TRAVAIL ET LIBERTÉ

Il est assez rare de trouver ces deux mots accolés. Le travail est assimilé à une torture, il est vrai que l’origine du mot y participe grandement. Donc travailler ne pourrait se concevoir dans la liberté mais uniquement sous la contrainte. Mais alors pourquoi des personnes travaillent librement et sans salaire ? Je parle de tous ces bénévoles qui irriguent les associations. Il y aurait donc une raison, un sens qui nous pousserait à donner du temps, à fournir des efforts en toute liberté. Les associations qui recrutent sont souvent celles qui participent à combler les besoins primordiaux de l’Homme : nourriture, hébergement, éducation, sport. Cela indique aussi en creux, que la société telle qu’elle est organisée par l’État ne répond pas, ou insuffisamment, à cette exigence.

        Nous entrons, si jamais nous en étions sortis, en période électorale. C’est donc le moment, me semble-t-il, de discerner dans les programmes des impétrants ce qui fait sens, et l’attention portée à ces besoins primordiaux,

reconnaître qu’il est tenu, dans la vie publique et privée, par l’unique et perpétuelle obligation de remédier, dans l’ordre de ses responsabilités et dans la mesure de son pouvoir, à toutes les privations de l’âme et du corps susceptibles de détruire ou de mutiler la vie terrestre d’un être humain quel qu’il soit.

Simone Weil

Mon optimisme indécrottable me montre au quotidien des initiatives qui participent de cette prise de conscience que l’homme a une exigence inscrite au plus profond de lui-même de faire le bien, et de s’inscrire dans une relation humaine chaleureuse. Regarder autour de vous, les tiers-lieux fleurissent, les repar’cafés, les trocs et d’autres encore.

Nous voyons également à notre époque des regroupements de personnes qui cherchent à mettre en pratique cette magnifique phrase de Bacon :

« l’homme commande à la nature en lui obéissant »

Car n’est ce pas la philosophie de cette redécouverte de la permaculture ?

Bref selon moi malgré, ce qui fait l’actualité mortifère entre les actes terroristes, les flambées de violence, les bruits de botte réels ou suggérés, il ne faut pas désespérer de l’homme

Bon vent, belle mer

Alain Raynaud