L’IMMIGRATION : BLANC OU NOIR ?

Voici un sujet des plus délicats, car comme pour l’éducation, chacun à un avis. Bien sûr il diffère selon l’endroit où vous habitez. Un parisien du XVIème arrondissement, ou un Nocéen (habitant de Neuilly sur Seine) n’a pas la même approche sociologique et humanitaire qu’un Dionysien (habitant
de Saint Denis),

 

 

 

 

 

 

 

ou un habitant des quartiers nord de Marseille. Les uns, des trémolos dans la voix appellent à un sursaut humanitaire, à l’ouverture des cœurs et des frontières. Les autres veulent continuer à vivre « à la française » sans peur, et en toute quiétude.

 

La vérité n’est ni blanche, ni noire. Tout d’abord ce qui est certain, personne ne quitte son pays, sa culture, son environnement, de gaieté de cœur. C’est contraint le plus souvent que le départ se fait.

 

Il y a bien sûr le rêve européen, la wifi à tous les étages, les maisons hyperconnectées, les salaires mirobolants, la douceur de vivre, cela rejoint bien sûr le rêve américain, enfin pas celui de la discrimination, du racisme ordinaire, de la protection sociale pour les riches. L’autre celui que l’on voit dans les séries américaines, fer de lance du « soft power ».

 

Mais il y aussi la fuite des combats. Ceux dont nous sommes les instigateurs, ou les pourvoyeurs d’armes, Libye, Syrie, Yémen, Afghanistan pour les plus récents. Un autre fléau se profile, les migrants climatiques, ceux qui ne peuvent plus vivre sur leurs terres car elles n’existent plus, submergées par la montée des eaux. Alors ceux qui disent l’immigration j’ai la solution, une envie de zapper me vient.
Dans ces quelques lignes nous voyons déjà que les raisons sont multiples. Vous ajoutez ensuite les manipulateurs et profiteurs de toutes sortes, les trafiquants, les islamistes, les politiques et vous avez une belle pelote de ficelles bien emmêlée.

Il est donc indispensable de sérier les raisons de l’immigration, non pas pour établir des quotas mais pour rechercher des solutions. Mais il faut avoir l’honnêteté intellectuelle d’aller véritablement à l’origine du problème, ne pas se contenter de la surface des choses. Nous risquons là de déranger de nombreuses personnes qui habitent curieusement dans les endroits qui ne sont pas impactés pas les problèmes évoqués. Hasard, coïncidence ?
Bien sûr cette solution ne peut s’appliquer qu’à long terme, il nous faut agir aussi, dans l’immédiateté. Car nous ne pouvons accepter les morts quotidiennes de ces hommes, femmes, enfants sombrant dans les eaux de la Méditerranée, de la Manche ou de quelque autre endroit que ce soit. Mais, et c’est toute la complexité de ce problème, nous ne pouvons pas non plus accepter que ces expéditions soient une manne financière pour des trafiquants, ou qu’elles soient le moyen de déstabiliser un pays ou un continent, pour des raisons idéologiques ou financières. Il nous faut donc agir sur tous les fronts simultanément. Un accueil digne d’un être humain, des solutions d’hébergement temporaires, puis des filières d’insertion pour ceux qui veulent véritablement devenir Français, avec ses droits, ses devoirs, son Histoire, pour s’insérer dans notre Nation. Il nous faut donc des frontières contrôlées, des points d’entrée associés à un accueil digne, un renforcement des capacités de traitement des dossiers des demandeurs d’asile, un suivi accompagné de ces migrants. Ensuite il nous faut regarder en face notre responsabilité dans les conflits, avec honnêteté. Avons-nous eu raison d’intervenir en Libye, en Irak, en Syrie ? Les pays cités se portent-ils mieux avant notre intervention, leurs populations sont elles satisfaites de ce que nous avons provoqué ou soutenus ? Tout ce que je viens d’énumérer sommairement a pour but simplement de démontrer, si cela était nécessaire, que les porte-paroles de la tribu des YA KA FO KON, tribu qui n’est pas en voie d’extinction que l’on se rassure, sont à écouter avec parcimonie ou avec d’autres si vous préférez.
Bon vent belle mer
Alain Raynaud