sur quelqu’un.

Tout commence par un cri guttural, sorte de borborygme de l’animal persuadé d’être un aigle quand il a plutôt la stature d’un Bengali : « Ettouâtenpensekouâ ? », contrairement à ce qu’il laisse supposer, ce cri n’invite pas à la discussion, il sert à attirer la victime sur le terrain de chasse, ce qui ressemble à une question ouverte, est en réalité déjà fermé.

Avant même que l’autre n’ouvre la bouche, elle lui a collé une identité clé en main, technique simple et efficace car en définissant son interlocuteur avant qu’il ne parle, elle n’a plus besoin de l’écouter, tout ce qu’il dira confirmera ce qu’elle a décidé de penser de lui.

Une fois l’étiquette bien collée, vient l’exigence de prise de position, peu importe laquelle, le but n’est pas la cohérence mais la domination.

Après l’étiquetage préventif et l’injonction impossible, vient le procès d’intention.

A ce stade, pas de débat, peu lui importe, elle va reprocher à l’autre ce qu’elle vient elle-même d’empêcher, elle emploie des formules « magiques » éprouvées par des générations de pervers toxiques dans le style : « il est inutile de répondre, je sais déjà ce que tu vas dire. », parlant à la place de l’autre tout en prétendant l’avoir écouté.

Quand elle est démasquée elle affiche son mépris – qu’elle considère comme une preuve d’intelligence – le sarcasme remplace alors l’argument et l’ironie remplace la pensée, l’échange devient un problème d’ego.

Toute domination ayant besoin d’un alibi moral, quand elle sent lui échapper sa position de persécuteur, en une pirouette elle inverse les rôles et s’affiche en victime.

Ainsi, la petite bestiole qui attaque depuis le début se découvre soudain agressée, elle insulte mais se proclame indignée, elle méprise mais exige de l’empathie, elle se pose en « justicier blessé » après avoir frappé.

Ce qu’elle cherche réellement est simple et sombre, elle veut écraser ce qu’elle ne peut pas contrôler.

Si vous êtes victime de cette bestiole, vous n’êtes pas « rien » comme elle tente de vous en persuader, car elle ne s’attaque jamais à plus faible qu’elle, mais à ceux qui lui résiste.

Quand elle ne parvient pas à vous détruire, elle tente de salir votre entourage, votre image, votre intégrité, au fil des messages, sous couvert de vertu, malgré les lois, malgré les chartes, malgré les textes, car la toxicité n’est pas un dérapage, c’est une méthode.

Pour votre bien-être, soyez indulgents avec ces bestioles qui se pensent au‑dessus du lot parce qu’elles parlent fort, citent leurs titres, brandissent leurs réussites, elles sont juste faibles et stupides, car pour exister l’intelligence n’humilie pas, la bêtise, elle, ne se gêne pas !