TRAVAIL ET LIBERTÉ
Il est assez rare de trouver ces deux mots accolés. Le travail est assimilé à une torture, il est vrai que l’origine du mot y participe grandement. Donc travailler ne pourrait se concevoir dans la liberté mais uniquement sous la contrainte. Mais alors pourquoi des personnes travaillent librement et sans salaire ? Je parle de tous ces bénévoles qui irriguent les associations. Il y aurait donc une raison, un sens qui nous pousserait à donner du temps, à fournir des efforts en toute liberté. Les associations qui recrutent sont souvent celles qui participent à combler les besoins primordiaux de l’Homme : nourriture, hébergement, éducation, sport. Cela indique aussi en creux, que la société telle qu’elle est organisée par l’État ne répond pas, ou insuffisamment, à cette exigence.
Nous entrons, si jamais nous en étions sortis, en période électorale. C’est donc le moment, me semble-t-il, de discerner dans les programmes des impétrants ce qui fait sens, et l’attention portée à ces besoins primordiaux,
reconnaître qu’il est tenu, dans la vie publique et privée, par l’unique et perpétuelle obligation de remédier, dans l’ordre de ses responsabilités et dans la mesure de son pouvoir, à toutes les privations de l’âme et du corps susceptibles de détruire ou de mutiler la vie terrestre d’un être humain quel qu’il soit.
Mon optimisme indécrottable me montre au quotidien des initiatives qui participent de cette prise de conscience que l’homme a une exigence inscrite au plus profond de lui-même de faire le bien, et de s’inscrire dans une relation humaine chaleureuse. Regarder autour de vous, les tiers-lieux fleurissent, les repar’cafés, les trocs et d’autres encore.
Nous voyons également à notre époque des regroupements de personnes qui cherchent à mettre en pratique cette magnifique phrase de Bacon :
« l’homme commande à la nature en lui obéissant »
Car n’est ce pas la philosophie de cette redécouverte de la permaculture ?
Bref selon moi malgré, ce qui fait l’actualité mortifère entre les actes terroristes, les flambées de violence, les bruits de botte réels ou suggérés, il ne faut pas désespérer de l’homme
Bon vent, belle mer
Alain Raynaud




Apprécierait-on les vacances s’il n’y avait pas le travail ? Le travail c’est aussi rencontrer les autres. L’entreprise, l’association sont des lieux de rencontre. Il s’y crée des amitiés, des amours.
Bonjour Alain, merci pour cet espace de réflexion.
Si la réflexion se trouve dans le miroir, alors que dit mon reflet ?
Il dit : “Moi, j’aime ce que je fais, ipso facto, je ne fais que ce que j’aime”.
Et je crois qu’il a bien raison mon miroir…
On est malheureux en toute circonstance -y compris au travail-, ou réciproquement heureux en tout temps, lorsque l’on décide une fois pour toute d’avoir une telle attitude envers la vie.
Je crois que rien ne peut véritablement altérer l’intérieur de l’homme, seul son regard intérieur sur ce qu’il laisse entrer peut en définitive avoir un impact.
Pour moi, ce n’est pas le travail qui altère le bonheur, c’est le malheur porté qui rend le travail malheureux.
FJD.
Le travail semble être vécu comme une contrainte. Je pense que cela vient du fait que le travail est quantifié et associé à des notions de performances et d’objectifs à atteindre.
Si vous supprimé les objectifs exagérés induisant une certaine pression, le travail ressemble alors à un passe temps. Il n’est plus une contrainte, mais une occupation. On n’est plus un esclave, seulement un acteur.
Il suffit donc de peu de choses pour résoudre le problème.
Je vois mal comment ne pas fixer des objectifs à atteindre. Par contre il est important de s’assurer qu’ils soient atteignables.
Il y a d’autres aspects qui entachent le travail. C’est l’absence de sens, de méconnaissance de sa participation à un produit final.
Ne pas comprendre, ni appréhender l’utilité de votre tâche provoque cette dépression au travail
Non, il n’est pas important qu’ils soient atteignables mais que l’objectif soit facile a atteindre. Et si l’objectif est facilement atteint rien n’empêche la personne qui travaille de dépasser cet objectif et donc d’obtenir la satisfaction d’avoir plus que réussi. Atteignable sous-entend qu’on va monter la barre extrêmement haut, ce qui va mettre la personne sous pression et la rendre malheureuse d’aller travailler. On est loin dans ce cas de s’épanouir au travail.
Nous avons un point de désaccord, ou pas la même de définition de la facilité. Car, pour prendre un exemple extrême, atteindre l’objectif de marcher sur la Lune, n’était pas un objectif facile, mais je pense que tous les ingénieurs qui ont travaillé à ce projet ne venaient pas avec la boule au ventre mais avec la fierté de participer à un projet grandiose. Par ailleurs pour certaines personnes la difficulté, ou la complexité d’un objectif est un moteur particulièrement efficace
C’est pas faux. Vous n’avez pas tord. Mais vous l’écrivez vous-même: la mise sous pression, le goût de l’effort ça ne doit pas être imposé. Certains aiment, tant mieux, les performances qu’ils accomplissent sont formidables, mais pourquoi imposer ça à tout le monde?
Si nous venons ici discuter c’est pour permettre au maximum de personnes de vivre heureux. Je suis moi-même extrêmement heureux quand suite à des efforts particuliers je réussi quelque chose. Faire des efforts qui débouchent sur des réprimandes d’une personne extérieure insatisfaite par contre me met dans une colère hors norme, je vis cela comme une injustice effroyable. ET C’EST LA VÉRITÉ. Les efforts ne sont pas toujours récompensés, ils sont mêmes souvent invisibles. Ce n’est pas une question d’argent, c’est une question de traitement humain. Beaucoup trop de cadres (dirigeants) estiment que parce qu’ils vous donnent de l’argent en échange d’un travail alors vous avez une obligation de résultat.
Sauf que souvent si ils vous payent c’est parce qu’ils ne sont pas capable de faire le travail que vous faites, et donc ils ne savent pas qu’elle quantité d’efforts vous devez fournir.
Notre société a pris pour habitude de prendre en considération uniquement l’aspect productif de la personne au point d’invisibiliser son aspect non productif : il en résulte un profond déséquilibre sociétal qui se trouve à l’origine de nombre de maux actuels