RÉSILIENCE : LA DERNIÈRE CHANCE ?

             En échangeant avec les pères fondateurs du cercle Sully un mot a résonné dans les propos, résilience. De quoi ce mot a-t-il fait écho. Je vais m’efforcer de traduire la pensée d’un des membres sans je l’espère la déformer. Une réflexion, cela va sans dire que nous partageons tous.

               Si nous faisons un panorama de l’état de la France, ou l’état de l’État, la situation est pour le moins déprimante. Je ne citerai que quelques sujets afin de ne pas remuer le bazooka dans la plaie.

 

       L’éducation, ou plutôt l’enseignement, inadapté pour les hors normes, quels qu’ils soient. En sixième dans les collèges les plus favorisés socialement, la proportion d’élèves à l’aise en lecture atteint 68,4 % contre 40,2 % dans ceux qui accueillent les élèves les moins favorisés (source Les Échos) et 120 000 élèves environ sortent du système scolaire sans diplôme.

        Le système de santé est malade, ce qui est quand même paradoxal. L’État voulant à tout prix, en fait justement non, introduire la notion de rendement comptable dans un système où l’humain prédomine. Puis dans le même ordre d’idées, nous avons les EPHAD. Mêmes motifs, mêmes punitions.

       L’agriculture, la terre nourricière, transformée en industrie alimentaire, à la recherche du rendement maximum, quitte à alimenter les hôpitaux mais pas leurs assiettes, les lits.

      L’industrie, même celle de l’armement, confiant à des intérêts étrangers de la fabrication des turbines de nos sous-marins nucléaires, à nos munitions.

      La solidarité sociale qui ne parvient pas à éviter les 300 000 SDF en France. Vous remarquerez que quand un mot gêne, on le transforme en sigle. SDF c’est moins grave que clochards, mendiants, personnes sans abri, femmes et enfants à la rue.

     La sécurité des Français. Les policiers et gendarmes car eux aussi sont tenus de faire la comptabilité, combien d’arrestations d’affaires résolues, de vols etc.. Les formulaires se remplissent. Les actes délictueux augmentent : pas bien. Les poubelles flambent, accompagnées de voitures, délicatement décorées de fragments de mobilier urbain. Les feux d’artifice tirés en l’honneur ou plutôt sur des policiers, des pompiers, du personnel enseignant. Quelques fantasia modernes, avec des motos et scooters remplaçant les dromadaires, et les kalachnikov les vieilles pétoires.

     L’islamisme qui profite de nos failles pour tenter d’imposer ses lois et ses mœurs, et qui trouvent des oreilles complaisantes pour de bas calculs électoraux.

    Le féminisme qui au lieu de rechercher l’égalité, préfère chercher des raisons pour détruire cette société dite patriarcale dominante. L’écriture inclusive en est une démonstration par l’absurde. Le baiser non consenti par le prince charmant envers Blanche Neige est d’une beauté sans nom.

    L’écologie qui pensant surfer sur l’air du temps, prône dans ses municipalités gagnées par l’absence de votants, la suppression totale de viande dans les cantines scolaires, fait remballer le sapin de Noël, redécouvre le budget genré, le voilier polluant, l’arrêt du Tour de France, ou compare les abattoirs à un Treblinka modernisé.

  L’Union européenne qui a transformé une idée humaniste, porteuse d’idéaux en une bureaucratie non voulue, imposée et pléthorique, crachant des normes sur tout de la taille du concombre au pourcentage de cacao, mais incapable d’exprimer ce qu’est notre civilisation et notre histoire communes

Nous allons arrêter là la litanie car cela devient nocif pour mon hypertension

           Et sur ce, je reviens sur notre discussion et sur les propos d’un de nos pères fondateurs dont je reprends les propos. La France et les Français n’ont jamais été aussi efficaces que face à l’adversité, et aux désastres. Il n’y a qu’une chose qui manque, et je crois que c’est le moment, reconnaître que nous avons échoué et que notre pays est laminé, exsangue, courant et se heurtant à tous les murs, comme un poulet sans tête.

Que faire ?
Tout d’abord accepter le constat et de se rendre compte qu’il n’y a que des ruines autour de nous. Je pense que c’est cela qui sera le plus difficile. Car tout un chacun nous nous aveuglons à vouloir chercher des raisons d’espérer. Et il y en a c’est vrai, mais ce sont de faibles lumières dans un champ de ruines

Ensuite ?
il y a plusieurs façons de le dire, certaines expressions étant fort peu délicates je m’abstiendrai de les écrire, mais vous les trouverez vous-même. Je préfère plutôt la phrase de J.F Kennedy, qui est beaucoup plus châtiée Ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous. Demandez ce que vous pouvez faire pour votre pays. ” Citation qui d’ailleurs aurait été empruntée à Khallil Gibran poète et mystique libanais lors de la famine qui décimait son pays.

 

Bref
Bougez-vous ! Où que vous soyez, un problème rencontré n’est qu’une difficulté qui peut être résolue par l’action de quelques-uns. Encore faut-il clairement l’identifier, travailler en groupe pour rechercher des solutions et les mettre en œuvre. C’est cela LA RÉSILIENCE.

 

Bon vent, belle mer
Alain Raynaud