Résilience

par | Oct 12, 2021 | Blog, Ecologie, Territoires | 0 commentaires

« Repentez-vous d’être un pollueur, repentez-vous d’être l’assassin de la nature, repentez-vous d’être blanc, repentez-vous d’être un homme, repentez-vous d’être français ! Expiez vos fautes en détruisant vos armées qui oppressent, votre police qui violente, votre éducation qui perpétue les crimes, baissez la tête quand on vous insulte car vous n’êtes digne de rien et ceci jusqu’à votre mort car vous ne pouvez être pardonné…l’apocalypse avant la fin du siècle est pleinement de votre responsabilité. »

Nos chers prédicateurs fou...

Les millénaristes qui arpentent les rues et les universités de France en ce début de 21ème siècle n’ont rien à envier aux millénaristes de l’an mille : « l’apocalypse avant l’hiver » ; la culpabilité, la repentance et la mort, voilà le seul programme qui nous est servi matin, midi et soir et il aura les mêmes résultats : RIEN. Cette vision est religieuse et n’a rien de réel. Pire, en encourageant les gens à revenir à des pratiques ancestrales, ceci pourrait être totalement contre-productif : Il y a plus de maladies respiratoires dans les pays faisant la cuisine au feu de bois que dans n’importe quel pays industriel avancé…

Sans nier les problèmes qui nous attendent laissez-moi vous apportez une vue nettement plus positive : La technologie et les avancées majeurs dans tous les domaines scientifiques et humains au cours des deux derniers siècles ont fait plus pour l’humanité que les 10 000 ans qui précèdent.

  • En France la mortalité infantile est passée de 370 pour mille naissances à la révolution française à 150 en 1900 puis 3,7 en 2010.
  • L’espérance de vie à la naissance est passée de 35 ans à la révolution française à 82 ans en 2010.
  • Il n’y a jamais eu aussi peu de morts dû à la guerre, de même le nombre de conflits a été réduit drastiquement. C’est l’information à propos de ces conflits qui a augmentée, pas le nombre de conflits.
  • En 2020 la possibilité de mourir de faim dans le monde a quasiment disparu.

Il ne s’agit pas là de présenter un monde idéal mais simplement montrer factuellement que les avancées sociétales et scientifiques ont apporté un monde bien meilleur et plus pacifique que jamais auparavant. Les problèmes auxquels l’humanité fait face depuis des milliers d’années ont été résolus un par un et nous sommes en bonne voie d’en résoudre la grande majorité. Pour ne donner que quelques exemples : Les droits de l’homme, la pénicilline, l’électricité et Internet ont sauvés bien plus de vies dans le monde que bien d’autres choses auparavant.

Dans ce tableau tout à fait enthousiasmant, l’humanité doit faire face à un danger climatique que nous sommes en mesure de voir venir grâce à la science moderne. D’autres n’ont pas eu cette chance car il ne s’agit aucunement du premier bouleversement climatique que l’humanité a connu ; Il y a 10 000 ans, lors de la fin de la dernière glaciation, la remontée rapide des eaux a sans doute éradiqué les premières civilisations naissantes près des rivages et aux bords des fleuves, le niveau de la mer était 150 mètres plus bas ! Il y a 56 millions d’années, certes l’homme n’était pas encore là, le climat était plus chaud de 6 degrés en moyenne ; des hippopotames et des crocodiles vivaient au Groenland actuel…

Quelles que soient nos actions immédiates nous allons faire face à de nombreux changements difficiles et dangereux, les conditions naturelles vont être plus difficiles mais l’espèce humaine ne va pas s’éteindre et il ne va pas y avoir d’apocalypse ! Comme notre espèce l’a toujours fait, nous allons nous battre et nous adapter : notre expérience sociétale, nos connaissances scientifiques et notre prise de conscience de notre responsabilité vis à vis du vivant n’ont jamais été aussi grandes. L’humanité entre dans l’âge adulte et nous sommes potentiellement prêts. Encore faut-il ne pas sombrer dans le bigotisme ultra religieux de nos millénaristes écologistes. L’écologie est un sujet trop sérieux pour le laisser entre les mains d’apprentis staliniens verdoyants…

Dans le monde qui nous attend, nous devons augmenter notre résilience en premier. Pour donner quelques exemples, nous ne pourrons éviter les tempêtes, les inondations, les vagues de chaleur ou les sécheresses, mais nous pouvons les anticiper et faire en sorte de nous remettre vite dès que le danger est passé. Cela veut dire de grands travaux sur notre territoire pour améliorer les digues ou les créer, construire de grands réservoirs pour garder l’eau de l’hiver, équiper les maisons pour lutter contre la chaleur, construire de nouvelles sources d’électricité car cette énergie va être essentielle pour faire face à tout ça et rendre le réseau électrique résiliant aux catastrophes afin qu’il ne tombe pas.

En bref, quand les barbares approchent, on renforce les murs et on forge les épées mais on ne détruit pas les murs en se disant que le village était plus beau avant !

Jérôme Moreels

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